Témoignages d'anciens combattants:
Paul-Émile Lamouche

Armée

  • Paul Emile Lamouche (à gauche), Italie, mai 1944

    Paul-Émile Lamouche
  • Paul-Émile Lamouche "hebdomadairement" à l'hôpital, Angleterre, 1945.

    Paul-Émile Lamouche
  • Télégraphe à Ludger Lamouche, père de Paul Émile.
    Télégraphe de notification de libération de prisonnier de guerre.

    Paul-Émile Lamouche
  • Registre pour la récupération des prisonniers de guerre des Alliés, 1945

  • Carte de voeux, 1945-46. Carte de voeux de Noël et du Jour de l'An reçue après la guerre.

    Paul-Émile Lamouche
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Mais, là on a pris une branche, puis on a mis un essuie main blanche ou une guenille pour pas qu’ils tirent sur nous autres ... Là on entendait zing zing zing ils tiraient mais ils ne tiraient pas sur nous autres."

Transcription

Paul-Émile Lamouche, mais dans l’armée ils m’appelaient Joseph Paul-Émile Lamouche. Ils ont dit : Est-ce qu’on va en Italie ? Ca va pas prendre longtemps, une semaine, il a dit, préparez-vous, préparez votre artillerie, votre stand et votre carabine. Il a dit, on vous fera savoir quand on va venir vous chercher et tout et tout, et il est venu et on a embarqué sur une corvette, il l’appelle comme ça, un bateau, rapide, il y en avait à peu près dix de ces corvettes, 10 corvettes, et c’était vraiment bien le voyage sur l’océan jusqu’à Naples en Italie.

Et quand on est arrivé sur place, on était entouré de plein de petits bateaux et tout au cas où l’ennemi aurait attaqué ou quelque chose comme ça avec des petites mines dans l’océan. Mais ça n’est pas arrivé. Et quand on est arrivé en Italie, ah là là quelle pagaille ! On nous a dit de donner rien du tout, de garder la nourriture pour soi-même parce qu’on allait en avoir besoin. Et quand on est arrivé, il y avait une italienne avec un seau, elle s’est avancée vers nous, ils voulaient de la nourriture et tout. Et le gars a dit, c’est dur mais ne le faites pas parce que vous allez en avoir besoin vous-même parce que vous allez sur le front vous battre. Il a dit , vous savez, vous devez penser à vous, à personne d’autre. Pensez à vous, d’accord ? C’était dur !

Platoon 1, 2, 3 et on s’est retrouvé à l’intérieur tous ensemble, l’aumônier Chaplin, c’était le prêtre sur place, il nous a bénis et tout et tout, allez en paix et bonne chance, tous, et il a dit, ça va pas être long, vous allez commencer la bataille très bientôt ; et il a dit : Que Dieu vous bénisse tous ! On a commencé à se combattre et tout ça là, j’étais tout seul avec un monsieur, 22, je ne savais pas seulement son nom parce que je ne m’en rappelle plus, y’avait un Stand de mitraillette…merci le bon dieu qu’il y avait ça parce que ma carabine ne valait pas 5 cents.

C’était qu’on arrive, c’était un dimanche au matin, on était tout seul sur le champs de bataille. Il dit : Caline, comment ça se fait qu’on est tout seul, y’a personne d’autres. Tout d’un coup, c’était un dimanche au matin on entend un groupe qui s’en venait en chantant en allemand, ils chantaient en allemand, c’est qu’il y avait un chemin pas loin de là où qu’on était. On était 6 en ligne indienne puis il y avait le sergent qui était à côté avec leur carabine, c’était des tireurs francs, des « snippers » ils s’en allaient se placer pour nous tirer, anyway, ils n’ont pas eu la chance parce que quand ils avaient fini de chanter ils se sont approchés puis ils nous ont pas vu. Là, l’autre monsieur avec sa « stand » dit OK Lamoche, es-tu prêt là? Bien moi j’ai ma carabine mais je ne peux pas faire grand-chose, ils sont sept. Il dit, laisse faire je vais m’en occuper!

Puis quand ils étaient arrivés proches là, brrrrrrroup, ils étaient tous descendus! Y’en a un qui a essayé de se repousser, y, a monté la côte, mais là on l’a tiré pareil on a pas pris de chance parce que si on ne le fait pas…mais ce n’est pas moi qui a tiré par exemple. C’est l’autre monsieur avec sa mitraillette. Moi, ma carabine…je ne serais pas ici aujourd’hui si, je ne serais pas ici!

On a été voir les autres gars, il dit, on est prêt pour demain matin et on attendait le soir, c’est bien rare qu’on se battait dans la nuit. C’était plutôt le jour. Ça fait que le matin là, le soleil quand il sortait là, il dit ok les boys, let’s go! On a avancé, c’est ça, bien quand on est arrivé, le général Allard était dans une casa, dans une maison, ils appellent une casa en Italie, il était en haut puis il dit la ligne est clair. Nous autres on était tout installés là puis on avait des canons, des mitraillettes puis tous ça, puis c’était ça, puis je voyais un capitaine qui avançait trop proche puis il s’est fait tiré puis il est tombé là tête en l’air.

On avait une tank, une tank d’assaut, ils en avaient deux dedans puis le canon allemand a tiré puis il les avait attrapé. Les gars essayaient de sortir de ça. Il y en avait un qui était presque sorti puis il a retombé en bas dans la tank. On ne pouvait pas rien faire parce qu’on aurait été tiré dessus, on était juste là. Alors, il dit : restez là. Ne grouillez pas! Puis lui donnait l’ordre à l’artillerie de tirer, notre artillerie, deux cents verges, cent cinquante verges. Moi, j’étais en arrière caché dans un tas de … what do you call that? ….de la paille (hay), moi j’étais caché en arrière de ça. Chose m’a crié, le sergent major, il dit : Lamoche, vient-en à la cabane, ne reste pas là. Comme j’ai grouillai, un obus, notre obus a frappé la paille, j’aurais été tout en morceaux. J’ai merci beaucoup, Sam, mille fois, merci de m’avoir fait décollé de là!!

Après ça, on était en dedans, là le lieutenant Barry Pope, il était lieutenant, il avait 20 ans, moi j’en avais 19, il est arrivé, il dit : il a demandé au sergent major, il dit : j’ai besoin d’aide. Deux de mes gars sont tombés au combat, il dit : je veux aller les cherche! Mais là il dit, Lafranboise, Edward Laframboise puis Lamouche, voir ces monsieurs pour aller aider, il dit certainement, pas de problème, je l’ai donné ma carabine, l’autre a donné sa mitraillette, puis là on était avec le lieutenant Pope. Le lieutenant Pope, lui, il avait sa chars d’acier (??) la balle l’avait frappé, il l’a juste grafigné la tête, il dit : t’es chanceux! Il dit : oui, je le sais! Mais, là on a pris une branche, puis on a mis un essuie main blanche ou une guenille pour pas qu’ils tirent sur nous autres. Puis on a été chercher nos compères. Puis on a pris le chemin où on savait qu’ils avaient tombés. Là on entendait zing zing zing ils tiraient mais ils ne tiraient pas sur nous autres. Tu sais, ils voulaient nous avertir, les Allemands. Là, quand on est arrivé là, Collasse, le caporal Collasse était étendu à terre, avec une balle dans la cuisse. Puis l’autre, Simard, son nom est dans le livre anyway, Simard, était fini!

Follow us