Témoignages d'anciens combattants:
Fred William Cash

Forces aériennes

  • Équipage du Lancaster de F/O Fred Cash, escadron No. 434 (Bluenose), Croft, Angleterre, novembre 1944. Équipage de gauche à droite: F/Sgt. G. Dickie, artilleur milieu supérieur; F/O Fred Cash, pilote; F/O L. Summers, régleur de bombe; F/Sgt. R. Chidley, artilleur arrière; Sgt. C. Skilbeck (RAF), Ingénieur de vol; F/Sgt. H. Nodelman, opérateur télégraphiste; F/O G.E. Jones, navigateur.

    Fred Wm. Cash
  • Des membres de l'équipage du Lancaster de F/O Fred Cash, de l'escadron No. 434 (Bluenose), Croft, Angleterre, novembre 1944. L'équipage de gauche à droite: F/O G.E. Jones, navigateur; Sgt. C. Skilbeck (RAF), ingénieur de vol; F/Sgt. R. Chidley, artilleur arrière; F/O Fred Cash, pilote; F/Sgt. Gordon Dickie, artilleur milieu supérieur.
    Le chef de l'équipage au sol est sur les ailes, retirant la glace de la surface supérieure et
    sur le bord.

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  • Journal de vol de la Force Royale Canadienne de l'Air du pilote F/O Fred Cash. L'entrée en haut de la page montre la sortie de l'équipage du Lancaster de F/O Cash, de l'escadron No. 434 (Bluenose) contre
    Wangerooge, Allemagne, le 25 avril 1945.

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  • Carte de F/O Fred Cash pour les opérations de bombardement contre Wangerooge, Allemagne, le 25 avril 1945. Cette carte a été utilisée comme une référence, notamment pour vérifier la trajectoire et revoir les indications de la cible, pendant le vol.

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"« Alors on n’a rien pu faire d’autre que de les regarder tomber dans la mer. Et ça a été une expérience horrible, horrible, horrible pour nous tous. »"

Transcription

J’ai commencé par voler sur des Lancaster. Et une fois que j’ai eu fini l’entraînement sur les Lancaster, je suis parti dans un escadron dans le Yorkshire, à un endroit appelé Croft. Et c’était le 434ème escadron où j’ai, dans lequel j’ai fait tout mon temps jusqu’à la fin de la guerre.

L’escadron lui-même était dans le Groupe n°6, qui était le canadien, le Groupe n°6 de la RCAF par opposition aux bases de la RAF. Et c’était vraiment rudimentaire parce que ça avait été construit plutôt vite fait, à la hâte. Et sa seule qualité c’était d’avoir une très bonne piste très longue ; je crois qu’elle faisait plus de dix-huit cents mètres. Mais là-bas, les conditions étaient plutôt primitives mais on s’en est tous contentés ; c’était dans la norme là-bas en Angleterre pendant la guerre. Mais la clé là-bas c’était que le moral des troupes n’était pas bon au moment où je suis arrivé là-bas parce qu’ils avaient eu de très, très lourdes pertes. Mon escadron c’était à plein une vingtaine d’avions et une vingtaine d’équipages – normalement. Bon, ce qui s’est passé c’était, ça se réduisait à peut-être, quinze à douze.

Quoiqu’il en soit, les gens avec qui je volais, j’avais rejoint un équipage avant d’arriver dans cet escadron et c’était tous des canadiens à l’exception d’un seul. Le mécanicien de bord appartenait à la RAF et c’était un très jeune homme et il avait seulement six heures d’entraînement. Alors il ne s’est pas révélé être très utile en ce qui me concerne, bien qu’il se soit très bien débrouillé pour répondre à tout ce que je lui demandais de faire. Mais les autres membres de l’équipage étaient vraiment des canadiens très bien et ils étaient super efficaces, très motivés et vraiment très courageux. En tout cas, on avait un, un équipage bien soudé et on s’entendait bien et je pense que ça a contribué en partie au fait qu’on a survécu.

C’était la dernière opération de l’escadron pendant la guerre. C’était le 25 avril 1945. Et c’était un vol jusqu’à un endroit qui s’appelait Wangerooge, qui se trouvait dans les îles Frisonnes et c’était les batteries côtières de l’archipel Frison. Ils surveillaient les approches sur Brême et Wilhelmshaven (Allemagne), alors les forces alliées voulaient à tout prix essayer de réduire cette batterie côtière à néant pour pouvoir avoir un, vous savez, accès à ces ports.

Et alors c’était à la lumière du jour qu’on a fait ce voyage et je crois qu’il y avait dans les 450 avions. On est partis le matin je crois et le vol jusqu’à l’île a pris à peu près trois heures je crois ; deux heures et demies à trois heures, et le problème c’était que, on volait comme un troupeau désordonné. Et il y avait beaucoup de turbulences dans l’air parce que vous étiez derrière un autre bombardier en général et il y avait ça tanguait beaucoup, vous savez. Il y avait un sacré paquet d’avions dans les parages. Et le 434ème escadron partageait le terrain d’aviation avec le 431ème escadron, qui était notre escadron frère. Alors on était à peu près ensemble, le 431ème groupe et le 434ème groupe dans le troupeau. Et deux des Lancaster juste devant moi, qui appartenaient au 431ème escadron se sont rentrés dedans. Et ils ont tour à tour disparu des cieux et l’un d’eux avait son aile arrachée et ainsi de suite et il a pris la direction de la mer du Nord, à l’évidence, et puis en route ils se sont pris deux autres avions parce qu’on était tellement nombreux là bas, donc il y en a quatre qui sont tombés dans la mer, dans la mer du Nord. Et on ne pouvait pas rompre le silence radio à ce moment-là pour signaler où ces gens étaient tombés parce que ça aurait compromis ou eu un effet préjudiciable sur toute l’opération pour tout le monde. Alors on ne pouvait rien faire d’autre que de les regarder tomber dans la mer. Et ça a été une expérience horrible, horrible, horrible, pour nous tous. Quoiqu’il en soit, ça s’est terminé ce jour-là par un total de six avions perdus par collision accidentelle. Et un seulement descendu par les tirs antiaériens. Mais c’était juste tellement triste la vue des parachutes et dans certains cas, juste les corps qui tombaient de l’avion.

Quoiqu’il en soit, l’opération a été relativement réussie. Une partie des batteries a été éliminée par les bombardements. On a continué et on a bombardé la, la cible et on s’est pris plein de tirs antiaériens mais rien de la part des chasseurs bien qu’il ait été rapporté que, un des avions allemands qui venaient juste de sortir, un Me 262 (Messerschmitt) ça s’appelait, c’était un chasseur à réaction – le premier au monde, à ce qu’on dit – et il était là-haut ce jour-là d’après eux. Dieu merci je ne l’ai pas vu ; ni mes collègues de l’escadron non plus. En tout cas, ceci a été une bien triste issue à la guerre pour, vous savez, pour nous tous pratiquement.

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