Témoignages d'anciens combattants:
John Cooper

Forces aériennes

  • John Cooper dans son uniforme de vol, EFTS Malton No.1, avril 1941. M. Cooper a effectué un entrainement de 30 jours à Regina, Saskatchewan, en octobre 1940, quand il a été accepté dans les forces aériennes. Il a reçu son appel pour la RCAF le 15 novembre 1940.

    John Cooper
  • John Cooper avec son équipage de l'escadron 432. L'escadron était connu sous le nom de "Escadron Leaside" car la communauté de Leaside à Toronto les avait adopté.

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  • Cible donnée à John Cooper par le vice maréchal de l'Air après un bombardement réussi au Mans, France, les 13 et 14 mars 1944.

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  • John Cooper à l'âge de 25 ans, après avoir passé 25 jours de confinement solitaire au Dulag, le centre d'interrogation allemand pour l'équipage aérien. M. Cooper a été descendu le 18 juillet 1944 en France, et il a été transféré plus tard au Stalag Luft III en août 1944.

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  • Chapeau improvisé fait par John Cooper à partir d'une manche d'une veste Irvin d'un aviateur britannique. M. Cooper avait besoin d'un chapeau quand les Allemands ont fait défiler les prisonniers de gueere à l'extérieur du Stalag Luft III.

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Écoutez ce témoignage

"j’ai dit à l’équipage : « Dites donc, ça bouge par ici ce soir ». On a pas appris avant le lendemain matin que c’était le Jour J et qu’on en avait fait partie."

Transcription

Quand je suis entré dans l’Armée de l’air canadienne, le 15 novembre 1940, on m’a envoyé à Yorkton, en Saskatchewan, École de pilotage militaire n° 11, pour me former sur les Cessna Cranes. J’ai été là-bas pendant 16 mois environ et dans la dernière partie de cette période, un mémo qui faisait appel à des volontaires pour aller outre-mer a circulé. Je ne suis pas la personne la plus courageuse qui soit mais j’ai pensé que c’est là que j’allais m’enrôler.

Donc on a traversé l’Atlantique, sur le [paquebot] Louis Pasteur. Les premières sorties avec notre équipage c’était à Berlin, comme introduction en matière de bombardements en Allemagne c’était quelque chose. On a continué et on a commencé à faire pas mal de cibles françaises. Des gares de triage et des choses de ce genre. Le 5 juin, vers minuit je pense, on a eu notre briefing, on devait bombarder une batterie sur la côte française à un endroit qui s’appelait Houlgate. Le temps était sensé être dégagé pendant toute la descente - bien sûr ça n’a pas été le cas – mais c’était assez dégagé au-dessus de la cible pour qu’on puisse atteindre les indicateurs de cible qui avaient été largués par les Éclaireurs. On a tourné à droite et on a survolé la Normandie et il y avait un raffut incroyable par là-bas – des fusées éclairantes, des tirs et des éclats de bombes – et j’ai dit à l’équipage : « Dites donc, ça bouge par ici ce soir ». On a pas appris avant le lendemain matin que c’était le Jour J et qu’on en avait fait partie. On a largué des bombes vers 4 heures du matin le Jour J.

On a fait plusieurs voyages dans le Nord de la France pour soutenir les armées. J’ai fait deux voyages à Caen et pendant le deuxième, peu après avoir largué les bombes, on a été touché par des tirs de canons anti-aériens et je n’ai plus eu aucun contrôle sur la gouverne de profondeur ou la gouverne de direction. L’aéronef était pris dans de grandes flammes et on a dû abandonner l’appareil.

Quelques jours plus tard, j’ai été pris par des Allemands et emmené dans un champ où il y avait des militaires alliés. Il y avait des pilotes américains, notre équipage et des gars qui étaient du genre à faire partie de l’armée. De là on a été emmené à Paris, puis en train au centre d’interrogation de Dulag Luft. Je suis resté en isolement cellulaire là-bas pendant 25 jours. J’ai été interrogé les deux premiers jours et ensuite, ils m’ont juste laissé là. Finalement, on m’a sorti de l’isolement cellulaire et peu après j’ai été emmené au Stalag Luft III, qui se trouvait au sud-est de Berlin. Je suis arrivé là-bas à la fin du mois d’août 1944. C’était un camp qui n’était pas mal. Bien établi, avec beaucoup d’activités, et on recevait des colis de la Croix-Rouge. Un par semaine au début puis, à cause des problèmes de transport en Allemagne, ça a été réduit à un demi paquet par semaine.

Vers la fin du mois de janvier, quand les Russes arrivaient de l’est, une rumeur selon laquelle on allait être transférés a commencé à circuler. Vers le 20 janvier on nous a dit qu’on allait partir, donc on a dû faire des préparatifs pour le transfert et emporter ce qu’on pouvait emporter. On a marché pendant six jours vers l’ouest. Certains ont été transportés pendant deux jours dans des wagons couverts ou des wagons à bestiaux. Serrés comme des sardines là-dedans et aucune installation sanitaire. Parfois on s’arrêtait, on descendait, on faisait ce qu’on avait à faire et on remontait.

On est finalement arrivés à un endroit qui s’appelait Tarmstedt Ost. C’était un camp terrible sans installations sanitaires. On a toutefois réussi à survivre et vers la fin du mois d’avril on nous a fait repartir. On a marché vers le nord et on est finalement arrivés dans un domaine à l’extérieur de Luebeck sur la côte Baltique. C’était apparemment la propriété d’un des directeurs (?) de la ligne de navigation. Je vivais dans des granges. Le 2 mai, une voiture de reconnaissance britannique ou quelque chose qui ressemblait à une Jeep est arrivée et le commandant ou le chef des Allemands a remis son épée, ses fusils et son pistolet et on a été libres.

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