Témoignages d'anciens combattants:
John Holland

Forces aériennes

  • Après son retour à la maison, John Holland a reçu la Croix de Service Distingué dans l'Aviation pour son service en Birmanie.

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  • Aviateurs présentant l'emblème officieux de l'escadron 436, avec une éléphant sur le blason, en Birmanie.

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  • Carnet de bord de John Holland montrant l'achévement de son tour en Birmanie.

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  • Aires d'opérations de John Holland pendant la guerre.

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  • L'équipage du Dakota parachutant des provisions nécessaires aux forces Alliées pour qu'elles puissent opérer dans la jungle birmane.

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"Mais heureusement, personne n’a été touché ; ça a fait exploser le générateur pour l’opérateur radio et il a explosé mais il se trouvait heureusement juste derrière ma tête mais il y avait un pare-feu là."

Transcription

Ils ont donné l’ordre qu’on (le 436ème escadron de la RCAF) parte et change, qu’on fasse partie du Transport Command. Alors on nous a dirigés sur la base aérienne (RAF) de Leicester East en Angleterre pour une conversion aux DC-3, pour nous préparer à aller en Inde et en Birmanie et apporter notre soutien à la 14ème armée (britannique) dans le transport, pour le ravitaillement et les parachutistes, etcetera. C’était très intéressant. Il y avait de bonnes histoires à raconter là dessus. On larguait l’approvisionnement la nuit en général et le 435ème et le 436ème étaient tous les deux des escadrons canadiens qui ont été formés pour prendre la place de trois escadrons américains C-46 qui s’étaient occupés du soutien à la 14ème armée. Et Chiang Kaï-chek (chef de l’armée et commandant en chef des forces alliées sur le théâtre des opérations chinois), au début de l’année 1944, s’est retrouvé encerclé par les japonais à Chongqing. Et il a fait appel aux américains pour lui apporter un peu d’appui aérien. Et alors ils ont retiré trois escadrons C-46 de la ligne, qui soutenaient la 14ème armée.

C’est là qu’ils ont demandé au gouvernement canadien si on pouvait envoyer deux escadrons et c’est là qu’on s’est retrouvés. Donc nous étions à Chaklala, qui est aujourd’hui l’aéroport d’Islamabad au Pakistan. Et il était nécessaire selon le capitaine adjudant et du point de vue de la pratique du vol en escadron, de s’exercer à des tas de choses, le vol en formation, le largage des parachutistes, le largage du ravitaillement, le remorquage des planeurs et toutes les opérations de routine qu’on devrait faire en arrivant sur le front.

En tout cas, nous voilà à Akyab (aujourd’hui appelée Sittwe, Myanmar) et un des vols qu’on a faits là-bas était à destination de Meiktila, un des terrains d’aviation du centre de la Birmanie (qui avait été envahi par le Japon en 1941). Et c’était tout à fait manifeste. De fait, les japonais encerclaient l’aéroport la nuit et il leur arrivait même d’exécuter quelques actions sur la base de l’aéroport et toutes les forces alliées devaient se réunir en un groupe très soudé et se tenir prêtes à se battre si on les approchait.

Et le matin, ils ont repoussé les japonais et on a pu se poser. Mais notre trajectoire d’atterrissage était nord-sud, une piste nord-sud ; elles n’étaient pas à double sens là-bas. Et il y avait un lac sur l’approche à un certain angle depuis le nord. Alors on était censés descendre au dessus du lac, faire un virage à 30° à l’extrémité nord de la piste et le poser. Et quand on a décollé, on a décollé dans l’autre sens, en volant vers le nord et une fois que vous êtes en l’air, virage à gauche et après grimper au dessus du lac pour éviter les tirs antiaériens terrestres.

Bon, on avait fait ça de nombreuses fois mais cette fois-là en particulier, on n’a pas effectué le virage assez rapidement et on s’est retrouvé avec la mitrailleuse qui nous tirait droit dessus en plein milieu de l’avion. Mais heureusement, personne n’a été touché ; ça a fait exploser le générateur pour l’opérateur radio et il a explosé mais il se trouvait heureusement juste derrière ma tête mais il y avait un pare-feu là. Et on est immédiatement descendus juste au dessus du lac et on a redressé et repris de l’altitude aussi vite qu’on a pu. La seule chose qui était sérieusement endommagée c’était l’un des réservoirs de 1600 litres de carburant qui était plein et il a été percé mais pas par une balle accompagnée de flammes, alors heureusement il n’a pas explosé. Et on est rentrés sains et saufs.

Et donc ça vous montre à quel point on était proche des tirs de l’ennemi. On n’a pas vu des quantités d’avions de chasse japonais. Les choses commençaient à se gâter au Japon alors ils avaient renvoyé une grande partie de leur appui aérien pour protéger les îles japonaises.

C’est arrivé une fois au mois de janvier (1945) qu’une des zones de largage du 435ème escadron qui était en train de faire un largage se fasse attaquer par des avions japonais et trois avions ont été descendus et ça a fait quelques victimes. Mais c’était au début, en janvier et on n’a pas vu grand-chose d’autre que quelques tirs antiaériens. On a vraiment eu beaucoup de chance, la plupart d’entre nous, on volait la plupart du temps en utilisant seulement notre jugeote et on pourrait en parler sans fin, dans différentes choses. Je me souviens du retour une fois quand on redescendait avec le 435ème escadron en décembre 1944, du Pakistan, à Chaklala, Islamabad, sur le chemin du retour à vide, j’ai dit aux gars, vous savez j’aimerais bien voir le Taj Mahal. Et que pensez-vous du fait qu’on passe par New Delhi et on fera un petit détour pour jeter un coup d’œil au Taj Mahal parce qu’il se peut que l’occasion ne se représente jamais. Alors tout le monde a été d’accord pour ça.

Donc on est descendus et on a volé à basse altitude jusque devant le Taj Mahal, quelqu’un a pris une photo, ce n’était pas moi, à travers l’avant de l’appareil. Et ensuite on est allés faire le plein de carburant à New Delhi, et je me souviens avoir dit, quand j’ai appelé le contrôle aérien, j’ai dit, on voudrait faire notre approche, autorisation d’atterrir. Et il a dit, quelle est la raison de votre voyage ? Et j’ai répondu, on veut juste manger un morceau. Et c’est le genre de choses qu’on pouvait se permettre de faire à cette époque et à ces endroits là que vous ne feriez jamais ça sur un vol commercial aujourd’hui.

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