Témoignages d'anciens combattants:
Ernest Louis “Ernie” Avory

Armée

  • Photographie de Légion prise en 2009. Une copie de cette photo est actuellement accroché dans la Légion de M. Avory.

    Ernest Avory
  • Certificat de transfert à l'armée de réserve, le 20 mai 1946.

    Ernest Avory
  • Ernest Avory après avoir rejoint l'armée territoriale britannique, 1939. Il a fait partie du 117ème régiment de terrain, Batterie de terrain 256.

    Ernest Avory
  • Ernest Avory en Europe. Date et lieu inconnus.

    Ernest Avory
  • Ernest a été envoyé en France en tant que remplaçant en 1944, où il a été placé avec le 69ème West Riding Field Regiment, de Leeds, Yorkshire.

    Ernest Avory
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"« Ils me disaient, Ernie, si tu t’en sors, immigre au Canada, trouve du travail et tu auras tout ce que tu voulais. »"

Transcription

C’était au cours des dernières semaines où j’étais un artilleur dans le 117ème régiment de campagne avant l’invasion (de Normandie le 6 juin 1944). Je suis allé en France comme soldat remplaçant et finalement, on m’a mis dans le 69ème régiment de campagne (West Riding Field Regiment, Royal Artillery), une unité qui venait de Leeds dans le Yorkshire. Le seul badge qu’on était autorisé à porter c’était un ours polaire (insigne de la division West Riding). Des tas d’endroits où on a débarqué n’avaient pas leur nom inscrit, souvent on ne savait pas où on était. En France, je me souviens de, Amiens, Louvain, Cambrai, Mons et en Belgique de Gand et d’Anvers (NDT : Mons et Louvain se trouvent en Belgique). À Anvers j’ai été hospitalisé pendant trois jours pour une attaque massive de rhumatisme musculaire. Mais une bombe V2( missile de longue portée) allemande est tombée sur un cinéma à Anvers et malheureusement, elle a tué 400 personnes et fait encore plus de blessés et on m’a enlevé de l’hôpital et renvoyé dans mon unité.

On a traversé Gand, Turnhout, Grave (Pays-Bas). Il y avait sept ponts à Grave. Comment avons-nous traversé le pont sans que les boches les fassent sauter, je ne sais pas. Mais on s’est retrouvés à Nimègue sur la rivière Waal, les chars allemands étaient toujours en train de tirer sur Nimègue sur le pont et… dans la ville.

Notre division a été mise avec les canadiens pour soutenir leur artillerie. (à Oosterbeek aux Pays-Bas) J’étais dans notre poste d’observation une nuit, on était dans le sous-sol de la maison qui a eu l’étage supérieur qui a sauté quand un char Tigre nous a tiré dessus et nous a manqué. C’était seulement la nuit qu’ils avançaient, ils tiraient quelques salves et reculaient à nouveau. C’était une chance pour nous en fait, on descendait chaque matin et à quelques six mètres de la maison où on était, vous pouviez voir où leurs coups avaient ricoché sur le sol et continué. Les chars étaient équipés de canons de 88mm, une grande vitesse de tir, très puissant.

Les hollandais qui mourraient de faim mangeaient des oignons de tulipes ; on leur envoyait de la nourriture et c’était la dernière fois que les chars se sont infiltrés parce que la guerre a été terminée. On a forcé le passage dans Anvers et Utrecht. Du ravitaillement en nourriture a été envoyé par convoi pour nourrir les hollandais affamés, donc comme les combats étaient terminés, on a avancé au delà du Rhin à Cologne. Ce n’était pas en passant par un pont au fait, c’était sur des bateaux qu’on a remonté le Rhin et quand on est arrivés à Cologne, la cathédrale était entourée de sacs de sables jusqu’à mi-hauteur. Et on a remonté le Rhin jusqu’à Osnabrück et Dortmund.

Notre travail c’était désormais de nourrir et de surveiller les 10 000 personnes déplacées dont les allemands s’étaient servis comme esclaves pour travailler à l’assemblage des outils de guerre. Ils venaient de France, d’Italie, de Pologne, de Russie, de Hongrie, de Slovaquie et de Yougoslavie. S’ils s’échappaient et allaient à Dortmund pour manifester, les allemands faisaient sonner les sirènes et descendaient là-bas évidemment, et les reprenaient et les ramenaient à leurs camps. On les a nourris et on les a gardés dans les camps. Ils ont finis par être renvoyés dans leurs pays et enfin, après ça, on est revenus en France à Calais pour retourner en Angleterre en traversant la Manche jusqu’à Douvres. Et le lendemain à Woolwich, au dépôt de l’arsenal de l’artillerie où on a été démobilisés, 20 avril 1939 au 19 mai 1946.

Quand j’ai été démobilisé, il m’a fallu six mois pour réapprendre à rester à l’intérieur d’un bâtiment. Parce qu’au cours des sept ans ou à peu près, j’étais resté la majeure partie du temps en plein air et j’adorais vivre en plein air. C’est tout ce que je peux raconter et je suis content d’avoir été avec les canadiens en Hollande et on faisait partie de leur armée parce qu’ils me disaient, Ernie, si tu t’en sors, immigre au Canada, trouve du travail et tu auras tout ce que tu voulais. Et ça c’est bien déroulé comme ça. Même si ça m’a pris une dizaine d’années après qu’on se soit mariés en 1947, ça nous a pris 10 ans pour venir au Canada avant que ma femme (accepte de quitter l’Angleterre) ; mais quand on est arrivés ici, elle a dit, je ne sais pas pourquoi on n’est pas venus plus tôt. Je suis marié avec ma femme, Grâce, ça fera 63 ans cette année et je suis très reconnaissant envers le Canada, le meilleur pays du monde.

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