Témoignages d'anciens combattants:
Eileen Cole

Marine

  • Eileen Cole, le 12 juillet 2010.

    Historica Canada
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"je me suis plutôt ennuyé. Et j’ai j’en ai eu l’occasion, une proposition pour aller au NCSM Cornwallis dans la vallée d’Annapolis en Nouvelle Écosse, et c’était accompagné de huit semaines de cours de cuisine, j’ai saisi l’occasion."

Transcription

Quand j’avais 17 ans, un de mes frères s’est engagé dans l’armée et il me manquait, parce que nous étions, lui et moi nous étions partis en Gaspésie (Québec) quand j’avais cinq ans et lui sept. Ce sont mes grands-parents qui nous ont élevés. Et quand il est parti, je me suis sentie perdue. Alors je suis allée pour m’engager à l’âge de 17 ans ; l’armée a dit, revenez l’année prochaine quand vous aurez votre acte de naissance. Alors je n’ai plus essayé mais avant que j’aie mes 18 ans, mon frère aîné, David, était dans la marine et il était sur le NCSM St Croix. Son bateau a été torpillé au large de Terre-Neuve. Les allemands sont arrivés avec des sous-marins et le St Croix sur lequel il se trouvait, des 140 et quelques hommes, un seul a survécu. Il s’appelait Fisher mais là n’est pas la question. Et par respect pour mon frère, je me suis alors engagée dans les Wrens (Service féminin de la marine canadienne) quand j’ai eu 18 ans. Je me suis engagée à Montréal au NCSM Donnacona en octobre 1943. C’est là que j’ai eu 18 ans. Et on m’a envoyée à Galt en Ontario pour faire mes classes pendant un mois. Et de là, ils m’ont envoyée à Preston en Ontario, une petite ville près de Galt, un vieil hôtel. Mais à Galt, ça s’appelait le NCSM Conestoga. Dans ce vieil hôtel à Preston, j’ai reçu très peu d’instruction. J’avais suivi mes études jusqu’à la fin de la septième année (5ème en France) ; et c’était tout. Pour aller plus loin, il aurait fallu que mes grands-parents achètent des livres et tout ça. Alors je n’avais pas beaucoup d’instruction. Ce qui fait que j’ai eu le choix entre être agent de bord ou d’y aller comme cuisinière. Bon, je savais un peu cuisiner alors j’ai décidé de partir comme commis de cuisine. Et pendant onze mois, je suis restée là-bas à Preston ; je me suis plutôt ennuyé. Et j’ai j’en ai eu l’occasion, une proposition pour aller au NCSM Cornwallis dans la vallée d’Annapolis en Nouvelle Écosse, et c’était accompagné de huit semaines de cours de cuisine, j’ai saisi l’occasion. Donc je suis partie à Cornwallis et après onze mois, et bien, on était à ce moment-là en 1944, et j’ai suivi les cours et j’ai réussi et après les huit semaines je suis restée à Cornwallis jusqu’à ce que la guerre se termine, c’est à dire en 1945. En tant que cuisinière, tous les trois jours, j’étais debout à 5 heures du matin ; on préparait le petit-déjeuner ce matin-là. Et on cuisinait, la cuisine dans laquelle j’étais, la cuisine des Wrens, on servait les Wrens et les marins – il n’y avait pas de civils là-bas, bon, pas que je sache, parce que même ceux qui travaillaient dans les cuisines venaient tous de la base, vous savez. Et on préparait le petit-déjeuner et on préparait le dîner, bon, no appelle ça le déjeuner aujourd’hui mais c’était le dîner. Et puis à une heure, on avait terminé, on avait terminé notre journée. Il y avait une deuxième équipe qui arrivait à 11 heures, de cuisiniers, et ils nettoyaient après le dîner. Ceux qui préparaient le petit-déjeuner devaient s’occuper du nettoyage après le petit-déjeuner. Mais l’équipe qui arrivait à 11 heures ; s’occupait du nettoyage après le déjeuner on dira et ils s’occupaient de préparer le souper. Et puis le troisième jour, celle-là venait seulement pour faire du nettoyage en plus, vous savez, alors c’était le, ça vous donne une idée approximative de trois jours de la vie d’un cuisinier. Pendant tout le temps que j’ai passé à Cornwallis on avait l’habitude d’aller, j’avais de amis et d’autres Wrens, on allait à Halifax un long weekend par mois. Et le jour de la Victoire en Europe, les émeutes, je n’y suis pas allée ce weekend-là. Et la semaine suivante j’y suis allée et j’avais des amis à Halifax, on avait l’habitude d’aller dans les clubs de l’armée, vous savez, pour les femmes et les hommes, YMCA et YWCA, là où le YM c’était les hommes et le YW c’était les femmes. Et ces amis à moi ont pris des photos du jour de la Victoire en Europe. Ils ont essayé de mettre les marins, les soldats et les aviateurs – ils avaient les trois forces – de les mettre en prison pour tout le pillage des magasins. Bon, j’avais des photos prises par mes amis qui montraient des civils sortant des magasins, des magasins de bijoux, des épiceries, magasins de vêtements. Tout ce que les gens de la marine de l’armée et de la force aérienne ont fait c’était de s’attaquer aux magasins de bière. Et vous savez pourquoi il leur a fallu manifester ? De Montréal à Vancouver, à travers tout le Canada, le jour de la Victoire en Europe, les boissons alcoolisées étaient gratuites pour tous ceux qui portaient l’uniforme, hommes et femmes. Ils célébraient; la grande guerre était terminée. Halifax a tout fermé. Les clubs, les bars, même la société des alcools et là où ils vendaient de la bière, alors les trois services se sont mis ensemble, les soldats, les marins et les aviateurs et ils sont entrés par effraction là où on vendait de la bière et ils ont transporté des caisses pleines là-haut à Citadel Hill. Et bravo les gars, ils ont fait la fête.
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