Témoignages d'anciens combattants:
Robert Bradstock

Marine marchande

  • Le navire HMCS Huron après une collision avec un destroyeur français lors d’exercices dans la Méditerranée en 1950.

  • Robert Bradstock en uniforme de la Marine marchande, c. 1942.

  • Robert Bradstock, à l’âge de 60 ans lors de sa retraite de la compagnie Marine Atlantic Roroship Cariboo en 1972.

  • Les médailles de Robert Bradstock attestant de son service méritoire lors de la Deuxième Guerre mondiale, la guerre de Corée, la guerre du Pacifique et lors d’opérations du maintien de la paix. L’épinglette de la Marine marchande lui a été décernée en 1944 après six mois dans une zone dangereuse en haute mer.

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"En fait, nous étions debout cette nuit-là et ils nous avaient donné comme mission de trouver le sous-marin. Dieu merci, nous ne l’avons pas repéré parce que tout ce que nous avions comme munitions et personnel était un canon de pont de douze pouces et une demi-douzaine d’artilleurs de la Réserve navale."

Transcription

Je m’appelle Robert Bradstock et j’avais douze ans lorsque la guerre a éclaté. Je suis parti en mer en 1941. À l’âge de quatorze ans et demi j’étais à bord l’Estavan, un baliseur posté à l’ouest de l’île de Vancouver. Cette région n’était pas considérée comme faisant partie d’une zone de guerre jusqu’à ce que des obus soient tirés sur le phare de la pointe Estavan, environ dix mois après mon arrivée. Ils provenaient d’un sous-marin – ils ont retrouvé les obus par après – et ils ont pu les identifier comme provenant d’un sous-marin japonais. En fait, nous étions debout cette nuit-là et ils nous avaient donné comme mission de trouver le sous-marin. Dieu merci, nous ne l’avons pas repéré parce que tout ce que nous avions comme munitions et personnel était un canon de pont de douze pouces et une demi-douzaine d’artilleurs provenant de navires marchands équipés défensivement – c’étaient des artilleurs de la Réserve navale. C’est à ce moment que c’est devenu une zone de guerre. Je me suis inscrit au centre de recrutement de Mount Douglas Park et j’ai été affecté à un navire. Lors de mon second voyage, la réserve de charbon a pris feu et a continué de brûler pendant une semaine ou une semaine et demi – je ne me souviens plus exactement, il y a bien longtemps de ça. Le charbon se consumait tranquillement, sans flamme, comme le charbon bitumineux concassé peut le faire. Nous avons eu beaucoup de mal à l’éteindre. Et, c’était d’autant plus dangereux qu’il y avait des munitions à bord, tout près de la chaufferie et des dortoirs. Disons qu’on a eu chaud pendant un bout de temps. Lors de mon second voyage, j’ai quitté le centre Mount Douglas Park pour monter à bord du Nicholas J. Senate, de la classe de navires cargo nommé ‘’Victory ships’’. Il y avait aussi la classe ‘’Liberty ships’’. C’était le même genre de bateau. Nous sommes partis de l’Australie en direction de la Nouvelle-Zélande pour décharger notre cargaison au port de Taipei. C’était un port très faiblement défendu. La nuit, il fallait sortir du port de peur de se faire attaquer par les bombardiers japonais. Et, lors de notre premier voyage, alors que nous déchargions notre cargaison, les dépôts de munitions se sont mis à sauter. Disons que ce n’était pas de petites explosions. L’incendie a fait rage sur un ou deux jours. Il y avait quatre mille barils de gazoline ; le vacarme et les flammes…c’était horrible. Ce fut toute une expérience pour un jeune garçon. (Il rit.) Après mon service dans la Marine…..j’avais opté de quitter la marine marchande pour la Marine…la vie a repris normalement pour moi dans la Marine, pendant vingt-sept ans. Jusqu’à ce que nous ayons une collision avec un autre navire. En pleine nuit, un navire nous a coupés et on l’a frappé. La proue a été sérieusement endommagée mais heureusement il n’y a eu aucun mort ni blessé. Donc, j’ai terminé une carrière de vingt-sept ans avec la Marine, une carrière que j’ai beaucoup aimée. J’ai beaucoup aimé ma vie dans la Marine. Je suis allé travailler pour la compagnie Marine Atlantic, qui gérait un système de traversiers. J’ai été l’un des contremaîtres des premiers grands traversiers qu’ils utilisent là-bas de nos jours. Et, voilà, c’est l’histoire de ma vie à date. Je suis à la retraite et ça me convient. Je suis marié depuis cinquante-trois ans et à chaque année je suis de plus en plus heureux.
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