Témoignages d'anciens combattants:
Paul Vézina

Armée

  • Paul Vezina, soldat au Royal 22e Régiment, en uniforme le 18 juin 1945.

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"Là, on marchait bien tranquillement. Tout à coup, les Allemands nous aperçoivent et commencent à tirer sur nous autres."

Transcription

Mon nom est Paul Vézina. J'ai été avec le Royal 22e Régiment au cours de la Guerre 39 45. Nous étions débarqués en Italie au début de septembre (19)43. À ce moment-là, nous occupions le village de San Pietro, à Avellino, dans les montagnes tout près de la rivière Sangro dans la région montagneuse des Abruzzes. Il y a une patrouille qui avait été envoyée pour voir ce qui se passait. Le commandant voulait savoir ce que les Allemands faisaient parce que le contact apparemment avait été perdu. Alors, la patrouille s'est rendue de l'autre côté de la rivière mais à un moment donné, apparemment, ils ne pouvaient pas revenir puis il y avait quelqu'un qui avait mis le pied sur une mine. Alors, à ce moment-là, ç'a déclenché l'alerte. Puis, les Allemands sont aperçus que quelque chose ne marchait pas. Il y a eu un genre de bataille.

Deux soldats anglais avaient réussi à s'échapper, puis ils avaient traversé la rivière et ils étaient rendus de notre côté. Ils ont commencé à nous raconter qu'ils avaient été fait prisonniers à Tobruk en Afrique du Nord, 16 mois avant. Pour signaler leur discipline là, ils avaient encore dans leur poche ce qu'on appelait emergency ration. C'est une ration qu'on devait utiliser en tout dernier ressort. Puis, ils avaient conservé cette ration-là depuis 16 mois, pour montrer qu'ils étaient assez disciplinés.

Mais il y avait des gens qui ont réussi à revenir, mais d'autres ne le pouvaient pas. Alors, pour réussir à ramener ces gens-là, le commandant, qui était le lieutenant-colonel (Paul-Émile) Bernactchez dans le temps, avait demandé à un lieutenant, le lieutenant Laflèche (on l'appelait Fritz), d'organiser un groupe avec une chaloupe pour aller chercher les gens de la patrouille qu'on pourrait apercevoir au nord de la rivière. Alors, nous sommes partis dans la soirée. Nous étions dix à travers la montagne. Je pense qu'il devait y avoir à peu près 2 ou 3 kilomètres, mais c'était dans la noirceur. Nous sommes arrivés aux abords de la rivière vers le matin. On nous avait demandé de surveiller pour voir si on ne verrait pas des gens de l'autre côté.

Fait que, au début de la matinée, j'étais sur le bord de la rivière avec un de mes compagnons. On était caché dans les branches. Tout à coup, on aperçoit quelqu'un de l'autre côté. Le type courait, puis il y avait des Allemands qui couraient après lui puis qui tiraient sur lui. Fait que, tout de suite, nous autres avons sauté dans la chaloupe. Le type qui était poursuivi saute dans la chaloupe. On retraverse, puis on s'en va dans le bois. Là, on marchait bien tranquillement. Tout à coup, les Allemands nous aperçoivent et commencent à tirer sur nous autres. On s'est redirigé l'autre bord de la colline pour se cacher.

Mais ce qui est arrivé là-dedans, c'est que le type qui était là, qu'on était allé chercher, il s'appelait McKinnon. Plusieurs années après, j'allais à Montréal. J'avais un de mes frères qui était surveillant au bureau de postes, à Montréal. Il me dit : « Y'a des types ici, des anciens du 22 (Royal 22e Régiment) qui travaillent ici. Peut-être que tu aimerais les rencontrer. » Bien, j'ai dit : « Certainement! ». Il m'amène le dénommé McKinnon, celui qu'on était allé chercher l'autre bord de la rivière. Ça fait qu'on commence à jaser. Il me demande où je travaille. J'ai dit : « Je travaille à Santé et Bien-être Canada. » Il dit : « J'ai une sœur qui travaille là, moi. Rachel. » J'ai dit : « Je la connais. Je travaille avec elle. » Une drôle de coïncidence, hein!

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