Témoignages d'anciens combattants:
Allan Robert Peter “Al” Notman

Armée

  • Allan Notman à l'âge de 22 ans en Hollande, en janvier 1945, lorsqu'il était avec le régiment 17ème Duc de York des Hussards royaux canadiens (Régiment 7ème RECCE).

    Allan Notman
  • Allan Notman (premier rang à gauche) photographié avec ses camarades à Caen, France.

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  • Allan Notman (à droite) debout avec son camarade V.J. Sigley à Debert, Nouvelle Écosse, en 1940.

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  • Allan Notman photographié avec ses camarades qu'il appelle "Les vieux jusqu'au boutistes" à Brighton, Angleterre, en 1943.

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  • Article de journal concernant comment le père et le fils - R.S.M. Peter Notman et son fils Allan - ont tous les deux servi en outremers pendant la guerre. Ils sont photographiés ici lors d'une visite à Selkirk, Écosse.

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"« On a pris d’assaut la maison là-bas et les allemands se sont précipités à l’extérieur par la porte de derrière. Le café qu’ils buvaient était encore chaud quand on est entrés dans la maison. »"

Transcription

Mon père a fait la Première Guerre mondiale avec les Black Watch (le Royal Highland Regiment of Canada). Et j’ai des photos de lui dans cette unité. Et en 1939, il s’est engagé parce qu’il était dans la même chose, le NANP (Milice active non permanente). Il s’est engagé et est parti outre-mer. Il était sergent major régimentaire du Black Watch, 13ème bataillon. Alors quand il est parti outre-mer en 1939, il a quitté le Canada en 1939, il est parti là-bas en 1940 parce qu’ils ont fait un peu d’entraînement à Terre-Neuve. Alors moi je suis parti là-bas en 1941, j’ai pu voir mon père là-bas et j’étais caporal dans le 17ème Duke of York Royal Canadian Hussars. Alors on a habité ensemble ce qui je pense est assez exceptionnel, père et fils. J’étais le seul garçon, ma mère avait une fille et moi, alors c’est seulement nous deux les garçons qui étaient outre-mer. Alors ma mère était un peu toute seule.

Le 17ème Duke of York Royal Canadian Hussars est devenu le 7ème régiment de reconnaissance de la 3ème division d’infanterie canadienne. Ça voulait dire qu’on faisait une reconnaissance à l’avant de la 3ème division pour voir où les allemands se trouvaient et quand on les trouvait, ou qu’on les rencontrait, on attendait jusqu’à ce qu’on ait informé l’infanterie et les chars, et tout le reste des autres personnes, ils venaient et attaquaient les allemands.

La libération de la Hollande a sans doute été l’expérience la plus mémorable de tout mon service en Europe. Ça s’appelait la Bataille de l’Escaut. La bataille principale était dans l’estuaire qui était situé juste au dessus d’Anvers en Belgique. C’était un secteur que les allemands voulaient garder à tout prix parce que c’était la route directe pour le ravitaillement depuis le port d’Anvers directement à travers la Hollande pour les armées alliées en Europe du Nord. Les allemands dans l’estuaire de l’Escaut contrôlaient toute la navigation qui entrait dans ce port avec leurs gros canons ; et les alliés devaient leur prendre le secteur à tout prix.

On a travaillé très étroitement avec la résistance hollandaise et les White Brigade Forces (résistance) de Belgique. On était presque toujours avec de l’eau jusqu’aux genoux pendant des heures à cause des snipers allemands. On a libéré de nombreux villages pendant ce mois, voici certains noms : Waterland, Uitdam, Watervliet, Sint-Margriete, Maldegem. En fait, à Maldegem, notre colonel, Colonel Lewis, a été tué, et il est enterré dans le cimetière de Maldegem, allée D tombe n°23. D’autres villes ou villages : Sluis, Oostburg et Aardenburg.

Aardenburg m’a laissé un souvenir plein d’émotion parce que les neuf hommes de ma section ont été les premiers soldats à entrer dans la ville. On a pris d’assaut la maison là-bas et les allemands se sont précipités à l’extérieur par la porte de derrière. Le café qu’ils étaient en train de boire était encore chaud quand on est entrés dans la maison. Le quartier général de l’ennemi se trouvait dans la cave de la maison. Le maire nous a accueillis dignement une fois que les allemands ont été tous partis le lendemain.

Au cours d’une mission particulièrement dangereuse, notre officier, le Lieutenant Banks a appelé, Notman, tu prends la tête. Alors McKewan, le chauffeur, Bill Thompson, l’artilleur et moi-même on est remonté à la tête de la section et de la colonne. Et les autres voitures blindées et chenillettes ont suivies le long de cette route étroite, quelque part dans l’Escaut.

On a dépassé des hollandais qui poussaient leurs biens sur des charrettes, des brouettes, des bicyclettes et sur tout ce qu’ils pouvaient trouver, en essayant de sortir de cette zone où on était en train d’arriver parce qu’on se dirigeait vers le bastion des allemands. C’était une vision terrible de voir les mères porter leurs bébés et les personnes âgées avec un regard de pure horreur sur le visage, qui essayaient de s’enfuir de leur ville, qui n’était qu’à quelques kilomètres de là.

On a finalement atteint la ville. On a été sous les tirs pendant tout le temps et on avait à peine la possibilité de prendre un bain ou de changer nos vêtements. Si vous vous faisiez tremper, peu importe à quel moment dans la journée, vous deviez simplement porter votre uniforme et le laisser sécher sur vous.

Après que les allemands soient partis des îles, on s’est déplacés à Nimègue, où notre régiment avait la responsabilité d’assurer la sécurité de l’immense pont qui se trouvait là. On était stationnés dessous le pont côté ville et on a pris notre service, et fait feu avec les mitrailleuses sur tout ce qui bougeait en descendant le Rhin. C’était dans le but d’empêcher les hommes grenouilles d’apporter des explosifs pour les attacher au pont et le faire sauter.

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