Témoignages d'anciens combattants:
Roland Morton “Roly” Black

Marine

  • Roland Black (à l'extrémité gauche sur l'image) s'entraine avec ses camarades cadets au HMS King Alfred à Hove, Angleterre, en 1940.

    Roland Black
  • Roland Black (à droite) en Afrique du Nord pendant son service avec les Combined Operations.

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  • Camp de Roland Black en Afrique du Nord au début de la guerre.

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  • Roland Black après la guerre en 1946.

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  • HMS Glengyle (Navire de débarquement d'infanterie, large) dans un port en Afrique du Nord.

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"« Entrer dans le port de Villeta, et voir la désolation et la destruction que 700 chasseurs-bombardiers et avions de chasse avaient laissé derrière eux. »"

Transcription

La demande est arrivée en Afrique du Nord, dans la Méditerranée, pour que la marine royale crée une base d’entraînement près d’Alexandrie (Égypte) dans la région du canal de Suez pour les bateaux et le NSM Glengyle sur lequel je servais comme je vous l’ai dit, afin de s’entraîner avec les troupes néo-zélandaises et les troupes indiennes qui venaient d’Inde pour la bataille contre Rommel (commandant des troupes allemandes et italiennes en Afrique du Nord) dans le désert de l’ouest pendant les deux années suivantes. Puis, évidemment c’était tout de la défense par la Grande-Bretagne et la marine royale en Crète, à Tobrouk (Lybie) et à Malte.

Mon navire, ou le NSM Glengyle, était l’un des rares convois qui avait finalement réussi à traverser avec la nourriture et les munitions pour l’armée de l’air et du ravitaillement et des médicaments pour les gens, les habitants de Malte, qui était dans le creux de la vague à ce moment-là et il y a une citation de Monsieur Churchill disant, qu’il pensait qu’il devrait abandonner Malte aux armées allemande et italienne. (Malte avait une importance stratégique pour les forces britanniques, qui utilisaient cette île comme base à partir de laquelle interrompre la circulation des ressources de l’ennemi en Afrique du Nord) Ce qui voulait dire que l’Afrique du Nord serait perdue. Le Général Rommel et ses divisions de Panzer en Afrique du Nord aurait alors réussi et la guerre elle-même aurait été perdue. Arriver dans le Grand Port à Valleta, V-A-L-L-E-T-A (Malte), et voir la désolation et la destruction que plus de 700 chasseurs bombardiers ennemis et avions de chasse avaient laissé dans leur sillage pendant les deux années précédentes, et penser qu’on est sortis de là avec seulement une bombe dans la proue, on est retournés à Alexandrie.

Par groupes de débarquement, en général un bataillon à la fois, quelquefois moins, ou moins nombreux, c’était des raids de nuit et (en novembre 1941) on nous avait prévus pour prêter assistance lors un raid (opération Flipper) sur le quartier général de Rommel (en Lybie), pour le capturer. Et cette nuit-là, on a découvert quand les troupes sont allées à terre, que Rommel était déjà reparti pour aller faire son rapport à Hitler et vous pourriez sans doute dire, que c’était une catastrophe compte tenu des efforts déployés mais quand même, c’était une expérience passionnante.

Et d’autres tout autant, je pense c’était le retrait des troupes de, les troupes néo-zélandaises de la Crète, qui était en train d’être bombardée par les troupes allemandes aéroportées pour la première fois de la guerre. Et elles n’ont jamais été utilisées après dans aucune campagne. Elles leur coûtaient trop cher (Les forces alliées avaient occupé la Crète depuis octobre 1940, procurant à la marine royale un accès important à des ports dont la position était stratégique. En avril 1941 Hitler ordonna l’invasion de la Crète, qui commença le 20 mai 1941. En dépit de très lourdes pertes dans le camp allemand, le 27 mai, les alliés se trouvèrent contraints de commencer à se retirer.)

Il était habituel qu’après avoir démontré votre compétence sur une certaine période, qu’on vous fasse graduellement passer à des vaisseaux plus grands. Et prendre le commandement et je pense que c’était peut-être le dernier épisode passionnant. Quand j’ai pris mon chaland de débarquement, je pense que mon équipage comprenait quelque chose comme vingt-six personnes si je me souviens bien, vingt-six hommes. On a pris du ravitaillement, des équipements, et des chars, et des munitions et on a débarqué à El Alamein (Égypte), on est descendus à terre pendant la nuit. Et on resté là une journée et demie, à faire monter à bord des hommes malades et des officiers de la (8ème) armée de Montgomery principalement, armée qui n’était pas très loin de nous sur la plage.

Et un moment excitant, je suppose, c’est quand mon capitaine, qui était un jeune officier de marine, a eu un peu trop – il trouvait peut-être que le stress et la pression c’était trop. Et j’ai dû le mettre aux fers et le remplacer par un jeune membre d’équipage. Puis on est partis et on est retournés à Alexandrie. C’était un voyage de deux jours à peu près. Après ça, les choses se sont calmées au Moyen-Orient et ça n’a pas pris longtemps avant que je rentre au Canada pour un congé de service à l’extérieur, après deux ans et demi.

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