Témoignages d'anciens combattants:
Hyman Arlin

Armée

  • M. et Mme Arlin le jour de leur mariage à Londres, Angleterre, 1946.

    Hyman Arlin
  • Hyman, à gauche, avec son ami Blacky Garber, 1944.

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  • Hyman debout devant un train et tenant un prisonnier de guerre autrichien dont il était en charge.

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  • Hyman Arlin portant un képi d'officier allemand pour faire une blague, en 1945.

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  • Troupes de l'armée canadienne pendant les grandes vacances juives à Amsterdam, Pays-Bas, 1945.

    Hyman Arlin
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"« J’ai l’ai finalement trouvé et j’ai fait passer un mot à remettre au septième gars de la file. Il a sursauté et a fait peur aux autres, qui ont pensé que c‘était une urgence. »"

Transcription

Je m’appelle Hyman Arlin. Je suis né à Bialystock en Pologne, et j’ai fait mes classes à Camp Shilo dans le Manitoba où j’ai appris à conduire un char d’assaut. Quand je suis allé outre-mer, il se trouve que ma femme est une épouse de guerre anglaise et quand je suis allé outre-mer, j’étais en garnison dans un camp appelé Camp Borden. Et ma femme avait dû abandonner son logement à Londres par deux fois et avait été relogée là où j’étais en garnison. Et c’est comme ça qu’on a fait connaissance. Elle avait seize ans et j’avais toujours dix-neuf ans. Et on s’est mariés, tu avais dix-huit ans.

Mon frère a opéré avec l’armée canadienne dans le théâtre de guerre italien. Quand la guerre était sur le point de se terminer en Italie, ils ont envoyés tous les soldats canadiens en Europe du Nord, pour nous aider dans les combats de la guerre européenne dans la partie nord, comme en Belgique, la Hollande et l’Allemagne. Et je savais que ça se passait, que mon frère était en train d’être envoyé dans le nord et j’ai trouvé où il habitait. Il était déjà en Allemagne. J’ai réussi à obtenir une permission de 72 heures. J’ai fait le voyage dans la jeep du courrier jusqu’à Bruxelles où mon frère était en garnison. Croyez-le ou non, il n’était pas, c’était le soir, et j’ai appris qu’il était au cinéma, en train de voir un film aux Chevaliers de Colomb.

Et je suis entré dedans et j’ai cherché dans toutes les rangées pour voir où il se trouvait. Pour finir je l’ai trouvé et je lui ai fait passé un mot à par l’entremise de chaque soldat assis là pour qu’ils le donnent au 7ème gars dans le rang. Il a bondi et a fait peur à tout le monde, ils ont cru qu’il y avait une urgence dans le cinéma. Il est sorti et on est tombés dans les bras l’un de l’autre. Alors devinez quoi ? On est allés dans les toilettes et on a fait un bon brin de causette là. Et il a eu une permission de 48 heures grâce à moi. On a tous les deux, on était à une quinzaine de kilomètres de Bruxelles. On est allés à Bruxelles tous les deux. Et c’est comme ça que j’ai passé un moment avec mon frère en Europe.

Vers la fin de la guerre, notre régiment (23ème régiment d’artillerie automotrice de l’armée royale canadienne) s’est retrouvé encerclé par trois compagnies de parachutistes nazis. Et j’étais très effrayé. Et il s’est trouvé qu’on a été sauvés par des troupes canadiennes en plus qui arrivaient et qui ont fait de cette région un endroit sans danger.

Je parlais bien la langue des juifs aussi. Je participais en étant interprète, un interprète médiocre. Et responsable du rapatriement des prisonniers de guerre autrichiens, que nous avions à Wilhelmshaven en Allemagne. Et j’e les ai accompagnés dans un voyage de quatre jours et cinq nuits avec les 600 prisonniers qu’on rapatriait. Il s’est trouvé, ils étaient au courant du fait qu’on allait dans le, qu’on allait remettre le train aux mains de la section russe à Vienne. Et les soldats avaient une peur mortelle des soldats russes à cause de ce qui s’était passé dans leur participation à la guerre.

On a fini avec très peu d’entre eux. Ils se sont tous échappés pendant la nuit. Mais on ne les avait pas sous notre responsabilité, on était seulement responsable de la délivrance du train.

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