Témoignages d'anciens combattants:
Herbert William “Herb; Parky” Park

Marine

  • Herbert Park, 1943.

    Herbert Park
  • Herbert Park à Calgary, Alberta, le 28 juin 2010.

    Historica Canada
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"« J’ai attrapé ce ressort, c’était comme le chas d’une aiguille qu’il fallait saisir près du dessus pour le soulever. Je l’ai saisi en haut et en dessous, et ma main s’est coincée au milieu ! »"

Transcription

Oui, je suis né à Moose Jaw dans le Saskatchewan et je me suis engagé dans l’armée à Regina au HMCS Queen, la division de la Réserve navale. Et après avoir fait mes classes, je suis allé à Toronto et Ottawa et Edmonton et Saint Hyacinthe au Québec. J’ai pris des cours pour être officier radio et j’ai finalement changé pour quartier-maître télégraphiste, section à terre et je me suis retrouvé à Terre-Neuve, St John à Terre-Neuve. Et alors j’étais un marin confiné aux eaux intérieures. J’ai rejoint la marine en espérant voir le monde mais je n’ai pas passé beaucoup de temps en mer. Juste assez pour aller de Port aux Basques (Terre-Neuve) à Sydney Nord (Nouvelle Ecosse), et de Sydney Nord à Port aux Basques, St John à Terre-Neuve, en remontant le St Laurent jusqu’à Québec. Et ça a été tout le temps que j’ai passé en mer. Bon, j’ai suivi ces cours, les cours de radio dans ces différentes villes, Toronto et Ottawa. J’ai travaillé au National Research Council à Ottawa à un endroit appelé White’s Field ; c’est là où le Général McNaughton (Président du NRC) avait ses laboratoires privés et c’est là qu’on travaillait sur la construction des pièces pour les radars et on ne savait pas ce qu’on faisait évidemment. Mais on faisait passer ça à un directeur de projet qui assemblait tout ça avec les différentes pièces sur le radar de recherche. On ne savait pas ce qu’on était en train de développer, ils nous envoyait à l’atelier pour faire une petite boite et mettre des résistances et des condensateurs dedans. Et ils la mettaient ensuite sur l’appareil et faisait les réglages et ça allumait les lampes dans le coin de la pièce ou n’importe. Mais c’était un radar, semblable au sonar ASDIC. À Terre-Neuve, vous savez, quand vous êtes confiné aux eaux intérieures, tout ce que vous faites c’est de réparer les bateaux quand ils arrivent au port. Ils, là-bas à Terre-Neuve, mon travail là-bas c’était la maintenance de la radiotélégraphie parce qu’ils avaient une sorte de grand baquet, une nacelle et ils vous faisaient monter par l’intermédiaire d’une grue et vous accrochiez une antenne au bout de la vergue et vous ameniez le câble coaxial au centre, au mât, faisiez descendre le câble et vous deviez vous mettre sur le mât et mettre une ceinture d’électricien autour du ventre et percer des trous et attacher ce câble en le faisant descendre le long du mât. Les soudeurs entre temps soudaient un trou, faisaient un trou dans la cabine de radiotélégraphie et ils faisaient entrer le câble à l’intérieur et le branchaient à ce qu’ils appelaient le transmetteur entre bateaux, qui était un appareil à très haute fréquence. Et les officiers pouvaient avoir des conversations de bateau à bateau ou de bateau à avion. Un assez grand bateau genre classe Castle, un destroyer, ou quoi que ce soit qui arrivait au port et devait avoir une de ces antennes au bout de sa vergue. Donc l’arsenal canadien n’avait pas de nacelle, comme ils les appelaient, pour me faire monter avec mes outils pour faire l’installation. Alors avec un officier on est descendus au bateau de service et on est allé jusqu’à l’arsenal américain qui avait une grue plus grande qui pouvait faire monter cette nacelle jusqu’au bout de vergue, et me faire basculer là pour que je puisse faire l’installation. Quand ils sont arrivés au débarcadère, l’aspirant de marine à bord a hurlé d’attraper cette boule qui est une boule tressée au bout d’un cordage. Et ils la faisaient tourner au dessus de leurs têtes et la lançaient sur la jetée et le jeune radio sur la jetée attrapait cette boule si elle atterrissait sur la jetée et commençait à tirer. Et à bord du bateau, ils l’attachaient à une amarre ou un cordage torsadé. Je l’ai soulevée et ils ont dit, mets l’embossure sur le bollard, qui est sur la jetée, la bitte d’amarrage est sur la jetée. Je n’avais pas tellement d’entraînement à la navigation et puis l’aspirant de marine a crié, vas-y doucement et enlève-la de ce bollard et retourne au précédent bollard parce que ces amarres elles étaient tout enchevêtrées, il y avait un autre bateau le long du quai, les amarres étaient enchevêtrées. Alors enlève-la de ce bollard, et ramène-la en arrière. Et ils ont treuillé l’autre bateau à quai là, actionnant le treuil parce qu’ils étaient en train de raidir le cordage pendant que le bateau accoste doucement. Et à l’autre bout, ils ont une autre paire actionnant le treuil, employés à raidir le cordage pour empêcher le bateau de percuter un autre bateau. Quoiqu’il en soit, j’ai attrapé cette amarre, qui est comme le chas d’une aiguille et vous deviez l’attraper vers le haut, pour l’enlever. Je l’ai attrapée là en dessous du cordage. Et ma main est restée coincée au milieu ! Et je portais mes gants mais, j’ai, ah, vous savez, et ils ont reculé immédiatement, ont pris ma main et le sang jaillissait de ces doigts-là. Et je suis monté sur le bateau et je crois bien que j’étais blanc comme un linge mais je ne suis pas tombé dans les pommes. Et le médecin militaire, il a remué ma main et a dit, oh vous avez quelques os cassés ici mais vous feriez mieux d’aller à l’arsenal américain pour passer une radio. Quand je suis monté à l’arsenal et que j’ai passé une radio, il n’y avait pas d’os cassés. Quelle chance. Un coup de manivelle de plus sur ce treuil et j’en aurais probablement eu, ça m’aurait carrément arraché les doigts. J’ai évité l’accident de justesse.
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