Témoignages d'anciens combattants:
Ruby Grace Fletcher (née Tuson)

Marine

  • Portrait de Ruby Fletcher en 1945.

    Ruby Fletcher
  • Photo de mariage de Ruby et Ken le 20 septembre 1945.

    Ruby Fletcher
  • Photo de mariage de Runy, Ken et leur famille le 20 septembre 1945.

    Ruby Fletcher
  • Passeport de Ruby pour aller au Canada, remis en décembre 1945.

    Ruby Fletcher
  • État de service de Ruby.

    Ruby Fletcher
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"Mais le lendemain matin, les deux maisons, de chaque côté, avaient disparu, mais celle-là n’avait même pas eu de fenêtre cassée – c’est la seule fois dont je me souviens."

Transcription

Je suis née le 9 juin 1927 à Bournemouth dans le Hertfordshire en Angleterre. Ma ville natale là où j’ai grandi c’était Sidmouth dans le Devon. Mon frère aîné s’était engagé dans la marine, sans doute la première année de la guerre ; et ma sœur s’était engagée dans le ATS (auxiliaires de l’armée territoriale), qui est l’armée de terre, et quand j’ai été assez vieille, j’ai juste voulu m’engager moi aussi et alors je suis allée dans la marine. (rire) Avec les filles on avait l’habitude de sortir ; on allait dans un petit pub qui s’appelait le Pennycomequick. C’était sous de la station de chemin de fer, et c’était sympa. On avait l’habitude d’aller là-bas pour prendre un verre ; et manger des sandwiches au crabe et ils étaient drôlement bons. Évidemment, j’aimais le poisson quoiqu’il en soit; tous les de fruits de mer sont vraiment bons. Et, bien sûr, la ville de Plymouth a été énormément détruite par les bombardements, mais quand on est revenues la première fois, John nous a ramenées à Plymouth ; et la seule église qui avait été détruite par les bombardements en plein centre ville elle a une barrière tout autour, et ils l’ont gardée là comme mémorial. J’imagine que c’est envahi de mauvaises herbes et ils y vont et les coupent, mais c’est toujours là pour autant que je sache. Alors ils ont gardé certaines choses pour se souvenir de ce qui s’est passé. Mais je n’ai jamais subi directement de bombardement en fait. Une fois ça m’est arrivé quand j’étais à Londres une nuit. Je rendais visite à une amie, sur le chemin du retour de chez une amie, et il y a eu un bombardement ; et nous nous sommes descendues et sommes restées sous la table de la salle à manger parce que je ne voulais pas aller dans le petit abri antiaérien qu’ils avaient au fond du jardin. Mais le lendemain matin, les deux maisons, de chaque côté, avaient disparu, mais celle-là n’avait même pas eu de fenêtre cassée – c’est la seule fois dont je me souviens. Mais mon amie et moi-même nous avons dormi pendant que ça se passait. (rire) On n’a même pas entendu. Je ne faisais pas du tout de cuisine, dieu merci. Mais on avait des cuisiniers là-bas et on nettoyait les lieux. Ce n’était pas vraiment un dur labeur en tout cas parce que les Wrens (Service féminin de la marine royale) devaient toutes avoir leur propre lit fait comme ça tout était bien rangé bien ordonné, et tout le reste. On avait l’habitude de faire sauter un shilling sur le lit. Si elles ne pouvaient pas les faire sauter, elles devaient les refaire. (rire) Le 8 mai 1945, le jour de la Victoire en Europe, ce jour-là, c’était de la folie partout. La guerre était terminée. Les lumières ont été allumées cette nuit-là ; et on n’avait pas eu de lumière depuis cinq ans, alors toutes les rues et tout était allumé partout. C’était comme pour Noël, pour être franche avec vous. Les filles, il y avait Daphné et Winifred, et il y avait une autre fille, je n’arrive pas à me souvenir de son nom ; et on a toutes décidé après avoir fini notre service de descendre à Plymouth et de célébrer ça nous aussi. On n’a pas pu trouvé de moyen de transport, alors on a marché jusque là-bas. Quand on est arrivées là-bas, on ne pouvait pas entrer dans les pubs. Ils étaient tous bondés, les dancings étaient bondés, c’était juste comme un seul et unique corps qui bougeait. Tout le monde dans la pièce semblait se mouvoir comme une seule personne. Alors on a juste décidé de monter sur la colline et c’est là qu’un américain, mon futur mari, et un autre américain ont dit, ça vous embêterait qu’on se joigne à votre file, alors on les a laissé rejoindre la file, et j’étais à un bout et il était à l’autre bout. Ils nous ont raccompagnées chez nous, au moment de rentrer et quelques jours plus tard, j’ai reçu une lettre. Mon amie Winifred, m’a remis cette lettre. Elle a dit, c’est arrivé sous enveloppe, il n’arrivait pas à se rappeler de ton nom de famille, alors il m’a écrit et l’a envoyée à Winifred. Et c’est comme ça qu’on a commencé à se fréquenter. Il m’a proposé un rendez-vous, mais alors il est parti en mer et je suis rentrée chez moi, le congé de la victoire. Alors quand je suis rentrée, il y avait une autre lettre. Il avait finalement découvert quel était mon nom de famille, et il y avait une autre lettre ; et il a tout arrangé pour qu’on sorte une nouvelle fois ensemble. Mais il a été blessé. Il devait sortir, c’était sur un dragueur de mine et il devait draguer les mines autour des îles Anglo-Normandes et les allemands n’avaient pas encore renoncé aux îles Anglo-Normandes. Ils ont tiré sur le bateau et il a été blessé. Alors il s’est retrouvé à l’hôpital, alors notre histoire se passait vraiment par lettres interposées, mais une lettre de temps en temps qui faisait la navette avec l’hôpital. Finalement quand il est enfin venu, il a appelé et a dit qu’il serait là à une certaine heure et il s’est amené dans un taxi, et personne ne prenait jamais de taxi. Il m’a emmenée au cinéma et, bien sûr, quand on est arrivés au cinéma, on est sortis du taxi et tout le monde sifflait et nous huait, et tout. Mais c’était très agréable ; et il m’a raccompagnée à pied à la maison et on est sortis ensemble plusieurs fois après ça. J’ai décidé de le ramener chez moi pour qu’il rencontre ma famille ; et j’ai téléphoné à ma mère et lui ai dit, j’amène mon petit ami avec moi. Le seul problème c’est qu’elle n’a pas entendu que c’était au masculin. Et quand je suis arrivée à la maison, elle avait préparé un lit double pour mon ami qu’elle croyait être une fille et moi, (rire). Alors il a fallu qu’elle coure de tous les côtés pour arranger ça. Mais on s’est bien débrouillés, ça allait. Puis il m’a demandée en mariage et nous nous sommes mariés le 20 septembre 1945.
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