Témoignages d'anciens combattants:
Dwight Small

Armée

  • Portrait de M. Small pris à Noël 1943, lorsqu'il était en entraînement avec le corps blindé canadien à Hamilton, Ontario. Il envoya cette photo à ces parents comme cadeau de Noël.

    Dwight Small
  • Dwight Small sur le quai de la gare de Gull Lake, Saskatchewan, en 1943, après une dernière visite en famille avant son départ en outremer.

    Dwight Small
  • La section de transport du Regina Rifle Regiment à Ede en Hollande, été 1945.

    Dwight Small
  • Un membre de la section de transport du Regina Rifle Regiment à Ede, en Hollande, été 1945.

    Dwight Small
  • Dwight Small à Saskatoon, Saskatchewan, le 4 Juin 2010.

    Historica Canada
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Écoutez ce témoignage

"La forêt de Moyland était pire que tout. En fait, notre régiment y a perdu plus d’hommes en deux ou trois jours que pendant et après le Jour J."

Transcription

On était au sud de l’Angleterre dans l’entraînement des chars, prêts à entrer dans un régiment. Ensuite, on est montés à Helmsley où on s’est entraîné dans l’infanterie pendant quatre semaines. De là, on est allé en Belgique et en Belgique on était là depuis deux jours quand j’ai quitté l’Escaut et ils nous ont mis dedans et on a été transportés [sic]. [On y est?] allé parce que c’est là qu’on était sensé aller. Je n’ai pas vraiment fait cette bataille. Je les ai rejoint quand les gars revenaient des lignes. Et ensuite, quelques jours plus tard, on s’est déplacé à Nimègue en Hollande et on a été hébergé dans un monastère. On était une section de six ou sept hommes pour une chambre qui, je présume, était une cellule de moine, d’une dimension d’environ huit sur douze et on dormait à même le confortable sol en béton. On est resté là-bas trois ou quatre jours avant de monter dans les lignes. Ils ont mis la saillie de Nimègue à part en hiver et on sortait, je ne sais pas, dix, douze jours et de retour pour récupérer pendant trois ou quatre jours. On revenait tous au même monastère pour se reposer mais on était dans des endroits différents sur les lignes de front. Chaque fois qu’on retournait dans les lignes, ils nous mettaient à un endroit différent. Et on a monté la garde pendant tout l’hiver; on patrouillait quand il faisait noir pour voir qui, quel était le régiment allemand en face, des choses comme ça. On était assis à l’extérieur de Cleve et le jour suivant la ville a été bombardée et j’ai découvert plus tard que mon frère qui était navigateur et éclaireur et son équipe avaient lâché les premiers marqueurs sur Cleve pour que les autres gars puissent larguer leurs bombes. Donc, lui il était au-dessus de moi et moi j’étais en bas et on ne l’a su que plus tard. [Rires] Mon second sur le Bren [Gun (Universal) carrier, véhicule blindé léger], quand il m’a vu, il m’a dit « dis à ton frère qu’il y a eu de beaux feux d’artifices sur Cleve ». J’ai dit « d’accord, je vais lui écrire une lettre pour lui dire que je suis toujours vivant ». [Mon frère] m’a répondu, il a dit : « oui j’ai aussi trouvé ça assez beau ». Donc on a su, mais ça n’arrivait pas trop souvent. De là, on est allés à Moyland Wood et c’était une rude bataille. En fait mon second et moi, on s’est retrouvés tout seuls. Je ne sais pas pourquoi, on avait un nouveau lieutenant, le lieutenant a été blessé à Cleve et c’est la seule fois où je l’ai vu. Il a retiré tout le monde et mon second et moi-même on s’est retrouvés seuls. Et je lui ai dit, quand il a vu qu’on était plus que tous les deux, je lui ai dit d’y aller et je l’ai couvert parce qu’il y avait trois mitrailleuses allemandes au-dessus de nous. Et il l’a fait. Quand il a été en lieu sûr, je suis parti à mon tour et j’ai eu la chance d’arriver là en-bas. Moyland Wood a été le pire. En fait, notre régiment a perdu plus d’hommes à Moyland Wood en deux ou trois jours que pendant le Jour J et après. Le régiment a perdu plus d’hommes à Moyland Wood que pendant les premiers jours en France. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas été tué. Parce qu’il y avait trois mitrailleuses qui mitraillaient sans arrêt au sol et comment se fait-il qu’ils m’ont raté, je ne sais pas. Je pense qu’ils savaient que j’étais seul là-bas et je pense qu’ils ont été pris par surprise quand je suis parti. C’est ma seule explication. Mais j’ai survécu et ça c’est incroyable. [Rires]
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