Témoignages d'anciens combattants:
Jean-Paul Savary

Armée

  • Capitaine Jean-Paul Savary, Royal 22e Régiment

    Jean-Paul Savary
  • Capitaine Jean-Paul Savary, Royal 22e Régiment, en Corée, septembre 1952.

  • Le lieutenant-général sir Charles Keight-Ley, commandant des forces terrestres britanniques en Extrême-Orient (à gauche) causant avec le lieutenant W.-C. McLeod et le capitaine J.-P. Savary, du Royal 22e Régiment (Corée, avril 1952).

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  • Reportage sur l'arrivée d'un groupe du 1er bataillon du Royal 22e Régiment en Corée (1952).

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  • Certificat de démobilisation de capitaine Jean-Paul Savary (daté le 5 août 1968).

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"Vous savez, quand on est chanceux on est chanceux. Il y a une bombe qui est tombée juste à côté de moi puis elle n’a pas sauté."

Transcription

Mon nom est Jean Paul Savary. Je suis de Québec. Mon numéro de matricule est ZE9710. À mon enrôlement, j'étais suivre mon cours à St Jérôme et ensuite à Brockville pour avoir une commission d'officier. Après cette qualification, à l'époque on ne pouvait pas choisir dans quelle unité on voulait aller. Alors, j'ai été posté au Régiment de Québec. Le Régiment de Québec était stationné tout près d'ici, à Beauport, dans son quartier général et ce régiment là était spécialisé dans les machine guns (mitrailleuses) de l'époque. Mais, par contre, on en a fait un bataillon d'infanterie régulier. L'entraînement a eu lieu à Valcartier. Après, nous avons été déplacés à Debert - la 4e Division, le Régiment de Québec faisait partie d'une brigade avec le Régiment de Montmagny et Les Fusiliers du Saint Laurent. Cet entraînement là terminé, on a fait des exercices de divisions et après on a été séparé dans différents groupes, là. On était à Halifax pour garder des stations de radar qu'il y avait sur le bord d'Osborne Head. Après ça, on a été transféré à Terre Neuve. À Terre Neuve, notre rôle principal était de garder des câbles qu'il y avait à Harbour Grace parce qu'à l'époque la communication se faisait exclusivement par ce câble là. La radio n'était pas encore assez forte pour faire des conversations régulières. Tout se faisait avec le code morse. D'Halifax nous sommes revenus ici à Québec pour préparation pour aller en renfort en Europe parce qu'on était rendu au mois de septembre 1944. Quand on est revenu à Québec, on s'est préparé, puis tout l'équipement a été vérifié. On devait partir en renfort sur le 12 avril 1945. Ç'a été cancellé parce que la victoire est arrivée 7 jours après. Je suis retourné à mon bataillon. Là, j'étais suivre un cours de spécialiste de machine guns, c'est à dire la Vickers. Ça c'est une arme qui n'est pas très, très bien connue, mais c'est l'arme à peu près la plus effective qu'il y avait pour l'infanterie. C'est une arme qui refroidit à l'eau. Tu peux tirer par groupe de… par burst (rafale) de 25 rondes à la fois et vous pouvez tirer presque indéfiniment. L'arme est aussi munie d'une mire qui est équivalente à celle qu'il y a sur un canon d'artillerie. Alors, avec la munition spéciale dont on pouvait se servir, le tir maximum est de 4 500 verges. Beaucoup de gens ne savent pas comment se servir de cette arme-là. Quand je suis allé en Corée, mon commandant de bataillon, le Colonel Trudeau, était au courant de cette arme là. Puis on s'en est servi comme il faut parce qu'on s'est placé au bout d'une vallée où on avait, de chaque côté de la vallée, une compagnie du Régiment et on pouvait tirer à volonté dans la vallée et en avant des positions de ces compagnies là. Tout ce qui est arrivé, c'est que presque tous les soirs il m'appelait pour tirer de chaque côté des patrouilles qui s'en allaient dans différents endroits. Il y a deux événements qui ont été assez spéciaux parce que c'est le Lieutenant Meritzio a gagné la Croix militaire en allant chercher un soldat dans un champ de mines en avant de la Compagnie qui était à peu près à 3 000 3 500 verges de nous autres. On nous a demandé de tirer par dessus pour couvrir les gens qui auraient pu l'attaquer ou le surprendre. Et la deuxième fois où on a été très très, employé, c'était la fameuse bataille de la Colline 355 au mois d'octobre 1952. C'était la fois aussi où le Major Pope a gagné, lui aussi, la Croix militaire. Cette soirée là, on a tiré au delà de 25 000 rondes et quelqu'un nous a repérés à l'autre bout parce que, après, on s'est fait poiré le régiment. Vous savez, quand on est chanceux on est chanceux. Il y a une bombe qui est tombée juste à côté de moi puis elle n'a pas sauté. L'autre fois où je me suis fait prendre comme ça, j'étais avec mon sergent des lance flammes, le Sergent Osside, qui a été plus tard le sous officier supérieur des Forces armées. Il y a un obus qui a sauté à notre droite, lui était à ma gauche, puis il y a un morceau de schrapnel qui lui a déchiré une partie de la peau dans le cou. Mais quand votre numéro n'est pas arrivé, il n'est pas arrivé.
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