Témoignages d'anciens combattants:
Leo J Beaupre

Marine

  • M. Beaupré à Portage-la-Prairie, Manitoba, le 27 mai 2010.

    Historica Canada
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"Ma mère dit à mes sœurs d’aller avertir mon père qu’un marin s’en venait à la maison."

Transcription

J’ai été [au centre de recrutement HMCS Chippawa à Winnipeg] sur [l’avenue] Ellice, dans le temps. Je me suis enrôlé dans la marine. Le 4 septembre [1941]… On m’a équipé avec deux paires de bottines, des nouveaux underwear [sous-vêtements], j’avais un manteau d’hiver. J’avais beaucoup plus que j’avais jamais eu. Le 4 septembre on m’a mis sur le train et je suis parti pour mon entrainement à Halifax [HMCS Cornwallis]. Là j’ai pris un cours de STE [Shore Training Establishment], le [premier] cours d’ingénierie. Quand ce cours là a été fini, je suis embarqué sur le Montréal, une frégate. Sur le Montréal, nous avons fait plusieurs voyages en Europe. On était sur le « Triangle Run » [le trajet Boston –Halifax - Saint John’s] avec les convois.

On a ramassé des survivors [survivants], car notre groupe avait coulé un sous-marin allemand à Land’s End [Angleterre] dans le bas de la Manche. Nous avions ramassé 19 survivors au mois de décembre 1944, le 19 décembre 1944. Le 22 décembre, on les a amenés à Plymouth. Les survivors ont été avec nous pendant deux jours. Ils étaient tous très gentils. Ils les avaient placés dans un mess où c’était ouvert aux deux bouts. Il fallait avoir des gardes à chaque bout. Le jeune McGuire, qui avait eu la job de faire la garde, apparemment durant la nuit il s’était endormi. Son fusil avait passé proche de tomber. Un des prisonniers a fait signe à l’autre garde et il lui a mis sa carabine dans les mains en lui disant de mieux garder son poste. Le gars s’est réveillé.

Les gens ont fait tellement de sacrifices, ceux qui sont restés chez nous. Ma mère, ma deuxième mère, était le centre de communications pour nous tous. On écrivait chez nous et elle écrivait tous les mois à tout le monde. Elle répondait.

On avait ramassé un gars [en Écosse]…à [HMCS] Niobe. Il s’en revenait au Canada et nous allions seulement jusqu'à Terre-Neuve -ensuite on revenait sur nos pas avec un autre convoi – et pendant le dernier quart de travail, juste avant de le transporter sur autre bateau qui allait à Halifax, il travaillait avec moi. Je lui ai dit, « Comme ça tu t’en retournes au Canada ? » Ça faisait un bout qu’on n’était pas revenu. Je lui ai demandé d’où il venait. Il me dit qu’il venait d’Alberta, mais qu’il devait arrêter au Manitoba, « car mon père demeure au Manitoba, dans un petit village à 45 miles au sud-est de Winnipeg. Un village du nom de La Broquerie». [C’est mon village natal, mais] je n’avais jamais vu ce gars-là, lui qui était dans la marine... Tout de suite j’ai écrit une lettre pour qu’il la donne à mon père, il connaissait La Broquerie très bien. Son père y allait souvent, car il était commissaire pour la municipalité. Ma mère m’a raconté le restant de l’histoire. Le grand gars s’en venait et puisque le trottoir était loin de la maison, on avait le temps de voir venir les gens.

Ma mère dit à mes sœurs d’aller avertir mon père qu’un marin s’en venait à la maison. Mon père était à l’étable. Mon père est rentré par-derrière alors que le visiteur est rentré par devant. « Are you Mr. Beaupré ? » «Yes. » « Mr. Joe Beaupré ? » « Yes. » Mon père s’était écroulé par terre. Il avait perdu connaissance. Mon père était tellement inquiet, car presque tous ses enfants étaient dans le service. Pour perdre connaissance juste à voir un autre marin.

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