Témoignages d'anciens combattants:
Robert Shapiro

Forces aériennes

  • Robert Shapiro photographié au centre, au premier rang pendant un entrainement physique.

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  • Robert Shapiro photographié le 3ème à gauche dans le 2nd rang, avec l'escadron 421.

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  • Photo de mariage de Robert Shapiro, 1943.

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  • Photographie de la couverture d'un livre de prières Juives.

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  • Robert Shapiro photographié avec son escadron.

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"Je suis monté à bord avec douze autres gars pour amener l’équipage nazi, l’équipage du U-boote."

Transcription

En 1945, vers la fin [de la guerre], l’escadron Coastal Command 4211 avec lequel j’étais a capturé un sous-marin allemand, ce qui était rare. Ils passaient au-dessus de lui en larguant des grenades sous-marines qui le menaçaient. Il est remonté en agitant le drapeau blanc, puis il s’est dirigé vers un contre-torpilleur et a fait des cercles en attendant son arrivée. Ils ont ensuite apporté le sous-marin au Port de Pembroke [aux Pays-de-Galles]. Je suis monté à bord avec douze autres collègues pour accompagner l’équipage nazi du sous-marin.

Nous les avons tous emmenés dans le sous-marin, sauf l’ingénieur, qui devait mesurer six pieds quatre et peser 110 livres. La raison pour cela était que, s’ils allaient saboter l’embarcation, nous ne voulions pas être à bord. Ils ne l’ont pas fait, de toute évidence. Nous avons accompagné l’équipage, et nous avons fait surface. C’était un sous-marin océanique, de longue distance. Il avait été au Japon et il avait enlevé les plaques sur la quille et remplacé la fonte brute avec du tungstène et de l’étain dont l’Allemagne avait besoin. Ils transportaient également sur les ponts de gros blocs d’environ trois pieds par trois pieds de latex pur, ce qui ressemblait à un gros morceau de liège. Les Allemands en avaient besoin également. J’ai retiré une clé, une clé en chrome-vanadium et je l’ai gardé pendant plusieurs années.

J’ai été quelques fois envoyé en tant qu’ingénieur de vol en raison de mon expérience de mécanicien de vol. Je ne sais pas pourquoi, ils étaient peut-être à court d’hommes. J’ai été assigné à plusieurs aéroports avant d’être de manière permanente au Port de Pembroke. Chaque fois que j’y suis allé, je devais suivre un cours en armurerie et en combat. La raison était qu’ils avaient découvert que les marchands dans l’Aviation royale à Dunkirk ne savaient pas combattre [en mai 1940, une formation fer-de-lance allemande a rapidement progressé à travers les Pays-Bas et la Belgique, atteignant la côte française et séparant l’armée britannique des Alliés français et belges, et forçant une retraite hâtive et l’évacuation des soldats britanniques de Dunkirk]. Ils ont donc dit qu’après ça, tout le monde serait entraîné. Chaque fois que j’arrivais à un nouvel endroit – et je suis allé à environ 10 endroits différents –, j’ai suivi cette formation et je suis devenu très efficace avec une mitrailleuse, les grenades et toutes autres sortes d’armes comme ça. À un moment, lorsque j’étais instructeur, j’ai travaillé avec un sergent lors d’une formation sur les gaz de guerre. Nous avons formé tout le monde à se protéger de plusieurs gaz : moutarde, phosgène, éthyldichloroarsine, tous les gaz chlorés, tous les différents gaz. Nous les mettions dans une situation assez sévère.

Sur plusieurs aérodromes, il y avait un avion qui avait un réservoir rempli d’environ 10 000 gallons de gaz. Si les Allemands utilisaient du gaz, nous aurions répliqué, et ils le savaient; ils n’en ont donc jamais utilisé. Il y avait beaucoup de choses de ce genre.

Une nuit, j’avais comme travail de ramener les appareils qui étaient en difficulté en amerrissant. Je devais sortir avec un bateau à moteur et nous remorquions deux immenses jambes avec deux roues à leur base, de grosses roues. Nous les hissions sous le fuselage avec un bloc et un crochet, nous les accrochions et nous mettions une barre au travers de la jambe et nous nous y tenions debout en essayant de pousser la jambe dans une ouverture dans laquelle nous pouvions mettre un boulon. C’était très, très dangereux. La mer était agitée, et l’avion bondissait de haut en bas, et on était debout sur cette barre en fer, les jambes se balançant en avant et en arrière pour essayer de l’aligner. Nous avons perdu plusieurs hommes, mais nous avons réussi à ramener la plupart des avions quand ça arrivait. Le sergent d’aviation m’a dit, un soir de violents orages, alors que l’on faisait cela, que j’aurais la Mention militaire [récompense militaire pour services rendus]. Mais ça n’est jamais arrivé; ça ne s’est jamais rendu à un officier, je pense.

 

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