Témoignages d'anciens combattants:
Jeannette Alexandra “Jeanne” Holm (née Taylor)

Forces aériennes

  • Jeannette Holm surveillant l'arrivée de nouvelles ambulances pour chercher les soldats blessés, dans les premiers mois de 1945. Cette photographie a paru dans le magazine Harper's Bazaar, en mai 1945.

    Henri Cartier-Bresson
  • "Les filles de la cabane 46" en juin 1944. Jeannette Holm est la première à droite au premier rang.

    Jeannette Holm
  • Jeannette Holm en juillet 1945.

    Jeannette Holm
  • Plan de la station RAF Down Ampney du groupe de commande de transport 46, où Jeannette a servi dans la section des passagers et du fret.

    Jeannette Holm
  • Jeannette Holm à Brandon, Manitoba, le 26 mai 2010.

    Historica Canada
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Écoutez ce témoignage

"« C’était très bien de libérer les prisonniers. Mais c’était aussi très triste de voir ces âmes perdues dans les camps de concentration. C’est resté à jamais ancré dans ma mémoire. »"

Transcription

Je me suis engagée dans les auxiliaires féminins de l’armée de l’air parce que j’avais toujours eu un penchant pour l’armée de l’air et je me suis enrôlée et c’était en mai 1944. On était en garnison dans un endroit appelé Down Ampney dans le Gloucestershire (Angleterre). C’était la base de la RAF Down Ampney, le 46ème groupe du Transport Command. Et c’était un des postes les plus intéressants qui soit. J’étais très heureuse parce que j’étais commis de bureau. Quand je me suis enrôlée, je voulais vraiment devenir radiotélégraphiste mais je n’arrivais pas à maîtriser le morse. Alors je suis simplement devenue commis de bureau, dans le service général. Ça aurait pu vouloir dire être envoyée n’importe où, et même tout simplement dans un bureau, vous savez, à faire un travail ordinaire.

J’ai eu bien de la chance d’être affectée à Down Ampney parce que c’était strictement une base de guerre et elle avait des Dakota, du Transport Command, des Dakota sans armes à bord. Et leur unique raison d’être était de transporter le ravitaillement, les équipements et autres sur le continent après que les aérodromes aient été installés là-bas. Et puis sur le chemin du retour en Angleterre, ils ramenaient soit de l’équipement endommagé qui avait besoin d’être réparé ou bien des boites vides de plasma ou des blessés. Notre base en fait était celle qui recevait le plus grand nombre de blessés parmi toutes celles qui faisaient le même genre de travail.

Et bien sûr, plus tard, à mesure que la guerre progressait et que les gens allaient de plus en plus loin sur le continent, tristement, ils libéraient les prisonniers des camps, ce qui était vraiment très triste, mais c’était un événement heureux pour les prisonniers qui étaient libérés. Mais ensuite quand vous vous enfoncez un peu plus, c’est triste, ces pauvres malheureux qui étaient dans les camps de concentration étaient libérés. Je garderai ça dans la tête pour toujours. Même les effluves qui sortaient des avions quand ces pauvres diables étaient ramenés en Angleterre, c’est indescriptible, ce que l’homme peut faire à ses congénères.

Et ceux-là, vous devez bien comprendre, c’était ceux qui avaient été considérés assez en forme pour pouvoir voler. Certains d’entre eux, ce n’était que des squelettes. Ils ne pouvaient pas marcher, ils étaient sur des brancards. Beaucoup de gens sont passés par notre terrain d’aviation. Beaucoup de gens qui étaient importants et bien sûr, tellement plus qui étaient juste si heureux de revenir en Angleterre. On avait beaucoup de blessés qui marchaient autant que de blessés sur des brancards.

Je n’oublierai jamais un avion qui est arrivé avec des passagers à son bord et c’était des membres du maquis, des français (la résistance française). Et ils avaient apporté un immense drapeau, un drapeau nazi – avec la croix gammée – avec eux. Ils l’ont jeté sur le sol, quand ils sont descendus de l’avion, de la plateforme, j’étais là, j’ai vu ça. C’était tous des hommes de petite taille – ça m’a frappée ils étaient tous petits – et ils ont jeté ce drapeau sur le sol, le sol anglais, et ils l’ont piétiné avec les talons de leurs bottes. Or, c’est une chose à laquelle je n’ai pas pensé depuis longtemps jusqu’à maintenant. Ça en dit long, ça en dit long tout simplement.

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