Témoignages d'anciens combattants:
Albert Gerald Culver

Armée

  • Gerry Culver en 1942 au Officer Training Centre de Gordon Head, près de Victoria. Il devait être envoyé à la Compagnie d’instruction des officiers de Brockville, mais on a découvert l’erreur à sa dernière semaine d’entraînement.

  • L’officier Culver à Londres, en Angleterre, à l’automne 1945.

  • À la mémoire de Diane, l’épouse disparue de Gerry Culver, ici photographiée dans son uniforme du Corps de la Croix-Rouge canadienne en 1945

  • Poème rendant hommage aux marins de la marine marchande, qui n’ont obtenu que récemment le statut d’anciens combattants. Diana Culver servait sur un navire-hôpital qui faisant souvent la navette entre Londres et Halifax.

  • États de service d’un officier. Cette page montre l’ascension de Gerry Culver au sein des Forces canadiennes, de simple soldat en 1942 au rang de major en 1946.

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"Il y avait 500 soldats dans le cinéma quand une bombe V2 l’a entièrement rasé. Ce fut l’une des plus grosses pertes d’hommes de toute la guerre."

Transcription

Je m’appelle Gerald Culver. Je me suis enrôlé dans l’artillerie de réserve en 1941, à Vancouver. Puis mon commandant m’a envoyé voir le capitaine Wight, du Corps royal canadien des magasins militaires, parce que j’avais suivi une formation en approvisionnements. Je suis devenu soldat dans ce corps en 1942 pour ensuite être nommé caporal suppléant et élève-sergent suppléant. J’ai entrepris mon entraînement d’officier à Gordon Head en septembre 1942, pour découvrir au bout de huit semaines qu’on aurait dû m’envoyer à Brockville, où j’ai finalement passé quatre autres semaines. Et ce qu’il y avait d’intéressant, c’est qu’on privilégiait à Gordon Head la force mentale – beaucoup de pression, beaucoup de cours et ainsi de suite –, alors qu’on mettait l’accent à Brockville sur l’entraînement physique. Les cours s’y déroulaient surtout sur le terrain et toujours dans la neige, puisque nous étions en hiver. Nous faisions vraiment l’expérience du combat. Puis je suis revenu au Corps des magasins militaires pour suivre un entraînement à Barryfield, d’où je suis sorti lieutenant pour être réaffecté au Commandement du Pacifique à Vancouver. Eh bien, en 1944, je travaillais au quartier général installé dans le vieil hôtel Vancouver quand j’ai pu me porter volontaire dans l’Armée britannique. On a retenu ma candidature parmi beaucoup d’autres et nous sommes retournés en Angleterre en juillet 1944, où nous avons suivi un autre entraînement à Leicester. J’ai été affecté à la compagnie des véhicules, puis envoyé outre-Manche. C’est ainsi qu’en novembre 1994, je suis arrivé à Anvers, en Belgique, comme officier de renfort du Transit Vehicle Park 165, et j’y suis resté jusqu’en octobre 1945 pour être réintégré à l’Armée canadienne. Le problème avec Anvers, c’est qu’après avoir été expulsés de Normandie, les Allemands ne pouvaient plus atteindre Londres avec leurs bombes V1 et V2. Si bien qu’ils en ont lâché environ 6 000 sur Anvers. L’un de mes souvenirs les plus vifs s’est produit le 16 décembre 1944. Les Alliés avaient alors plusieurs quartiers généraux ou unités administratives à Anvers. Et la ville leur servait aussi de centre récréatif, quand les troupes avaient du temps libre. Et ce samedi 16 décembre, Anvers débordait de soldats car le cinéma était gratuit pour eux. Il y avait 500 soldats dans le cinéma quand une bombe V2 l’a entièrement rasé. Ce fut l’une des plus grosses pertes d’hommes de toute la guerre, 500 soldats massacrés d’un seul coup. Je me trouvais moi aussi à Anvers et j’ai eu beaucoup de chance. J’ai aimé servir dans l’Armée britannique et je m’y suis fait de bons amis avec lesquels je corresponds encore après tout ce temps. J’ai eu la chance de travailler avec des types vaillants et chaleureux qui m’ont laissé un souvenir impérissable.
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