Témoignages d'anciens combattants:
Frederick Randolph “Fred” Carter

Forces aériennes

  • Avro Ansons sur la piste d'aviation de l'école de bombardement et d'artillerie No. 10, Mount Pleasant, Ile du Prince Édouard, vers 1944-45.

    Fred Carter
  • Fred Carter (à droite) et un camarade en route pour la Grande-Bretagne à bord du navire Ile de France, 1945.

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  • Fred Carter (à droite) et un camarade de la Force Royale Aéroenne à Vancouver, Colombie Britannique, 1945.

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  • L'équipage du Liberator B-24 de Fred Carter posant près de leur bombardier, à la station RCAF Boudary Bay, Colombie Britannique, printemps 1945. M. Carter est le second à gauche au premier rang.

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  • État de rétablissement de crédit pour Fred Carter, attribué par le département des anciens combattants de Terre-Neuve, le 30 avril 1949. M. Carter a ainsi pu acheter un nouveau four avec cette bourse.

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"Notre puissance était partie et le chef a rappelé et a dit, il ne savait pas où on était et il y avait du brouillard cette nuit-là. Et il a dit, il a pensé qu’on allait devoir faire un amerrissage forcé dans le Pacifique"

Transcription

J’ai essayé de m’engager dans l’armée de l’air canadienne quand j’avais 17 ans, le jour de mon anniversaire. Je suis descendu, ils avaient un bureau de recrutement sur Kenna Hill à St John. Et ils ne voulaient pas en entendre parler. Ils ont simplement dit, non, revenez quand vous aurez 18 ans. Alors j’ai attendu quelques mois et puis j’ai décidé de tenter ma chance avec la Royal Air Force. Et ils n’ont pas du tout remis mon âge en question. Je n’ai pas menti sur mon âge ; je leur ai dit exactement ce qu’il en était. Vous deviez quand même avoir 18 ans je suppose pour rejoindre la RAF mais ils n’ont pas fait toute une histoire et ils ont continué le processus. Et puis je me suis détendu et j’ai attendu qu’un contingent soit réuni, d-r-a-f-t, je veux dire, pour aller dans la base RAF de Moncton dans le Nouveau-Brunswick. C’est là que j’ai suivi l’instruction des recrues.

Juste là à Moncton, ce qu’ils faisaient c’était, ils vous faisaient passer un test de QI ou un test d’aptitude et à partir de là, ils décidaient si vous étiez un bon pour faire partie d’un équipage ou si c’était mieux de vous garder dans le personnel au sol. Alors des neufs qui faisaient partie du même contingent, deux d’entre nous ont été choisis pour être membres d’équipage. Alors mon copain, Noel Howard, il est devenu mitrailleur de bord et moi j’ai choisi radiotélégraphiste mitrailleur. Il fallait que vous soyez très bon en morse. Il n’y avait rien du tout du genre contact audio avec la base à l’époque. C’était seulement fait en morse, donc par télégraphe. Alors quand vous étiez en vol, pendant l’entraînement, là-bas sur la côte ouest, à Boundary Bay en Colombie-Britannique particulièrement, vous deviez établir le contact avec différentes stations le long de la côte, sur le Pacifique. Et ils relevaient la position de votre avion donc après vous pouviez déterminer l’endroit où vous étiez. Alors vous donniez les coordonnées au navigateur et il faisait tous les calculs.

On l’a échappé belle deux fois ce que j’ai trouvé en quelque sorte, vous savez, moment critique. Comme la fois où on s’est retrouvé perdu là-bas dans les Prairies, parce qu’après avoir décollé de la base, le brouillard avait avancé, croyez-le ou non et puis il a fallu qu’on descende à travers ce brouillard, pour pouvoir trouver l’endroit où on se trouvait. Parce qu’il n’y avait pas de radar ou quoi que ce soit de ce genre à l’époque dans l’avion, hein. Et on a débouché dans une ferme et on a loupé de peu une ligne haute tension. Juste en face de nous il y avait une voie ferrée et il y avait un train de passagers qui passait, qui allait dans la même direction que nous. Ils faisaient sans doute du 110 (km heure). Nous ne faisions pas beaucoup plus que ça, parce que les avions étaient lents à l’époque. Des avions Harvard ; c’était des monoplans, à deux places.

Mais la fois la plus sérieuse ça a été, on était au large au dessus du Pacifique à faire des exercices d’entraînement de bombardement nocturne et notre générateur à bord a grillé. Donc on n’avait plus de contact avec aucune des bases. Notre puissance était partie et le chef a rappelé et a dit, il ne savait pas où on était et il y avait du brouillard cette nuit-là. Et il a dit, il a pensé qu’on allait devoir faire un amerrissage forcé dans le Pacifique, hein. Alors il est descendu tout droit, j’arrive encore à voir les ailes de l’avion aujourd’hui, qui faisaient des vagues sur l’océan, on volait tellement bas. Et il s’est juste servi de sa tête je suppose et après, je ne sais pas, on était tous prêts à amerrir et à sauter dans les canot de sauvetage et peu importe, et il a rappelé et a dit, je sais où on est maintenant. Il a dit, j’ai juste volé dans une seule direction, et il pensait que c’était la bonne direction et heureusement, il avait raison. Et vous savez, il nous avait même dit avant qu’on était presque à court d’essence ou de fuel. Et il pensait qu’on allait devoir faire un amerrissage forcé dans le Pacifique.

Mais ensuite il a dit, je peux voir Victoria dans le lointain, les lumières de Victoria. Ça m’épate toujours parce qu’ici à Terre-Neuve, on avait le blackout pendant la guerre. Vous n’aviez pas le droit d’avoir la moindre lumière qui pouvait se voir à travers les fenêtres ou les portes ou quoi que ce soit d’autre. Mais là-bas, il a vu les lumières de Victoria et c’était pendant la guerre. Et c’est comme ça qu’il est rentré à Boundary Bay.

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