Témoignages d'anciens combattants:
Dale Brecknell

Armée

  • Dale Brecknell à Den Haeg, aux Pays-Bas. Été 1945.

  • Modèle de la motocyclette que l’estafette Dale Brecknell conduisait pendant la Deuxième Guerre mondiale.

  • Campement de nuit du 2e Régiment d’artillerie de campagne du Corps royal canadien des transmissions à Ortona, en Italie. Le campement était adossé à un talus et reposait sur un sol fait de caisses de mortier et de boîtes de munitions. Le régiment y a dormi de janvier à avril 1944.

  • Estafette empruntant une route dangereuse, comme l’indique le panneau (« Cette route est entièrement à la vue de l’ennemi »). Hiver 1944.

  • Pont bombardé sur l’Arno, à Florence, en Italie.

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"Une autre fois, je rentrais à notre quartier général quand j’ai vu au-dessus de moi l’un de nos bombardiers foncer dans la même direction en dégageant une épaisse fumée."

Transcription

Je m’appelle Dale Brecknell. Je suis né et j’ai grandi dans le nord de la Saskatchewan, mais je me suis enrôlé à Winnipeg. J’y ai fait mon entraînement de base puis j’ai tenté de me joindre à l’artillerie, mais on nous a fait passer un test d’aptitudes et j’ai été envoyé au Corps des transmissions, où j’ai suivi une formation d’estafette. Une fois mon cours terminé, on m’a envoyé en Angleterre. Après un certain temps dans une unité de dépôt, j’ai été affecté à la section des transmissions du 2e Régiment d’artillerie de campagne, qui faisait partie de la 1re Division canadienne. J’ai poursuivi mon entraînement en Grande-Bretagne, puis le régiment a été envoyé en Écosse pour charger et décharger des bâtiments de débarquement de chars (BDC), et nous avons ensuite pris la mer pour ce qui allait être l’invasion de la Sicile, le 10 juillet 1943. Un incident qui m’a vivement frappé s’est produit quand des parachutistes américains ont été largués sur nous par erreur. Plusieurs d’entre eux ont été tués avant de toucher terre et que tout le monde se rende compte de l’erreur. Une autre fois, je rentrais à notre quartier général quand j’ai vu au-dessus de moi l’un de nos bombardiers foncer dans la même direction en dégageant une épaisse fumée. Il s’est écrasé un peu plus loin sur l’un de nos quartiers généraux de batterie. L’explosion du carburant a tué neuf hommes et en a gravement brûlé 27 autres. C’était vraiment tragique. Nous avons envahi l’Italie le 23 septembre 1943. Pendant la traversée des montagnes, on m’a donné l’ordre de livrer un message au Regimental Commander, qui était en tête du régiment. Après avoir rempli ma mission, j’étais passablement épuisé et me suis rangé en bord de route pour m’endormir près de ma moto. À l’aube, j’ai senti qu’on tirait sur mes bottes. C’était un groupe d’Italiennes qui me croyaient mort et voulaient me les retirer. J’ai poussé un grand cri et elles toutes pris la fuite. Je me rappelle aussi clairement un autre incident. Le régiment avait reçu l’ordre de prendre une position plus avancée pendant la nuit. C’est moi qui contrôlais nos déplacements et j’ai voulu faire tourner le régiment à un carrefour, mais le major qui dirigeait le convoi m’a dit que je me trompais. Nous avons poireauté au carrefour jusqu’à ce qu’il se rende compte de son erreur, environ deux heures plus tard. Quand nous sommes arrivés à l’endroit désigné, la nuit avait fait place au jour et nous étions totalement à la vue des Allemands. Nous avons été rudement bombardés toute la journée et avons perdu 13 de nos 36 hommes. De son côté, le régiment d’artillerie avait perdu proportionnellement autant d’hommes. Soit dit en passant, c’était un vendredi 13.
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