Témoignages d'anciens combattants:
Lydia Rose Daikens

Marine

  • Lydi Daikens et son mari se sont rencontrés au HMCS King à Halifax, Nouvelle-Ecosse, en 1943.

    Lydia Daikens
  • Lydia Daikens au HMCS Kings à Halifax, Nouvelle-Ecosse, 1943.

    Lydia Daikens
  • Lydia Daikens (à droite au premier rang) marche pour travailler avec les premières WREN à Halifax, Nouvelle-Ecosse, 1943.

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  • Lydia Daikens se tient debout pour une inspection avec son unté au 3ème rang au fond à gauche, en 1943.

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  • Certificat de service de Lydia Daikens.

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Écoutez ce témoignage

"Pendant un bon moment, après qu’il ait été tué en France, j’avais le sentiment qu’il était encore là, qu’il avait juste disparu au combat, j’étais sûre qu’il allait revenir."

Transcription

À l’époque je travaillais dans une usine d’armes légères à Lakeview, je travaillais sur le fusil Lee Enfield (fusil d’ordonnance à répétition) et on a appris qu’il y allait y avoir une formation de Wrens (service féminin de la marine royale du Canada), de la marine, et ça m’intéressait beaucoup. Alors je suis immédiatement descendue à Toronto ; et j’ai été acceptée et en l’espace de quelques jours, en fait le 2 décembre, je me suis engagée formellement. Je suis entrée en service actif le lendemain. On m’a donné l’ordre de me rendre à Galt à la NCSM Costenoga pour m’entraîner et j’ai eu une période d’essai de trois mois, ce qui était normal.

Mais après seulement deux semaines de formation, on m’a informée que j’allais être envoyée à Halifax dans le tout premier contingent de femmes envoyé dans une base navale ; et c’était la NCSM Kings, c’est le Kings College, qui fait partie de l’université Dalhousie, mais ça avait été repris par la marine pour en faire un établissement de formation des officiers. Mais ils m’ont envoyée chez moi en permission pour Noël ce qui était très bien, je pensais. Mais j’étais tenue au secret sous la foi du serment et ça m’impressionnait beaucoup. Je ne devais parler à quiconque de quoi que ce soit qu’il m’ait été donné de voir.

Bon, je suis rentrée à la maison pour Noël et ça a été un bon moment car mon frère Bill était dans la Première Force de service spécial, et je l’ai vu, et je ne l’ai jamais revu après parce qu’il est mort en France. Ce Noël-là c’était vraiment formidable parce que je n’avais pas vu mon frère depuis un moment et il était venu de Mount Helena dans le Montana (Fort Harrison) en permission. C’était juste tellement bien de le voir, et il était content de me voir et heureux que je sois dans la marine. Il voulait être dans la marine, mais il avait eu cette occasion de faire partie de la Première Force de service spéciale et comme c’était des parachutistes, ça lui avait plu.

Bon, ça a été un Noël un peu rapide et on s’est séparés ; et c’était très triste le fait que je ne l’ai plus jamais revu. Pendant un bon moment, après qu’il ait été tué en France, j’avais le sentiment qu’il était encore là, qu’il avait juste disparu au combat, j’étais sûre qu’il allait revenir. J’étais dans le déni, je suppose. Je ne pouvais pas accepter ça. En tout cas, je me suis faite à l’idée finalement.

Pour continuer, en tout cas, on m’avait dit que j’allais être préposée dans le carré des officiers dans cet établissement de formation des officiers, ce qui n’était pas mon premier choix, mais je devais m’assujettir aux besoins de la marine et alors j’ai accepté. J’avais vraiment espéré faire partie des transmissions à Saint Hyacinthe au Québec (CSM école des transmissions). Maintenant fin décembre, sous les ordres du Commandant Isabel McNeil, avec une cinquantaine d’autres ou plus, on nous a envoyées en train à Halifax dans des conditions plutôt précaires, je me souviens. Nous sommes arrivées à Halifax dans l’obscurité de la nuit, il devait être 3h30 du matin. On nous a rassemblées devant l’hôtel Nova Scotia ; et on nous a emmenées en camion jusqu’à la caserne située près de Kings.

Quoi qu’il en soit, en attendant, j’ai rencontré un jeune marin qui servait sur un dragueur de mines et il avait l’habitude de partir en mer en service sur une corvette. Donc plus tard on s’est fiancés, et en février 1944, je suis rentrée chez moi à Oakville en Ontario, et on était mariés. J’étais dans la caserne des Wrens à faire ce que font les Wrens et ce qui s’est passé c’est que je suis entrée dans le couloir, à l’entrée principale, et il y avait un groupe de jeunes marins qui parlaient avec la responsable des Wrens. Ils lui avaient demandé s’ils pouvaient rencontrer des Wrens ; (rire) et elle s’est pliée à leur désir. Alors c’est comme ça que je l’ai rencontré : pas à l’extérieur au centre ville ou quoi que ce soit, juste là à la caserne. Et ça a été le début. On est sortis une ou deux fois et il ne m’a pas vraiment fait grande impression au début. Il était grand et blond ; et il ressemblait aux photos du prince Philip quand il avait le même âge, et je pensais, c’est à ça qu’il ressemblait. (rire) Et finalement ça a pris et nous avons commencé à sortir ensemble.

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