Témoignages d'anciens combattants:
Norman C. Newman

Armée

  • Photo du Sergent Norman Newman, 23 ans, à Aldershot en Angleterre, 1940.

    Norman Newman
  • Lettre de Norman Newman à Aldershot, Angleterre, le 8 mars 1940.

    Norman Newman
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"Le bombardier a atterri juste au milieu des gens qui se rassemblaient tout juste pour le dîner et il va sans dire, c’était la confusion totale."

Transcription

Bon, la guerre a éclaté et puis on était la 1ère division (d’infanterie canadienne) ; et on a été les premiers à partir outre-mer avec la 1ère division. On a fait beaucoup d’entrainement là-bas jusqu’à ce qu’on descende en Sicile en 1943. On a parcouru la Méditerranée et vu un certain nombre de trucs se faire couler, être torpillés. La chose la plus étrange… J’étais assis à l’avant du bateau, je parlais à mon équipe de pièces. Je les ai pris pour compléter leur apprentissage. Je ne les connaissais pas très bien ; on m’avait donné une nouvelle équipe, alors il fallait que je voie ce qu’ils savaient, je regardais au large et on était juste au bord à l’avant du bateau. Je regardais juste là et quelque chose file à toute allure juste là ; c’était une torpille. Juste devant nous, croyez-le ou non, et elle est passée juste devant et a touché un de nos bateaux en plein milieu. Je crois qu’on a perdu seulement deux ou trois personnes dans cette explosion. Tout le monde a quitté le bateau sans problème. Et puis les survivants ont réussi à atteindre l’Afrique du Nord, mais on a échappé à ça avec notre bateau. On est finalement arrivés en Sicile. Et on a débarqué en Sicile et on s’est bien battus, l’artillerie. Pour finir les allemands ils sont partis de Sicile et sont allés, parce qu’ils ont débarqué en Italie. Les gens en Angleterre, ils croyaient que les canadiens se payaient du bon temps en Italie, mais c’était vraiment terrible parce que les allemands étaient bien installés en hauteur, et nous regardait de là-haut et ils nous tiraient dessus en permanence. Et ça a pris longtemps, longtemps, pour aller, comme par exemple, à Rome et ainsi de suite. C’était notre objectif, arriver à Rome et puis faire partir les allemands d’Italie. On était sur le point d’avoir terminé notre combat en Sicile et j’étais en train de nettoyer mon canon, un canon à savoir une pièce d’artillerie, d’artillerie de campagne, le nettoyait, et mon ami, Tommy Hallow de Montréal, il était sergent major là-bas, il est venu. On parlait et il y avait un immense ciel bleu magnifique, vous n’avez jamais rien vu de pareil ; c’était un ciel blanc bleu. On regardait en l’air devant nous, et il y avait un bombardier qui volait de gauche à droite à huit kilomètres environ en hauteur et huit kilomètres de distance. J’ai allongé le pas, en le regardant, et j’ai dit, Tom, ça ne me dit rien qui vaille. C’était un de nos bombardiers, un bombardier léger. Immanquablement, juste devant lui, les allemands répondaient par des tirs antiaériens et ils l’ont touché. Trois parachutistes à peu près, je crois, ou trois personnes, sont sorties de l’avion, ont sauté en parachute. Et puis et je ne comprends toujours pas pourquoi aujourd’hui, mais le pilote, au lieu d’attacher ses manettes, et il a un peu continué d’avancer tout droit. Il a viré à droite ; et il arrivait droit sur nous, là où on était, les canadiens. J’ai dit, dès que je l’ai vu faire son virage, j’ai dit, Tom, il va nous tomber dessus, sur toi là. Je ne sais pas pourquoi, il était à huit kilomètres de distance. J’ai dit, il va nous tomber dessus. De fait, il est arrivé en vrombissant juste au dessus de nos têtes. Certains parachutistes sont sortis, quelques personnes sont sorties en parachute. Le bombardier était en flammes d’une extrémité de l’aile à l’autre, juste vrombissant et les balles étaient en feu dans l’avion – pan, pan, pan, (bruit), vous allez lire ça. Le pilote a sauté. Le problème c’est que, il a sauté trop tard. Il a atterri juste à côté de nous, à côté de Tommy et moi ; et tout le monde courait ici et là. Mais je n’arrivais pas à courir, j’étais paralysé. J’ai juste regardé. Tommy était avec moi aussi et le pilote a atterri juste à côté de nous ; et inutile de préciser, ça n’était pas beau à voir. Donc c’était un petit incident où on a pris le pilote et on l’a enterré dans une tranchée. Il était sud américain. Il venait d’Amérique du Sud en fait, un pilote d’Amérique du Sud. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne sais toujours pas aujourd’hui pourquoi il n’a pas attaché ses manettes et avancé droit devant et atterri dans les lignes allemandes. Mais il a fait un virage à droite et il a atterri sur nous, et il vrombissait au dessus de nos têtes. Encore aujourd’hui, je ne sais toujours pas pourquoi, il n’a pas atterri sur nous, en réalité, mais il a atterri juste derrière nous, là où nos hommes étaient en train de se rassembler pour le dîner à 5 heures du soir. Moi je dis 17 heures, 5 heures du soir. Le bombardier a atterri juste au milieu des gens qui se rassemblaient tout juste pour le dîner et il va sans dire, c’était la confusion totale.
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