Témoignages d'anciens combattants:
Jean Clermont

Forces aériennes

  • Vie de camp en France, 1944

    Jean Clermont
  • Jean Clermont avant le départ pour l'Outremer, 1941

    Jean Clermont
  • Département des Armuriers en Hollande, 1944

    Jean Clermont
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"Nous autres on faisait un petit tour en infra rouge en bas pour voir ce qu’ils faisaient."

Transcription

Mon nom est Jean Clermont. J’ai servi dans l’aviation de 1940 à 1945. J’ai été outre-mer 40 mois. J’ai fait différents pays, l’Angleterre assez longtemps puis après j’ai débarqué en France au mois de juillet, puis j’ai faits la France, la Belgique, la Hollande puis l’Allemagne. J’étais supposé de revenir au Canada avant, mais ceux qui nous remplacaient ont été descendus par les Allemands en avion. J’ai donc été obligé de …je suis revenu au Canada au mois de mars 1945. Donc on pourrait compter ça de 1940 à 1945, c’est long, loin de ses parents. Mon vrai métier c’était travailler comme armurier, mais c’est parce qu’ils ont manqué de mitrailleurs. Les autres ils allaient au -dessus de Berlin, puis nous autres on prenait des photographies où est-ce qu’on était, , les « Lysanders », vous voyez ça sur le fer là. Les avions qui avaient des grosses ailes par-dessus puis des caméras, c’était à peu près gros comme ça. Puis ils nous en prêtaient parce qu’on connaissait ça les armes, on était en arrière avec des mitrailleuses. Puis ils ne prenaient pas tout le temps, tu sais. Quand je prenais des photographies, ils faisaient eux autres ,ce que l’on appelait du « map », des « maps » tu sais, ils mettaient ça sur le mur, une journée ils photographiaient, ils mettaient ça là, puis là tu voyais tout le district puis avec l’infra rouge, tu pouvais voir en- dessous. Ça tue le vert donc tu pouvais voir ce qu’il y avait en-dessous. Les gens mettaient ça, ils faisaient semblant de mettre de l’herbe par dessus pour cacher les « tanks ». Nous autres on faisait un petit tour en infra rouge en bas pour voir ce qu’ils faisaient. On regardait ce qu’ils étaient en train de bâtir. Ce n’est pas moi qui faisais ça. C’était tout automatique. Parce que moi, je n’ai jamais été dans la photo. J’avais même pas de caméra durant la guerre. J’en aurais eu autrement. C’était une caméra spéciale automatique, puis on passait, mettons, à , ces places-là sur le bord, puis ça pour voir ce que les Allemands, pour voir ce qu’ils voyaient, eux autres. Eux autres, aussi ils envoyaient des « aéroplans » avec des caméras.

Nous autres, on essayait…mais on ne le faisant pas tout le temps mais on, nous autres, on avait d’autre métiers. Nous autres, le matin, les avions…Qui est-ce qui mettaient les bombes? Nous autres, on mettait les bombes, les mitrailleuses, c’est nous autres qui nettoyait les mitrailleuses. Y’avait des bombes en dernier puis y’avait des fusées là. Parce que dans notre « airfield » là, y’avait quatre escadrilles. Y’avait des « Typhoons », des « Mustangs » et des « Spitfires », tout ça! On a suivi ça. Le pire, nous autres, ça été le jour de l’an 1945, là. C’est là que les Allemands ont profité que ça gelait, tu sais? Ils sont venus nous bombarder. Puis là, j’en ai arraché parce que, où est-ce que nous autres on était à y’en avait un qui était responsable pour faire le thé le matin. Moi, c’était mon tour. Je faisais le thé puis les autres étaient partis sur les avions. Puis tout d’un coup j’entends les mitrailleuses qui crépitaient. Je me demandais : Qu’est-ce que c’est que ça? J’ai sorti dehors et j’ai tombé à quatre pattes! Ça n’a pas été long. Mais en arrière de là où on était, y’avait…on jetait notre vieil huile d’avion. J’ai tombé dedans. J’ai nagé dedans. C’est dans l’histoire. L’autre fois je lisais une histoire y’a une couples d’années, l’histoire de l’aviation, puis il parle de moi là -dedans. Je ne me rappelle de rien. J’ai tombé dans l’huile. Ils m’ont sorti de là. Puis je ne sais plus.

Nous autres, on était les premiers Canadiens à aller à Paris. Moi, j’ai vu Paris, pas de lumières. À neuf heures le soir il fallait que tu sois rentré parce que y’avait encore des Allemands. Y’avait des femmes Françaises qui sortaient avec des Allemands. Puis elles les cachaient. Puis, le soir ils sortaient leurs fusils puis ils voyaient un soldat passer puis ils tiraient. Sauf qu’à neuf heures il fallait que tu sois sorti des rues. On a passé un bon temps là. On a été chercher de la viande. On passait en avant des autres. On était des libérateurs. J’ai dit moi ça me tenterais de manger un steak. Je n’avais pas mangé de steak, ça faisait trois ans. Donc, monsieur nous a donné des steaks parce qu’on était des libérateurs.

Dans l’escadrille, en plus de faire de la photographie, on envoyait détruire des trains puis ces affaires- là avec des « Mustangs ». « Air Reconnaissance Wing », qu’ ils appelaient.

À part de ça, et bien, y’a une journée on était rendus en Belgique, les troupes. Ils ont dit : on s’en va en Belgique! Là je suis arrivé en Belgique, puis on ne connaissait pas personne. Y’avait une place, ça s’appelait Falaise. Vous n’avez jamais entendu ça , vous , Falaise ? Y’avais un gros combat qui a eu lieu là. On avait entouré des troupes allemandes. Les Allemands, ils se dégageaient de Falaise. Puis nous autres, on a passé là. C’est là qu’un Américain nous a dépassé puis y’a sauté sur une mine. Le camion, dans le champ! Moi j’étais à l’envers, puis le fil barbelé m’avait tout arraché la face. Mes compagnons, ils sont restés là, eux autres. Le seul qui était blessé, c’était moi. Donc ils m’ont ramené. Bien, un bon jour au mois de mars, ils m’ont dit : Jean, tu t’en vas chez vous! J’étais bien content ! Ils nous ont emmené en avion jusqu’à nous débarqué, et nous ont couché. Moi, je couchais toujours à Londres au Lancaster Gate Hôtel, qui était ma place. À chaque fois que j’allais en congé à Londres, j’allais au même hôtel. Puis là, je vais là et puis après j’ai dit que je vais aller manger un steak. J’ai été dans SoHo. SoHo, c’était la place « perdue », tu sais là? Je m’en vais là. J’étais en train de manger. Tout d’un coup, c’était les Allemands qui avaient envoyer un V2 qui a tombée à peu près à 1000 verges d’où j’étais. J’étais chanceux. J’ai été faire un tour en -dessous des tables. Après ça, m’en est allé à une place appelé Manchester, c’était la place où est-ce qu’ils nous préparaient pour revenir parce que c’était à où on prenait notre bateau. Je suis revenu sur l’Aquitania c’était un des plus gros bateaux dans ce temps là. C’était un quatre cheminées. Tu sais, ça marchait par cheminées. Un petit bateau, deux cheminées, un grand quatre cheminées. Plus qu’il était gros, plus qu’il y avait de cheminées. Ça c’était un quatre. C’était quelque chose comme le « Queen Mary » ou le « Queen Elizabeth ». Ça fait qu’en tous les cas je suis débarqué puis là, ils nous ont donné un congé de deux mois. Ma mère m’attendait au train, ma sœur, surtout, qui avait trois ans que je suis parti. Elle dit : ‘’Je vois ce petit bout qui descend’’. Moi, j(e n)’étais pas grand, je mesurais 5 pieds 7 (pouces) et je pesais 132 (livres). Elle dit : ‘’Maman, c’est pas Jean! J’ai dit : ‘’Oui, c’est moi’’! ‘’Ça ne se peut pas. T’as gagné la guerre, tout petit’’! ‘’Bien oui!! Si j(e n)’aurais pas gagné la guerre, ça n’aurais pas été beau’’! Rires…J’ai trouvé ça drôle!

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