Témoignages d'anciens combattants:
Jacques Louis Tremblay

Armée

  • Jacques Louis Tremblay, 2010

    Historica Canada
  • La Médaille canadienne du volontaire (à gauche) et la Médaille de guerre (1939-45).

    Jacques Louis Tremblay
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"J’admets que ça a été l’inspiration de mon père (le lieutenant-colonel Thomas-Louis Tremblay) qui avait fait la première Grande Guerre. Il avait commandé le 22e (bataillon canadien-français)."

Transcription

J’étais dans la réserve générale pendant la guerre. Je n’ai pas été immédiatement dans le [Royal] 22e Régiment. J’ai porté les badges du 22e mais je n’étais pas réellement dans le 22e. Quand j’ai rejoint l’armée canadienne en 1945, ils m’ont envoyé immédiatement suivre des cours pour devenir officier. Je suis devenu lieutenant, ça a été mon dernier grade. J’admets que ça a été l’inspiration de mon père (le lieutenant-colonel Thomas-Louis Tremblay) qui avait fait la première Grande Guerre. Il avait commandé le 22e (bataillon canadien-français). Ça a été une guerre très dure. Pour le 22e ça a été une guerre de tranchées à Courcelette et à Vimy et ces endroits-là. Après avoir traversé, il a fallu que je rejoigne un régiment de la réserve, le Régiment de Joliette. Arrivés en Angleterre ils ont tout démantelé ces unités-là, comme le Régiment de Joliette et les Fusiliers du St-Laurent. Les unités qui étaient de la réserve, les « zombies » comme ils les appelaient [les conscrits de la Loi sur la mobilisation des ressources nationales]. Ce n’était pas très facile à accepter comme nom, mais on était des « zombies ». J’ai traversé au début de 1945 après avoir passé un séjour à Debert en Nouvelle-Écosse. C’est là que j’ai été stationné beaucoup, pendant un bon bout de temps. À Valcartier un peu. Le reste du temps ça a été des cours. J’ai été à Kingston, j’ai été jusqu’à Vancouver suivre un cours spécial de camouflage. Je considérais ça comme une partie de plaisir, car l’entraînement qu’on a eu réellement c’était en Angleterre. Ma première expérience réelle avec la guerre, ça a été avec les [fusées allemandes] V2. Si les Allemands avaient eu ces V2 là au début de la guerre, oh ! Ça aurait été dur, surtout pour les Anglais. Je prenais souvent des fins de semaines à Londres. Il y a quelques V2 qui sont tombés pendant que j’étais là. Ça explosait fort, ça. Je me rappel Hyde Park Corner, un V2 était tombé et ça avait fait un très gros trou. Toutes les fenêtres des bâtiments adjacents étaient toutes brisées. On a eu un bon entraînement, très réaliste avec des tanks [chars d’assaut] et des mitrailleuses. J’étais dans l’infanterie à ce moment-là. C’était le dernier entraînement avant d’aller au front. Je n’y suis jamais allé au front parce que la guerre s’est terminée. À cause du temps que j’avais passé dans l’armée, j’avais droit à un mois payé par le gouvernement pour mes études. Avec ces deux années-là, j’ai réussi à faire mes trois ans d’études à [l’Université] Queen’s. Nécessairement, on pense à ceux qui se sont sacrifiés. Comme j’avais lu beaucoup sur l’histoire du 22e (Royal 22e Régiment) pendant les deux guerres mondiales, je pensais à eux. J’admets que ça m’impressionnait beaucoup. Le fait d’avoir appartenu pendant une dizaine d’années au mess du 22e de la Citadelle (de Québec), ce sont des beaux souvenirs.
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