Témoignages d'anciens combattants:
Eric McFall

Forces aériennes

  • Photo de l'aviateur Airman McFall recevant ses ailes en septembre 1942.

    Eric McFall
  • Photo des médailles d'Eric McFall.

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  • Photo contemporaine d'Eric McFall.

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"Et j’ai dit, bon, notre devise c’est, continuons quand même ! Alors on va y aller sans radio, on n’en a pas vraiment besoin jusqu’à ce qu’on rentre, donc on a continué à voler."

Transcription

J’avais un problème de vision et ils m’ont dit que je ne pouvais pas être pilote mais quand on est revenu de l’hôpital…on m’a envoyé à Chatham, au Nouveau-Brunswick, pour être formé comme pilote même si je n’avais pas l’autorisation de piloter. Et je vois encore ce que le médecin militaire avait écrit sur la deuxième page de mon dossier : “cet homme ne peut pas devenir pilote en raison d’un astigmatisme très grave”. Mais personne n’a plus jamais regardé ça. Ils avaient raison; j’avais des problèmes pour atterrir, parvenir à la bonne hauteur.

Mais j’ai réussi à m’en sortir et après 75 heures de vol à Chatham au Nouveau- Brunswick, on est allé à Brantford en Ontario, sur un aéronef bimoteur. C’est là que j’ai eu mon insigne ailé, au mois de septembre suivant. Je me suis enrôlé en septembre 1941 et j’ai eu mon insigne ailé en septembre 1942.

Il y a eu un voyage en dehors de l’Italie, on était allé à un endroit qui s’appelait Feuersbrunn, F-E-U-E-R-S-B-R-U-N-N, en Autriche [au nord]. Ils avaient construit cette usine au sud pour qu’elle soit trop loin pour pouvoir être atteinte par les avions qui venaient d’Angleterre mais quand on s’est déplacé en Italie, c’était beaucoup plus près et bien à notre portée. Pendant le voyage auquel je pense, au moment du briefing, l’agent météorologiste nous avait dit qu’une tempête arrivait mais qu’ils avaient déjà fixé notre itinéraire et qu’il fallait qu’on la contourne. Mais 20 minutes environ après le décollage, le radiotélégraphiste m’a appelé pour me dire que son équipement ne marchait plus et qu’il ne captait plus rien. Je lui ai rappelé que notre devise était Press On, Regardless (continuer, malgré tout). Donc, on allait se passer de radio, on n’en avait pas vraiment besoin jusqu’à notre retour et on a continué notre vol.

On a traversé une assez grosse tempête et on a été très secoué; on a fini par atteindre notre cible mais il n’y avait personne d’autre alentour et je n’arrivais pas à comprendre ce qui était arrivé au reste de la force aérienne; il devait y avoir 500 avions et je n’en voyais aucun. En tout cas, on a largué nos marqueurs, on était dans les Pathfinders à cette époque et on ne transportait pas beaucoup de bombes explosives. On avait des fusées éclairantes et ce genre de choses.

On avait à peu près sept minutes d’avance sur le gros de la force derrière nous, donc on a marqué la cible et on a fait demi-tour et quand on s’est rapproché de notre base, tout était complètement noir. D’habitude, il y avait cinq terrains d’aviation dans une zone concentrée de l’Italie. Mais il n’y avait pas de lumière. J’ai donc balancé quelques fusées éclairantes et finalement quelqu’un est arrivé et a éclairé la piste d’atterrissage et on a pu atterrir. Parce que comme on n’avait plus de radio, en tout cas, on a réussi à rentrer sain et sauf et on a appris que des officiers supérieurs avaient décidé que les orages étaient trop forts et qu’on ne devait pas piloter par ce temps. Donc ils ont annulé l’opération après une demi-heure mais bien sûr comme on n’avait pas de radio, on n’a pas entendu le rappel.

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