Témoignages d'anciens combattants:
Leonard Turcotte

Armée

  • Portrait de Léonard Turcotte, Angleterre.

    Léonard Turcotte
  • Portrait de Léonard Turcotte

    Léonard Turcotte
  • Le navire des troupes de sa majesté, le Queen Elisabeth, carte postale remise par l'armé, date entrée par Léonard Turcotte.

    Léonard Turcotte
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"J’ai embarqué sur l’avion et ils m’ont envoyé en France. Je suis parti avec 17 gars. Nous sommes allés préparer le terrain."

Transcription

J’ai embarqué sur l’avion et ils m’ont envoyé en France. Je suis parti avec 17 gars. Nous sommes allés préparer le terrain. Il y avait deux canons à faire sauter et personne ne savait comment faire. Un officier est venu me chercher et m’a demandé si ça se faisait. Je lui ai répondu que oui. Je lui ai demandé s’il avait déjà été à la chasse. Il me répondit que non. Quand on va à la chasse, on ne peut pas laisser traîner son canon d’arme dans la neige ou la vase. S’il se fait de la glace sur le canon, la balle ne sortira pas du bon côté. Elle sortira par-derrière. C’est la même chose pour un canon. On prenait des boules de glaise. Ce n’est pas dur à trouver et ce n’est pas dur à faire. C’est difficile de les installer. Pour un canon de calibre 88, ça en prend trois. Je l’ai fait. Ça prend une préparation. J’ai été sept jours. Toutes les nuits, je m’en allais et je me couchais dans les broussailles. J’observais tout ce qui se passait là. Les heures, les minutes, tout était compté. La septième journée j’ai été les poser. Deux jours plus tard, ils ont tiré avec le canon et le bunker a explosé. On était 17 gars et deux observateurs. On était placé dans le territoire où nos unités allaient débarquer. Il fallait nettoyer la plage; c’était plein de mines antipersonnel. Ce n’était pas praticable. Quand il faisait noir, on partait avec une broche et une roue de bicycle. Tu piques ça dans le sable et si la broche bloquait tu creusais et tu allais voir s’il y a avait une mine. Une mine antipersonnel se charge quand on pile dessus et elle saute quand on enlève notre pied. Alors quand tu mets le pied sur une mine il faut avoir les nerfs pour rester dessus. Ensuite il fallait la déterrer. J’avais toujours des clous dans mes poches, des clous de deux pouces. Tu cherchais le trou et tu y mettais ton clou. Après cette opération, tu pouvais enlever ton poids de sur la mine et c’était OK. C’est en revenant qu’elle saute. Tu mets ton pied dessus et tu entends « clic » ! Tu sens ça sous tes pieds. Tu restes dessus, c’est dur. Tu as tout de suite l’idée de t’en aller. Il faut que tu restes dessus. Il ne faut pas que tu sois vu entendu ou senti. Les Allemands avaient des chiens. On n’était pas capables de les toucher. Ils venaient nous voir et ensuite ils repartaient. Tu lui présentais ta main et il se retournait aussitôt. Les Allemands savaient combien de temps le chien avait pris pour aller et revenir et dans quelle direction il avait été. Les chiens étaient dressés et on n’étaient pas capables des les approcher. Tous des bergers allemands. Je suis allé dans les lignes allemandes. C’était là que c’était le plus facile à travailler. Quand tu peux avoir un contact avec eux. Ils parlent français, un français belge. Il faut juger ce qui passe entre deux personnes, les deux actes qu’on à faire. Être peureux, c’est mauvais et être trop fantasme, c’est mauvais. Il faut prendre le temps de calmer les affaires. Je n’ai jamais eu de problèmes. J’ai entraîné deux officiers avec moi à venir faire un tour dans les lignes allemandes la nuit. Je n’ai jamais été mal reçu. Ils ne veulent pas la guerre plus que nous autres. C’est des humains comme nous autres. La guerre c’est une personne ou quelques personnes, ce n’est pas l’ensemble.
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