Témoignages d'anciens combattants:
Charles “Charlie” Kewen

Forces aériennes

  • Charles Kewen en Inde, en 1944 ou 1945.

    Charles Kewen
  • Carte postale indienne (partiellement obscurcie).

    Charles Kewen
  • Laisser-passer pour les congés de l'Armée de l'air royale canadienne (Royal Canadienne Air Force) pour Charles Kewen. Accord d'embarcation pour des congés de deux semaines en août 1944.

    Charles Kewen
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"Mais ils m’ont dit qu’ils n’avaient plus besoin d’aviateurs et que j’irais donc à la Saskatoon Technical School pour devenir mécanicien, et que je pourrais plus tard changer de spécialité. Mais c’était faux."

Transcription

Je m’appelle Charles Carlson Kewen, K-E-W-E-N. Je suis né en Angleterre et j’ai émigré au Canada avec ma famille en 1925. Nous nous sommes établis à Saskatoon, en Saskatchewan. C’est là que je suis allé l’école et que je me suis enrôlé. Je voulais être aviateur. Mais ils m’ont dit qu’ils n’avaient plus besoin d’aviateurs et que j’irais donc à la Saskatoon Technical School pour devenir mécanicien, et que je pourrais plus tard changer de spécialité. Mais c’était faux. On m’avait menti et quand j’ai voulu changer, on m’a dit que c’était trop tard. On m’a finalement envoyé à Yorkton, en Saskatchewan, où se trouvait l’École de pilotage militaire nº 11. C’était une station flambant neuve, mais pas le moindre aéronef. Nous avons attendu une semaine ou une dizaine de jours, je ne sais plus trop, puis un bon paquet de Harvard sont arrivés, des North American Harvard. Nous avons alors commencé à voler et à travailler, et les aéronefs volaient 24 heures par jour là-bas. Il y avait une équipe de jour et une autre de nuit, et j’ai travaillé là un certain temps, je dirais deux ans je crois. Puis sont arrivé plusieurs bimoteurs Cessna Crane, car ils s’étaient mis à entraîner des équipages d’aéronefs multimoteur. J’avais un jeune frère dans l’Escadron 409 qui était aviateur, et j’aurais adoré en faire partie moi aussi et aller outre-mer. Mais comme vous le verrez plus tard, c’était inutile d’y penser et comme ils ne supportaient plus mes coups de gueule, ils m’ont envoyé à Sea Island, tout juste à l’extérieur de Vancouver. Et là, ils n’avaient que des DC-3 Dakota. Et je ne le savais pas encore, mais ce serait le seul aéronef dans lequel je volerais et le seul sur lequel je travaillerais. J’étais plus au nord, à Whitehorse, quand un type m’a appris qu’on voulait me voir à Edmonton. Je lui ai demandé ce que j’avais encore fait, et il m’a répondu : « Eh, bien tu es finalement affecté outre-mer. » Très bien. Puis il a ajouté « Remets-moi ton parka et va voir le médecin militaire pour tes vaccins tropicaux. » On m’a alors accordé un congé d’embarquement. Et pendant mon congé, nous avons reçu un télégramme annonçant que mon jeune frère avait été tué. Alors mes parents étaient morts de chagrin mais dès mon congé terminé, j’ai dû m’envoler pour West Kirby, près de Liverpool. Nous sommes restés stationnés là une semaine environ, puis nous avons pris l’avion à destination de la Birmanie, mais nous ne le savions pas car personne ne nous l’avait dit. Alors nous sommes descendus jusqu’au Finistère, d’où nous avons décollé en direction de Rabat, au Maroc francophone, pour continuer au-dessus de l’Afrique de Nord et finalement atterrir à Karachi, près de l’Inde. Nous y sommes restés trois semaines sans savoir ce qui se passait. Mais pendant tout ce temps, nous volions en Dakota. Depuis Sea Island jusqu’à ma démobilisation, je n’ai jamais volé dans un autre avion qu’un Dakota. Ils nous ont appelés un jour pour un vieil aéronef, ou un vieil escadron de chasse basé à Gujrat, où se trouvait l’Escadron 436, qui était le mien. Je devrais préciser que l’Escadron 164 avait des bimoteurs Dakota, car peu de gens le savent en réalité. Il couvrait la côte Est alors que l’Escadron 165 couvrait la côte Ouest. Eh bien, nous sommes arrivés à Gujrat et là, tout le monde était dans l’Escadron 164 et c’est ainsi qu’ils ont formé la base de l’Escadron 435. Tous ceux des escadrons 164 et 165 se joignaient à l’Escadron 436 et nous formions le personnel de la base, et c’est ainsi qu’a été créé ce qu’on appelait l’Escadron 164-435. Et pour leur première sortie et ils ont fait décoller ensemble trois avions, dont deux ont été abattus. Un gars de l’autre avion a été blessé mais il a pu rentrer au camp. Alors nous avons perdu deux avions là-bas. Si bien qu’après, ils ont décidé d’envoyer un seul avion à la fois en zone de largage.
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