Témoignages d'anciens combattants:
Gordon Alexander Mooney

Armée

  • Gordon Mooney, en entraînement à la base de Shilo, Manitoba, 1942.

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  • Énoncé de gratuité de service de guerre, daté de 1946.

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  • Le retour des soldats du régiment des Royal Winnipeg Rifles à Winnipeg après la guerre.

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  • Gordon Mooney, 1942.

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"Les immeubles étaient détruits au point d’être devenus méconnaissables. Quelque soit l’endroit où vous alliez, vous escaladiez de la pierre et du mortier."

Transcription

Les immeubles étaient détruits au point d’être devenus méconnaissables. Quelque soit l’endroit où vous alliez, vous escaladiez de la pierre et du mortier. Et il fallait toujours faire attention parce c’était là que les allemands se cachaient, dans les sous-sols et tout ça. Et vous deviez faire attention là où vous étiez. Bon, on se déplaçait tellement vite, vous n’aviez pas le temps de réaliser où vous étiez ou l’endroit où vous alliez, parce qu’on venait de descendre du bateau à Ostende (Belgique), et l’instant d’après, on est dans des camions et on est partis. Où on allait, vous ne savez pas. On s’est retrouvés sur la route du front. De là, on nous a juste bougé dans les parages, partout où on vous appelait, vous y alliez. Et c’est là que je me suis retrouvé avec le Winnipeg Rifles. Parce qu’on était tellement nombreux à aller dans chaque unité ; certains sont allés avec le Regina Rifles et d’autres unités qui manquaient de personnel. Je suis arrivé là-bas juste avant qu’elle se termine (la guerre). Alors j’ai décidé de rester pour l’occupation, évidemment. Ils étaient contents que ce soit terminé. Parce que j’ai rencontré des gars et nos véhicules n’avaient pas de phares. Tout ce qu’ils avaient c’était des petits points (feux masqués à cause du blackout). Et ce gars-là il vient et il dit, vous devriez réparer ça, il dit, alors il dit, vous venez de bonne heure demain, il dit, et je le ferai. Alors je suis monté là-haut, j’ai roulé jusque là-bas, et il avait une espèce de garage, il l’a fait entrer là, a installé de nouveaux phares et tout, pas de problème du tout. Après que j’aie fait tout ça, toutes les unités ont petit à petit découvert cet endroit elles aussi et il a commencé à installer des phares et tout. Et il faisait tout ça contre des cigarettes tout simplement. Beaucoup de cigarettes. Je crois que mon préféré c’était la Hollande. La Hollande et les gens là-bas sont merveilleux. Remarquez, je n’y suis jamais retourné après la guerre, mais c’est un pays formidable. Ils pensent beaucoup de bien des canadiens. Et résultat, on a vraiment pu apprendre à les connaître. En ce qui concerne l’Allemagne, j’étais là-bas quand on a capturé le général allemand Kurt Meyer (condamné pour crimes de guerre à l’encontre de prisonniers canadiens). Bon, on devait aller à Bremerhaven, à l’aéroport et on l’a arrêté là-bas parce qu’il avait été ramené d’Angleterre (où on l’avait amené pour l’interroger). Et on l’a ramené à Aurich (Allemagne, où un tribunal militaire canadien était réuni). Et c’était un drôle de bonhomme. On avait un sergent du même nom. Son truc c’est qu’il voulait rencontrer le sergent qui portait le même nom que lui. Et il est allé le voir, notre sergent lui a dit, s’il ne tenait qu’à moi, il dit, j’appuierai sur la détente immédiatement. Ce sont les choses dont vous vous souvenez qui vous reviennent. Alors c’est, mais pendant le temps qu’on a passé là-bas, et il a eu son procès et tout là-bas à Aurich (10 au 18 décembre 1945), après ça, il a été réexpédié au Canada. Et on l’a gardé au Canada (au pénitencier de Dorchester au Nouveau-Brunswick) et ils ont amené sa femme et sa famille. Et ils habitaient dans un motel du centre ville ou un hôtel et ils ont mené la belle vie pendant qu’on le maintenait en prison (malgré une sentence d’emprisonnement à vie, en appel sa peine avait été commuée à un emprisonnement à vie ; il a passé cinq ans au Canada avant d’être transféré dans une prison militaire britannique, et a été relâché en 1954). Alors ils l’ont finalement renvoyé en Allemagne, où il est décédé (en 1961).
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