Témoignages d'anciens combattants:
Donald Stevenson

Forces aériennes

  • Donald Stevenson recevant son insigne ailé du capitaine McMaster. Marine royale, 20 août 1943.

  • Insigne ailé de la Force aérienne de Donald Stevenson (insigne de pilote).

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  • L’adjudant de 2e classe Donald Stevenson à l’École de bombardement et de tir nº 7 de Paulson, Manitoba. 2 juin 1945.

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  • Donald Stevenson lors de sa première permission à la gare de Kingston, en Ontario, en compagnie de camarades enrôlés le jour de la fête du Canada (1er juillet 1942). De g. à d. : Donald Stevenson, Fred Muller, Wally King, Bob Johnston et Jack Graham

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  • Certificat de démobilisation de Donald Stevenson marquant la fin de son service de guerre le 25 septembre 1945.

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"Début 1945, par exemple, les Japonais ont commencé à envoyer au-dessus du Canada des ballons à [hydrogène] dont les nacelles transportaient des bombes."

Transcription

Je m’appelle Donald Robert Stevenson. J’ai participé à la Deuxième Guerre mondiale au sein de la Force aérienne, du 1er juillet 1942 au 25 septembre 1945.

J’ai fait mon service uniquement au Canada parce que j’ai été relégué à ce qu’on appelait le Commandement de l’instruction, qui entraînait aux métiers aériens ceux d’entre nous qui iraient combattre outre-mer. Il fallait bien qu’ils soient entraînés, mais tous ceux qui restaient ici pour assurer cet entraînement étaient impatients de faire autre chose, c’est-à-dire de partir eux-mêmes outre-mer.

Peu importait le métier, nous commencions tous dans ce qu’on appelait un dépôt d’effectifs, où nous recevions l’entraînement de base et les instructions à suivre. On nous donnait nos uniformes, on nous vaccinait et on nous faisait subir ces horribles choses qui étaient de règle à l’époque. Puis on nous imposait le métier jugé le mieux adapté à nos capacités. C’est ainsi que je me suis retrouvé rn pilotage. Et quand on vous remettait votre insigne de pilote, on vous affectait à toutes les tâches qu’ils jugeaient bon de vous confier.

Essentiellement, nous pilotions aux alentours avec ceux qui apprenaient un métier. Si bien que nous ne participions pas directement à la formation des plus jeunes. Nous nous contentions de piloter pendant que leurs instructeurs les formaient. Je ne dirais pas que les types affectés à l’état-major étaient pires ou meilleurs que d’autres. Ils étaient tout simplement disponibles et il y avait des besoins à combler, de sorte que nos supérieurs nous affectaient à leur guise. Personne n’avait le choix. Mais ce que j’ai beaucoup aimé, c’était de faire connaissance avec de jeunes gars du monde entier qui venaient au Canada suivre le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique parce que nous étions très loin du théâtre de guerre. Des types de la Royal Air Force de Grande-Bretagne, de la Rhodesian Air Force ou de la South African Air Force. Quelques Français aussi et beaucoup d’Américains. Et d’autres qui venaient d’ailleurs et s’étaient enfuis d’Europe pour se retrouver en Grande-Bretagne, d’où ils étaient envoyés au Canada.

Nous faisions donc un travail indispensable, même si ce n’était pas celui que nous souhaitions (rires). Comme on dit, « C’était un sale boulot, mais quelqu’un devait le faire ». C’était tout de même assez intense et risqué. Début 1945, par exemple, les Japonais ont commencé à envoyer au-dessus du Canada des ballons à [hydrogène] dont les nacelles transportaient des bombes. Et quand il y avait une alerte, beaucoup d’entre nous devions aller les abattre. Ils se trouve que je pilotais des avions équipés de mitrailleuses et c’est pourquoi on nous a choisis. Ces ballons volaient au-dessus de l’ouest du Canada et des États-Unis et ont tué quelques civils. C’est ainsi qu’en Oregon, des enfants qui pique-niquaient avaient trouvé une nacelle en forêt et sont allés chercher leur professeur. Ils ont déplacé la nacelle, ce qui a fait exploser les bombes. Il y a eu six morts. En ce qui me concerne, nous étions la seule station des Prairies qui possédait un avion armé, et c’est pourquoi on nous envoyé patrouiller à la recherche de ces ballons.

C’était assez captivant et c’est ce que nous avons fait qui ressemblait le plus à de vrais combats. Nous devions aussi prêter un serment du secret (rires) qui n’a pas duré très longtemps, mais nous trouvions cela plutôt impressionnant.

[Correction : Les ballons japonais qui traversaient l’océan ne fonctionnaient pas à l’air chaud mais à l’hydrogène. Merci à Donald Stevenson pour avoir apporté cette précision.]

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