Témoignages d'anciens combattants:
Alene “Mac” Quick (née MacIntosh)

Armée

  • Alene Quick pose avec ses amis à l'extérieur des casernes Rosedale du Corps des Femmes de l'Armée Canadienne, où elle stationnait.

    Alene Quick
  • Alene Quick avec des chevaux à camp de charpentier à North Bay, Ontario, où elle faisait l'inventaire du camp.

    Alene Quick
  • Article de presse du Globe and Mail annonçant que la guerre est finie, le 15 août 1946.

    Alene Quick
  • Alene Quick faisant l'inspection des armes à feu Bren, 1944.

    Alene Quick
  • Le Jour du Souvenir au cénotaphe de Toronto, Corps des Femmes de l'Armée Canadienne, compagnie No. 5, 1943 ou 1944.

    Alene Quick
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"J’ai vu le Général Eisenhower et je l’ai salué. Il a dit, bonjour sergent, il avait un grand sourire sur le visage. Mais le général canadien m’a lancé un regard mauvais."

Transcription

Je faisais les magasins avec une amie et on a vu une publicité pour s’engager dans l’armée (Service féminin de l’Armée canadienne) alors nous sommes allées au bureau de recrutement et nous nous sommes engagées. Elle a changé d’avis un peu après mais moi j’ai continué, en attendant d’être appelée. C’était un samedi après-midi et j’ai eu un retour environ un mois plus tard, ils m’ont demandé de venir pour, pour passer la visite médicale. C’est comme ça que tout a commencé. Ils m’ont envoyé dans le Corps royal canadien des magasins militaires où j’ai commencé en tant que commis. Le travail que j’avais ne me plaisait pas trop mais j’ai fait ça pendant, oh, six à sept mois. Mais alors il y a eu un nouvel officier qui est arrivé pour être notre commandant et il m’a parlé et m’a demandé si j’aimais mon travail et je lui ai dit que ça ne me plaisait vraiment pas et que je voudrais faire quelque chose dans les inspections. Et alors ils venaient juste d’embaucher un officier, pas embaucher, mais fait venir un officier, une femme officier et ils pensaient qu’ils avaient bien une équipe de femmes pour faire les inventaires des différents camps alentour et les troupes partant outre-mer. Donc on m’a envoyée dans les inspections et c’est comme ça que j’ai commencé. On allait dans un camp et tout d’abord, on sortait les registres et on regardait ce qui leur avait été confié, combien de lits, combien de seaux et de mitraillettes d’entraînement et de fausses grenades. Et on devait tout compter ; on faisait une liste de ce qu’on cherchait. Et ensuite on faisait le tour du camp, en comptant combien de lits ils avaient et combien de matelas et ainsi de suite, et on en faisait la liste et on trouvait, vous savez, ce qu’ils avaient et voir quels étaient les manques. Et s’il leur manquait beaucoup de choses, notre officier les inscrivait comme consommables et alors ça prenait deux ou trois jours mais c’est ce qu’on faisait. Mais en général, on allait dans un camp pour une durée de trois jours, et puis quand on retournait à Toronto, on nous donnait une autre mission. D’habitude on devait prendre le train et aller dans un camp différent et un jour on allait à North Bay pour faire un audit là-bas et on est allés au Royal York pour déjeuner et il commençait à se faire tard et alors, il y a un tunnel qui va du Royal York à Union Station donc on a décidé de prendre le tunnel. On faisait souvent ça quand on déjeunait au Royal York. Alors quoiqu’il en soit, on a couru jusqu’au tunnel et il y avait un garde debout à l’entrée. Et j’ai dit, qu’est-ce qui se passe et il a dit, et bien, vous ne pouvez pas passer par là aujourd’hui. J’ai demandé pourquoi, et il a répondu, et bien il y a quelqu’un qui va emprunter le tunnel, et c’est complètement top secret, alors personne n’est censé aller dans le tunnel. Et j’ai dit, quelle différence ça fait, nous sommes dans l’armée, j’ai dit, je dois attraper le train et on se tenait là toutes les trois et il a dit, bon si vous traversez en courant – mais ne prenez pas votre temps. Quoiqu’il soit, on a commencé à se dépêcher dans le tunnel et puis tout à coup, j’ai vu le drapeau et tous ces généraux arriver avec du rouge sur leurs chapeaux et j’ai pensé, oh mon Dieu, qu’est-ce qu’on a fait. Alors j’ai dit aux deux autres filles, restez plaquées contre le mur. Et comme j’avais le grade le plus élevé, j’ai pensé, je vais tout simplement faire un salut et je vais me tenir là comme si on faisait un tour de garde. Donc on s’est tenues comme ça le dos au mur et quand ils sont arrivés j’ai vu le Général Eisenhower et je l’ai salué. Il a dit, bonjour sergent, il avait un grand sourire sur le visage. Mais le général canadien m’a lancé un regard mauvais. J’ai pensé, oh mon Dieu, je être traduite en cour martiale ! C’était drôle. Après qu’ils soient passés, on s’est mises à courir et on a attrapé notre train. C’était dans un camp où il n’y avait que des hommes. Et à la minute même où ils ont annoncé la fin de la guerre, le commandant a dit, faites sortir les femmes du camp. On ne sait pas, tout le monde est en folie. Alors on a dû partir immédiatement et rentrer à Toronto. C’était de la folie. On est descendues au centre ville et je ne plaisante pas, tout le monde dansait dans les rues et oh, on a passé un sacrément bon moment, tout le monde se prenaient dans les bras, ça a été un célébration vraiment formidable.
Follow us