Témoignages d'anciens combattants:
Jessie G Nason

Forces aériennes

  • Classe des ouvriers textile No. 23 au No. 2 K.T.S rue Jarvis à Toronto, Ontario, où elles ont reçu leur entrainmenet, 1944. Les instructeurs sont assis au premier rang, de gauche à droite: Cpl. Coultini, F/ Sgt Breffett et Cpl. Allen.

    Jessie Nason
  • Jessie Nason (au centre) stationné à Moncton, Nouveau Brunswick, pose avec ses amies Marion Ellis et Eilleen Horne le 9 avril 1944.

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  • Portrait de groupe de WD, de gauche à droite: Kag Currie, Jessie Nason, Bea Jeanney et Verna MacLean qui avaient été récemment libérées en 1945.

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  • Portrait de Jessie Nason en uniforme pendant les années de guerre.

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  • Jessie Nason à Saint-John, Nouveau Brunswick, le 28 juillet 2010.

    Historica Canada
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"On était toujours en train de chanter ; et ils avaient l’habitude de dire, qu’on était le groupe de l’armée le plus heureux qu’ils aient jamais croisé."

Transcription

J’ai servi dans la Division féminine de l’Aviation royale du Canada pendant la Deuxième Guerre mondiale. Je me suis enrôlée le 7 juillet 1943 ; et je suis partie à Upper Rockliffe (base aérienne de Rockcliffe), en Ontario pour faire mes classes. Ensuite j’ai été en garnison à Toronto en septembre, à l’école de formations composites N°2, Jarvis Street et j’ai suivi la formation sur l’entoilage. Et c’était pour travailler sur les avions avec les ailerons de l’avion. C’était un métier facile à apprendre, mais c’était très dangereux pour notre santé parce que la peinture qu’on utilisait était une peinture au plomb. C’était très mauvais pour nos poumons. On devait boire un litre de lait par jour. On portait des masques quand on était dans la cabine de pulvérisation et les masques dataient de la Première Guerre mondiale, alors certaines d’entre nous ont souffert de cette (toux) depuis ce temps-là.

Je suis allée de Toronto au Dépôt de réparation N°4 à Scoudouc au Nouveau-Brunswick. C’était le plus grand dépôt de réparation de tout l’est du Canada. C’était immense. Le nombre de gens là-bas c’était quelque chose de l’ordre de 32 000 personnes, tous les métiers. Et c’était très intéressant. La Division féminine, je crois qu’on était une cinquantaine sur la base et le reste c’était des hommes. Les hommes n’aimaient pas les femmes dans l’armée de l’air. On prenait leur place, et ça leur donnait la possibilité d’aller s’entraîner dans d’autres disciplines de l’armée de l’air. C’était difficile, mais vous deviez apprendre à faire votre métier correctement et à ne pas avoir d’accident grave.

Scoudouc était un endroit bien. Il y avait toutes sortes d’activités après le travail. On allait en camion à plateforme à Pointe-du-Chêne en été pour aller se baigner ; et vous aviez un énorme carton de casse-croûtes et je crois qu’on avait du lait et de l’eau. Les sodas n’étaient pas des boissons très répandues à l’époque. On pouvait nager. On pouvait passer deux heures là-bas et prendre notre déjeuner, et puis rentrer à la base. L’été, Point-du-Chêne était une station estivale ; et les gens qui avaient des maisons de campagnes étaient dehors et nous faisaient des signes de la main quand on passait, à l’aller et au retour. On était toujours en train de chanter ; et ils avaient l’habitude de dire, qu’on était le groupe de l’armée le plus heureux qu’ils aient jamais croisé.

Nous dans la Division féminine on avait les dessous les plus élégants, faits en coton. Pour les maintenir, on avait un minuscule bouton autour de la taille avec un petit crochet. Bon, je suppose c’était accroché et plusieurs fois par jour, vous étiez en train de marcher et vous pouviez sentir que le bouton de votre petite culotte avait lâché et vous le pouviez le voir rouler sur la route devant vous. Bon, je n’avais pas eu trop de problèmes avec ça au début, mais un jour, j’étais allée chercher mon courrier et sur le chemin du retour, voilà que mon bouton saute, s’en va tout droit devant moi. J’ai dit, oh mince alors. Bon, j’avais toujours une épingle à nourrice sur moi, dans le revers de ma veste ; et je l’ai attrapée et j’avais mon épingle à nourrice, alors j’ai juste reculé jusque dans la salle d’exercices qui était de l’autre côté de ma caserne. J’ai relevé ma jupe ; et j’ai ajusté ma culotte, avec l’épingle à nourrice, j’ai remis ma jupe en place et je commençais à partir ; et j’ai entendu des tonnerres d’applaudissements derrière moi. Je n’osais pas regardé en arrière, mais avant de fermer la porte, j’ai regardé l’intérieur et il y avait je ne sais pas combien de douzaines d’aviateurs. Je failli mourir sur place. Des moments embarrassants – ça arrivait tout le temps.

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