Témoignages d'anciens combattants:
Joseph Arthur “Art” Boudreau

Armée

  • Photo de J. Arthur Boudreau en 1940.

    J Arthur Boudreau
  • Photo prise à la caserne de Leipsig en mai 1940.

    J Arthur Boudreau
  • Photo de Arthur Boudreau avec la troupe D de la Batterie de Campagne de la RCA en janvier 1940.

    Courtesy of J Arthur Boudreau
  • Photo de J. Arthur Boudreau à Florence en Italie en septembre 1944.

    Courtesy of J Arthur Boudreau
  • Photo prise le 7ème jour de permission à Kettering en Angleterre en septembre 1941.

    J Arthur Boudreau
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Écoutez ce témoignage

"j’arrivais à entendre l’officier du poste de commandement hurler : pourquoi le canon numéro un ne tire-t-il pas, pourquoi le canon numéro un ne tire pas ? Plus tard j’ai découvert pourquoi. L’équipe de pièce avait été anéantie."

Transcription

J’étais artilleur à cette époque. J’étais sur les canons et avec les deux chauffeurs, on a roulé de Ewshot (Common), c’est là qu’on était en garnison à Ewshot et Hants. On a roulé jusqu’à Exeter et c’était juste un camp étape. Et le jour suivant, on a roulé jusqu’à Plymouth, où on a chargé les canons sur le bateau. La moitié des gars sont partis dans les tavernes pour prendre une bière, mais pas moi. Je me suis assis contre un bâtiment et je me suis détendu. On ne savait pas ce qui était en train de se passer à Dunkerque.

Un commandant anglais arrive et dit, bon vous les gars, debout, il a dit, et déchargez ce bateau. Alors vous savez, on était quelques uns à être assis là, on a juste regardé ce gars et on a pensé, oh mon Dieu, il est dingue. On venait juste de charger ce bateau. Alors il nous a crié à nouveau : debout, déchargez ce bateau. Personne ne lui prêtait la moindre attention. Alors il est allé voir un sergent ; et il a dit, sergent, debout. Le sergent s’est levé. Il a dit, ceci est un ordre ; il lui a dit de faire lever ces hommes pour qu’ils commencent à décharger ce bateau. Et, bien sûr, le sergent a obéi à l’ordre ; et on a déchargé le bateau. S’il nous avait dit ce qui se passait à Dunkerque, on se serait sans doute bouger beaucoup plus vite, mais voilà ce qui s’est passé ensuite, on a déchargé le bateau, on l’a parqué le long de la route qui retournait à Exeter. Le lendemain matin on a roulé jusqu’à Exeter, le camp étape. Et le jour suivant, on est repartis pour la caserne de Liepzig.

Et pendant que j’étais à Exeter, j’ai vu le train qui rentrait avec le corps expéditionnaire anglais. Ils revenaient en train et, oh, si vous les aviez vus. Ils étaient, vous savez, des la tête entourée de bandages ; certains ne portaient pas de chemise. Bon sang, ils étaient dans un sale état. Le Général Montgomery, qui était colonel à l’époque, il avait un bataillon là-bas ; et son bataillon était très bien entrainé et il s’est servi de ce bataillon pour le combat d’arrière garde, comme ça les gens pouvaient s’en aller.

Comme c’était un bataillon très bien entrainé, ils ont eu moins de morts et de blessés que certains autres bataillons qui étaient en train d’être évacués. Cela veut dire que Montgomery savait ce qu’il faisait. En Sicile, la bataille a progressé jusqu’à ce que ce soit une victoire. Mais le dernier jour de combat du 2ème régiment de campagne (artillerie canadienne), un bombardier est tombé sur les lignes de l’état-major de la 8ème batterie (de campagne) et il a fait 32 victimes. Un certain nombre d’artilleur ont été grièvement blessés, brûlés, sévèrement brûlés, pour quelques uns. Je crois qu’on a eu sept morts à la suite de ça, vous savez, des gens grièvement brûlés. Et c’était une triste journée parce que c’était un escadron sud africain qui allait bombarder les lignes ennemies et un avion a été touché et puis il est tombé sur notre zone. Je pense que la raison pour laquelle il est tombé dans cette zone c’est, je pense, le pilote a essayé d’éviter d’aller dans un endroit très encombré. Mais le pilote est mort. Il avait sauté à la dernière minute, mais son parachute avait à peine eu le temps de s’ouvrir au moment où il a touché le sol. Alors ça a été une journée triste pour notre unité. Et ça a été une mauvaise journée pour moi parce que j’ai perdu plusieurs amis.

Juste avant la bataille d’Ortona, en décembre, nos canons tiraient sur un barrage

Et c’était entre 5h et 5h30 du matin. L’infanterie était en pleine attaque, vous savez, en traversant le Sangro ou la rivière Moro, je ne me souviens plus de laquelle, il faudrait que je regarde. Mais, en tout cas, j’étais, vous savez, couché sous, on était quatre couchés sous une bâche parce qu’il bruinait. Il ne pleuvait pas fort, mais il bruinait. Alors pour se protéger de l’humidité, on était sous une bâche de protection. Et la bâche était le long de notre chenillette, qui était le véhicule qu’on utilisait pour accompagner l’infanterie.

Mais, en tout cas, j’arrivais à entendre l’officier du poste de commandement hurler : pourquoi le canon numéro un ne tire-t-il pas, pourquoi le canon numéro un ne tire pas ? Plus tard j’ai découvert pourquoi. L’équipe de pièce avait été anéantie.

Le chargeur, qui était en train de charger le canon a dû glisser dans la boue et le boulet, au lieu d’aller se loger dans le trou comme prévu, il a cogné le manchon de culasse et a explosé. Et il a descendu un, deux, trois, il a descendu quatre artilleurs. Et l’un d’entre eux était un de mes très bons mais.

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