Témoignages d'anciens combattants:
Donald Thompson

Armée

  • Courrier adressé aux parents de Donald Thompson et daté du 6 juin 1943, une année avant le Jour-J. La lettre exprime la joie ressentie par sa récente promotion au rang de Capitaine.

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  • Courrier date du 25 décembre 1942, écrit par Donald Thompson pour ses parents. Il y partage ses sentiments alors qu’il se trouve Outre-mer le jour de Noël.

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  • Il s’agit d’un télégramme qu’on reçut les parents de Donald Thompson, il y décrit la nature de sa blessure. Il est daté du 16 juin 1944.

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  • Donald Thompson visitant des proches lors d’une permission en Ecosse, août 1943.

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"puis je me suis retrouvé à plat ventre sur le sol. Ma première pensée ça a été que je m’étais foulé la cheville. J’ai essayé de me relever et je suis retombé, j’ai baissé les yeux et il y avait du sang sur ma cheville gauche."

Transcription

Alors on s’est engagés dans le service actif et puis le temps est passé, et on a suivi plus d’entrainement sur les mitrailleuses Vickers et du tir au fusil. Et après quelques années de ça, j’avais voulu partir outre-mer, mais je n’avais pas réussi ; et un jour, le colonel a annoncé qu’il allait y avoir une compagnie choisie dans notre régiment, pour partir outre-mer, la Saint John Fusiliers MG (unité de mitrailleuses). C’était en 1942. On s’est entrainés et entrainés encore plus, et puis on a reçu des ordres au sujet des combats, et on est descendus et on a embarqué sur le chaland. On est allés sur un bâtiment de débarquement de chars. Et comme on avait des mortiers, des mitrailleuses et on avait beaucoup de véhicules, alors on est allés sur le bateau qui pouvait prendre tous les véhicules qu’on avait, les chenillettes Bren et les camions.

On est restés plusieurs jours à bord du bâtiment, dans le port, et il faisait mauvais ; et on a entendu dire que la marine avait annulé l’assaut pour plusieurs jours et on espérait tous, assez bizarrement, on espérait que ça n’allait pas être le cas parce qu’on pensait que si jamais on débarquait tout le monde à nouveau, on n’aurait plus le même élan que la première fois. Heureusement, on nous a fait passer le mot qu’on allait partir, et que le mauvais temps ne pourrait pas nous retenir. Alors on a largué les amarres et traversé la Manche et puis on est arrivés en Normandie. Le 8 juin, c’était le six qu’on avait débarqué, beaucoup d’action, et puis le huit, les allemands ont contre-attaqué de manière très intensive.

Ils nous arrosaient vraiment très fort ; et il nous fallait sortir de notre position. Donc les chenillettes Bren qui avaient amené les remorques avec les mortiers de 15 dessus, étaient de retour à l’arrière. Alors je suis retourné là-bas pour leur dire d’avancer et de se raccrocher. Alors je suis allé vers la première, lui ai dit quoi faire, je venais juste de le laisser, et puis je me suis retrouvé à plat ventre sur le sol. Ma première pensée ça a été que je m’étais foulé la cheville. J’ai essayé de me relever et je suis retombé, j’ai baissé les yeux et il y avait du sang sur ma cheville gauche. J’ai rampé jusqu’aux trois autres chenillettes, leur ai dit ce qu’ils devaient faire. Et je suis retourné à ma chenillette en rampant et je ne saurai jamais comment j’ai fait pour remonter dedans, mais je l’ai fait. On a commencé en bas de la route pour les sortir de là, ils ont regardé les sacs de sable sur le fond, on avait des sacs de sable au fond de la remorque pour amortir un peu les chocs si jamais vous rouliez sur une charge d’explosifs, et c’était tout rouge de sang. Mais on arrivait le long de la route, un morceau.

Et on est allés dans un poste de secours et c’est amusant la manière dont le cerveau fonctionne, des choses comme ça. Je pensais, je vais juste faire un saut ici et faire arrêter l’hémorragie. Bon, je suis sorti de la chenillette en sautillant et j’ai atterri sur ma jambe blessée, cheville, et la douleur était épouvantable. Je n’arrivais pas à me lever, alors ils sont venus avec un brancard. Alors j’ai donné des, une boussole et des choses à mon second, lui ai dit de prendre les commandes, et lui ai dit que je le verrais plus tard. Ils m’ont emmené dans une grande tente hôpital, m’ont mis sur une table, ont mis une toile sous ma jambe et ensuite m’ont endormi. Quand je me suis réveillé, on venait juste de sortir à l’autre bout de la tente hôpital, on est descendus sur la plage et ils nous faisaient monter sur, il y avait un gros navire hôpital juste là dans le port, donc ils faisaient monter les blessés dessus.

On a pris un bateau plutôt petit, on était juste à côté du navire hôpital ; et les eaux étaient assez mouvementées. Ils ont jeté le crochet, des crochets en bas pour les accrocher à notre bateau pour nous faire monter. Je me rappelle encore aujourd’hui de notre bateau qui était prêt à se lancer dans le souffle, dans le vent et dans les vagues, et un des membres d’équipage sautaient pour attraper le crochet, pour nous accrocher. Je me rappelle qu’il a sauté au dessus de ma tête par deux fois, et j’ai encore l’image de ses bottes dans la tête. Mais on a finalement réussi à s’accrocher et on nous a chargés sur, et ils nous ont mis dans, ils avaient des lits tous alignés l’un au pied l’autre, et la tête au pied à l’intérieur. Je crois que plus tard ce jour-là ou bien le lendemain, ce bateau hôpital nous a emmenés en Angleterre. Je n’oublierai jamais les hommes dans mon peloton du jour J, peloton N°13. Les gars avaient l’habitude de dire, 13 le nombre porte-bonheur. Il se peut qu’on ne soit pas les meilleurs, mais il n’y en a pas de meilleur.

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