Témoignages d'anciens combattants:
Charles Henri Goulet

Armée

  • Copie du certificat médical de M. Goulet daté mai 1941. notez que le formulaire est rédigé en Anglais mais que les réponses sont en Français. L'acronyme CATCBT 55, est Canadian Army Base, Training Camp numéro 55, de Rimouski, qui s'appelle communément "le camp 55".

    Charles Henri Goulet
  • Page de l'état de service de M. Goulet, 1940

    Charles Henri Goulet
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"J’ai joué au hockey pour l’armée. Je jouais à la défense. On a gagné le championnat!"

Transcription

On était sept frères dans l’armée canadienne. En 1937 j’avais 15 ans. Personne ne voulait aller dans l’armée dans ce temps-là. Les gens avaient peur de s’engager et faire des camps d’été. Moi je voulais aller dans la marine parce que nous autres on habitait sur le bord du fleuve. Ils n’ont pas voulu, car j’avais 18 ans et ils prenaient seulement les hommes de 19 ans. Alors, j’ai changé pour l’armée. J’ai continué dans l’armée. Mais j’aimais ça, la marine. J’ai rejoint mes frères à Rimouski, ils étaient trois. On a ouvert le camp en 1940. Le camp 55 qu’ils appelaient le basic [centre d’entraînement de base]. On donnait la base de l’armée. J’ai été lance caporal. J’ai fait une carrière de hockey. J’ai joué au hockey pour l’armée. Je jouais à la défense. On a gagné le championnat. J’ai joué à Halifax, [l’équipe] senior, dans l’armée. C’est ce qui m’a sauvé de traverser à l’autre bord. Car c’était l’équipe de hockey du commandant. Il m’a gardé six mois de plus alors je me suis sauvé de six mois l’autre bord. J’aurais peut-être été blessé. En fin de compte, j’ai traversé après la saison de hockey. C’est moi qui ai inauguré le casque protecteur au hockey. En 1940 j’ai été le premier dans la province de Québec. Personne ne portait ça. Ça donnait de l’assurance, car les hockeys volaient haut. Les cross check [double-échec]. J’entendais ça venir de l’estrade : « Goulet maudit cochon ! ». Je jouais dur. J’étais très dur. On frappait une tempête [traversée de l'Atlantique]et le bateau rentrait environ 300 pieds dans l’eau. On aurait dû couler. On était 10, 000 hommes et 2,500 de crew [equipage]. On s’entrainait pour débarquer. Il y avait des imitations de bateau avec des gros filets. Il fallait descendre, habillé battle order [en tenue de combat]. Il fallait descendre dans ça pour imiter qu’on débarquait sur la plage. Je suis tombé et je me suis accroché. Je me suis déchiré le dedans des cuisses. J’avais trois bosses le soir. Ils m’ont hospitalisé et ils m’ont traité à la pénicilline pendant trois semaines. Quand je suis revenu, le régiment était parti. Ils m’ont envoyé avec un régiment de l’Ontario dans le bout de Windsor. J’ai fini la guerre là. J’étais responsable des sports parce que j’étais sportif. Je jouais au hockey et au baseball. On vivait dans une ville [en Angleterre]. Ils avaient réquisitionné une prison de femmes. On était 3,000 hommes. J’étais responsable des tours et des sports. On faisait plus de tours que de sport, c’était plus intéressant de visiter les châteaux. J’avais toujours 24-25 camions pour embarquer les gars. Ils arrivaient du front, il fallait les entretenir. J’ai continué dans l’armée. C’est pour ça que j’ai été nommé capitaine en arrivant en 1946. J’ai continué à agir comme chief instructor [instructeur en chef] pour les Fusiliers St-Laurent, j’ai continué jusqu’en 1969.
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