Témoignages d'anciens combattants:
Edna Maude Pratt (née Bryanton)

Forces aériennes

  • Photo du caporal Edna Bryanton prise à Toronto en janvier 1942 à l'époque où elle servait dans l'Aviation Royale du Canada.

    Edna Pratt
  • Edna Pratt (deuxième à gauche) et ses collègues passés en revue par un officier de l'UNRRA, vers 1945-1946.

    Edna Pratt
  • Papiers d'identification d'Edna Bryanton à l'époque où elle servit comme officier d'état-major dans la zone d'occupation britannique de l'Allemagne comme membre de l'Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction (UNRRA). Août 1945.

    Edna Pratt
  • Photo d'environ 150 membres du personnel féminin (Aviation Royale du Canada) au sortir de leur formation au Old Havergal Girls College sur Church Street, Toronto. Octobre 1941.

    Edna Pratt
  • Edna Pratt à Olds, Alberta, le 29 juin 2010.

    Historica Canada
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Transcription

Au printemps 1939, le roi (George VI) et la reine (Elizabeth) ont par miracle effectué un voyage au Canada pour faire une tournée dans le pays, et nous n’avons compris que plus tard, qu’ils savaient que la guerre était imminente en Europe et c’était une manœuvre de propagande, dont personne n’a rien soupçonné à l’exception des gens hauts placés.

Je suis allée voir le roi et la reine à Edmonton, à Red Deer en Alberta. Et puis peu après, j’ai reçu un document. J’étais infirmière ; et j’ai reçu un document venant d’Ottawa, qui me posait différentes questions ; et si je servirais mon pays en cas de besoin urgent. Comme j’étais célibataire et complètement libre, j’ai rempli tout le questionnaire et renvoyé les informations qu’ils voulaient concernant la personnalité et les études, et tout le reste. Et je me suis portée volontaire, et j’ai répondu oui.

C’était en 1939. D’une manière typiquement administrative, c’était dépêchez-vous et attendez. Et on n’en a pas davantage entendu parler jusqu’en septembre 1941, quand j’ai reçu un télégramme venant d’Ottawa qui me demandait de me présenter à la base de recrutement RCAF à Calgary en Alberta, pour un entretien.

Je ne savais pas du tout de quoi il s’agissait, mais je me suis présentée et j’ai découvert qu’ils étaient en train de former la division féminine de l’armée de l’air canadienne. Été 1939, 1940, quand l’idée est apparue qu’ils allaient avoir besoin des femmes dans les forces armées, de femmes canadiennes dans les forces armées, les différentes groupes de dames, groupes dans l’église, la presse et les médias ont repris tout ça et ont commencé à dire : Oh non, vous ne pouvez pas faire ça, les femmes ne font pas ci et les femmes ne font pas ça ; et pourquoi voudriez-vous mettre les femmes en uniforme pour suivre l’exemple des hommes ? En tout cas, pour finir, il a été décidé à Ottawa que oui, le Canada aurait des femmes dans les forces armées et l’armée de l’air était la plus récente des forces armées, mais la première à recruter des femmes. Et notre devise était : « On sert, pour que les hommes puissent voler. »

Et alors ils ont commencé à contrecarrer la machine de propagande. Les cent cinquante premières femmes qui furent choisies à travers le Canada furent choisies selon une formule de représentation par la population. Et elles avaient un train spécial qui est parti de Colombie-Britannique et ils recrutaient les, allaient chercher les filles qu’ils avaient recrutées en Colombie-Britannique, Alberta, d’un bout à l’autre du Canada. On l’appelait le train magique, et les jeunes filles qu’ils avaient appelées sous les drapeaux avec ces télégrammes se sont révélées être les filles de tous les gens connus dans chaque province.

Alors qu’on progressait dans la traversée du Canada, à chaque station où on s’arrêtait pour faire monter les jeunes recrues, il y avait la presse et les flashs qui crépitaient, et tout le reste. Et ainsi de suite à travers tout le Canada. On est arrivés à Toronto sous une pluie battante et on nous a fait sortir des wagons, et nous aligner ou avancer tant bien que mal et fait monter dans des autocars, pour être conduites à notre soi-disant camp d’entraînement pour nouvelles recrues.

À la mi-décembre, on nous a remis nos galons de Caporal, aux 150 d’entre nous toutes en uniformes à Toronto se déversant dans les rues. On saluait les caporaux et tous les autres gradés, et on a même salué le portier de l’hôtel Royal York. On ne connaissait pas la différence.

On nous a très vite réparties par, pas vraiment en fonction de nos résultats à la formation, mais en fonction de qui connaissait qui et qui était qui. Donc on s’est retrouvées 50 officiers, 50 sergents et 50 caporaux. Et alors on a commencé par là dans les différents postes où on nous avait affectées comme officiers de recrutement, médecins, officiers du personnel administratif et officiers d’entraînement aux exercices, ou sous-officiers. Maintenant, moi je suis partie avec le premier groupe de femmes de l’armée de l’air à être envoyées sur une base, une base active de l’armée de l’air au Canada. J’étais à Summerside (base RCAF) sur l’île du Prince Edward.

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