Témoignages d'anciens combattants:
James Albert Newell

Armée

  • James Newell, photo prise lors de son séjour à l'hôpital de Peterborough en Angleterre, 1946.

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  • Certificat de décharge, avec énoncés de conduite exemplaire.

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  • James Newell sur la tombe du soldat inconnu à Ottawa, Ontario, en 2009.

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  • Livret de décharge du soldat.

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  • Montre de poche remise à James Newell en février 1944. " Un colonel Allemand me l'a donné quand il a été fait prisonnier dans la forêt du Reichwald. Il ne voulait pas que la police militaire la saisisse, il voulait la remettre à un soldat qui était encore au combat.

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"La transcription en français n’est pas disponible en ce moment. Veuillez consulter la transcription en anglais."

Transcription

Mon nom est James Newell et, pendant la guerre, j’ai servi dans deux unités. J’ai servi dans le Régiment royal des Fusiliers marins en Extrême-Orient, Centre de commandement de l’Asie du Sud-Est, et ensuite j’ai été transféré au Régiment du Black Watch de l’armée britannique, et j’ai servi au nord-ouest de l’Europe avec ce régiment.

Si je reviens au début, en 1940, j’avais 16 ans. Je vivais dans un village situé à 20 miles de Londres et, évidemment, nous étions bombardés par les Allemands. Ils lançaient des bombes incendiaires, et je me suis donc enrôlé dans la Défense civile, et je passais mes nuits à surveiller si des incendies se déclaraient.

Quand j’étais en Hollande, c’était le 14 février [1945], je crois, j’ai été blessé pour la première fois. Nous avons traversé une zone inondée à bord de ce qu’ils appelaient un Buffalo. Un Buffalo était un blindé converti qui pouvait transporter 25 ou 30 soldats. Il n’avait pas de toit, mais il pouvait aller sur la terre comme sur l’eau. Nous voyagions donc dans ces machines. J’ai sauté hors du Buffalo quand nous avons accosté de l’autre côté, et j’ai immédiatement été touché par des éclats d’obus. Rien de très sérieux, mais il y avait beaucoup de sang – ça semblait grave. J’ai reçu un éclat dans le visage, dans mes cheveux, dans mon bras droit et dans mon poignet gauche. J’ai été tout de suite transporté à l’hôpital.

J’étais, comme je le dis, ce n’était pas très sérieux, mais ça semblait grave. Après avoir été à l’hôpital pendant 7 jours, j’en ai eu assez et j’ai demandé au médecin si je pouvais rejoindre mon régiment, et il a accepté. Le jour même, j’étais de retour.

Pendant mon temps de convalescence, bien sûr, les attaques allemandes avaient été ralenties et arrêtées, et nous les repoussions en Allemagne, d’où ils venaient. De là, nous sommes retournés en Hollande et nous avons participé à une autre sale guerre. C’était dans la forêt du Reichswald. C’était, je pense, pendant le mois de mars [1945]. On avait l’impression de se battre toute la journée et d’avancer de 100 pieds. On avait l’impression de battre d’arbre en arbre. Encore une fois, nous avons perdu beaucoup, beaucoup de bons gars.

Après ça, après le Reichswald, nous sommes allés vers le Rhin et nous nous sommes préparés pour le traverser [l’OpérationPlunder]. Le 23 mars, dans les mêmes Buffalos, ces blindés, nous avons traversé le Rhin. C’était à 9 h le soir – je me souviens de l’heure de l’attaque du 23 mars. Nous sommes immédiatement passés à l’attaque. Nous étions censés attaquer et capturer un village. On nous avait dit qu’il n’y avait pas beaucoup de soldats allemands dans cette zone et la capturer serait assez facile. Eh bien, quelqu’un a fait une grosse erreur, parce que quand nous sommes passés par un champ, les troupes allemandes ont ouvert le feu. Nous avons appris plus tard qu’ils étaient la Première Armée parachutiste. Nous avons simplement été massacrés. J’ai immédiatement été touché par une balle à la cuisse gauche et je suis tombé. Heureusement – c’était de la pure chance –, je suis tombé dans une petite zone plus basse d’environ un pied, comme un petit fossé. Je pense que ça servait pour faire circuler l’eau.

De toute manière, je suis tombé là-dedans et j’ai réussi à utiliser une trousse de premiers soins sur ma cuisse, puis je me suis étendu. Je suis resté entendu là toute la nuit et, évidemment, les soldats de ma compagnie qui avaient survécu devaient retraiter en laissant les autres sur place. On m’a dit, plus tard, que de notre compagnie de cent hommes, soixante avaient été tués, vingt-cinq ont été blessés et quinze en sont sortis indemnes. Enfin, c’est ce que l’on m’a dit. Et je peux le croire, parce que, alors que j’étais étendu là-bas, je jetais un œil derrière moi de temps à autres, et je voyais des corps partout dans le champ. Nous, nous avons certainement perdu beaucoup d’hommes.

On se demande souvent; on voit toute cette mort autour de vous, et, chaque jour, quelqu’un qui avait été un ami ou un collègue le lundi est tué le mardi, et on voit sa dépouille là-bas. Mais je me suis fait beaucoup d’amis, de bons amis, et j’ai toujours été fier des hommes avec lesquels j’ai servi. Après la guerre, je suis allé en Europe après être sorti de l’hôpital. Je suis allé en Europe et j’ai visité un camp de concentration allemand, Belsen. Après avoir vu ce qui était arrivé là, ça fait réaliser que ça en valait la peine. Je pense que tout le monde devrait être obligé d’aller visiter des camps de concentration.

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