Témoignages d'anciens combattants:
Alfred Monnin

Armée

  • M. Alfred Monnin, le 27 mai 2010, à Portage la Prairie.

    Historica Canada
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"J’allais à la division qui était en haut chercher des messages ou des commandements que je devais prendre et distribuer ensuite à d’autres régiments."

Transcription

J’ai combattu avec les forces canadiennes dans ce coin là. Mes parents venaient de la Suisse. Mon père est arrivé de la Suisse en 1905. J’étais un officier de renfort, « reinforcement officer ». J’étais entraîné pour l’infanterie. Je pouvais être attaché ou envoyé à n’importe quel régiment. Comme de fait, j’ai abouti à la 4e brigade [canadienne] d’infanterie. Je n’ai jamais été avec un régiment. À la 4e brigade d’infanterie, j’ai été un officier de liaison durant tout le restant de la guerre. On était tout près de Strasbourg, tout près de la frontière de l’Allemagne, la Belgique, la Hollande et l’Allemagne. J’allais de la brigade au régiment, porter les messages ou rapporter des messages. J’allais à la division qui était en haut chercher des messages ou des commandements que je devais prendre et distribuer ensuite à d’autres régiments. C’était strictement de la liaison. Je n’ai jamais eu aucun homme sous mon commandement. Je faisais partie d’un régiment, la 4e brigade, qui était [comprise] d’anglophones de Toronto. Ils savaient que je parlais français. Ils m’avaient averti que je ferais le contact avec les civils français s’il y avait lieu. Nos prédécesseurs avaient évacué tous les civils français. C’est pénible à dire, mais certains Français étaient des coopérants avec les Allemands. Il y en a d’autres qui nous étaient sympathiques. Certains Français n’étaient pas très sympathiques à l’Armée canadienne ou aux Alliés. On avait des instructions de ne pas les fréquenter. On couchait parfois à la belle étoile, c’est arrivé assez souvent. Ce n’était pas la fin du monde, mais ce n’était pas plaisant. Couché dans une petite tranchée ce qu’on appelait des « slit trench » pas très larges, et à peu près deux pieds de profond. C’était très humide le soir là-dedans. Mon épouse Denise est restée au Manitoba tout ce temps-là. Elle travaillait, elle a travaillé toute la période de la guerre. On correspondait, c’était assez pénible. C’était lent. J’écrivais à peu près une fois par semaine. Elle m’écrivait aussi. Ma mère m’écrivait ou mon père au moins une fois par semaine. Des fois je recevais trois, quatre, cinq lettres ensemble, car la livraison n’était pas fameuse. Je ne sais pas comment mes lettres se rendaient, mais je crois qu’ils les recevaient assez rapidement. On n’avait pas le droit de dire où on était. Également pas le droit de dire avec quel régiment ou avec quelle brigade on était; tout ce qui aurait pu donner des renseignements aux Allemands s’ils avaient pris possession de nos lettres. On m’a dit que c’était fort censuré si on écrivait quelque chose. C’était raturé à l’encre noire. Je ne le sais pas, car ce n’est pas moi qui ai vu les lettres. Denise m’écrivait une fois par semaine donc je n’ai pas manqué de nouvelles d’elle. Ça a été rapide; je suis arrivé au Canada et puis tout de suite, j’avais fait trois ans de droit. C’était quatre ans le cours de droit dans ce temps là. Si j’avais suivi le régime régulier, j’aurais dû attendre de janvier à septembre. Ils m’ont permis d’embarquer en janvier. Ils m’ont dit de me débrouiller pour rattraper ce que j’avais manqué dans la session précédente. Ils m’ont donné des volumes. J’ai passé l’examen au mois d’avril ou début mai et j’ai eu mon barreau.
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