Témoignages d'anciens combattants:
John Finlay Code

Armée

  • La photo de démobilisation de M. Code prise à Calgary en 1945. "Ils nous ont autorisés à porter une cravate et à déboutonner nos gilets. Pendant les premières années de guerre au aurait eu des ennuis."

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  • Les documents de démobilisation de Monsieur Code le 12 octobre 1945.

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  • Monsieur Code à un défilé pour les obligations à Calgary en 1940. Ce genre d'images étaient utilisées dans les publicités pour les obligations de guerre. Monsieur Code est le 2ème de la rangée dans la file la plus proche de l'appareil photo.

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  • Liste nominative, également appelée un "papier pelure". Monsieur Code a apporté ce document avec lui lors de l'invasion du jour J comme document d'identité. Cette liste comprend le numéro matricule des hommes et des véhicules sous sa responsabilité.

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  • Voici une photo de l'unité de Monsieur Code en train de monter à bord du SS Louis Pasteur en 1941.

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Écoutez ce témoignage

"Quand j’ai vu ce que les bombardements massifs avaient fait et que j’ai vu où les allemands avaient construits les fortifications, des blocs en béton, d’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur, là j’ai compris ce que l’homme peut faire, ce que l’homme peut détruire."

Transcription

Le jour où on a quitté l’Angleterre, ou deux jours avant, on nous retenait dans un camp, on ne pouvait ni recevoir ni envoyer de messages. Ils nous ont donné des francs français, donc on savait où on allait. De l’argent de l’occupation.

On est allés là-bas à bord d’un LCT, une barge de débarquement de char d’assaut. Une barge de débarquement de char d’assaut pouvait prendre un char Sherman de 45 tonnes, et c’est tout ce qu’elle pouvait transporter. Elle était dotée d’un fond plat et c’était juste un genre de chaland. On pouvait y mettre deux jeeps et deux remorques dans un coin dans le fond ; et c’est là dessus qu’on a débarqué, un LCT, une barge de débarquement de chars.

On m’a donné un peloton de 20 jeeps. J’ai une liste nominative avec moi, avec tous les noms des gens. Notre travail c’était d’enlever toutes les remorques des plages pendant le débarquement des troupes, et de pousser ces remorques avec des chargements d’une demi tonne de munitions, ravitaillement etc., de les rassembler et de les amener aux régiments d’infanterie. Ça a été le premier travail où j’ai été. J’ai débarqué le jour J, en Normandie à 11 heures du matin environ.

Ma plus grande préoccupation c’était mes hommes ; et c’est un atout quand vous en êtes responsable, vous pensez plus à vos gars, vous ne pensez pas trop à votre personne. Vous pensez que vous voulez protéger vos hommes. Nos jeeps étaient toutes étanches, donc la première chose qu’on a faite quand on a débarqué, on est descendus dans un mètre vingt, un mètre cinquante d’eau, ça a été d’arracher l’isolation et tout, et de faire tourner les moteurs pour les purger, vous voyez. Il fallait que je gère ça. Alors la gestion m’a beaucoup occupé ; et on m’a forcé à faire ce boulot parce que je n’avais suivi aucun entrainement. Le sergent qui en avait la responsabilité était sorti un soir et s’était saoulé, et la police militaire l’avait enfermé. On m’a promu de manière inattendue et je suis allé reprendre cette unité, à peu près trois ou quatre jours avant qu’ils s’en aillent. Alors j’étais inexpérimenté, je n’y connaissais rien. J’étais en train d’apprendre, vous voyez. Je n’avais pas le temps de penser à quoi que ce soit d’autre.

C’est incroyable ce que j’ai vu. La première chose que j’ai vue c’était un pauvre vieux taureau dans un champ, qui se tenait dans le champ après touts ces bombardements et le reste. Il était là, debout, dans un pâturage. Et c’est la première chose que j’ai vue quand on a débarqué, ce vieux taureau. Malheureusement, j’étais tout à fait au courant de ce qui s’était passé quand notre Colonel Bessonette a été tué. On était le long d’une haie. En fait, notre peloton de jeeps, on avait trouvé un champ de moutarde là-bas, un petit champ de moutarde ; et les plants de moutarde en France ça pousse jusqu’à deux mètres, deux mètres vingt de hauteur. On était éparpillés là dedans comme dans une cachette ; et on avait creusé nos tranchées étroites.

Quatre cents mètres plus bas, le Capitaine Eaton était dans le coin d’un champ et pas très loin au nord, l’état-major principal du Colonel Bessonette venait juste de s’installer. Quand il a entendu dire que le Capitaine Eaton avait été tué, il est descendu là-bas et entre temps, on nous avait dit, que les allemands lançaient trois obus et puis arrêtaient parce qu’ils ne voulaient pas que les éclairs indiquent l’endroit où ils se trouvaient. Et ils en escomptaient toujours trois pour quelque raison. Alors on est restés sous terre jusqu’à ce que le troisième arrive. Bon, il est tombé quand le premier est arrivé, le deuxième l’a eu. Et il n’avait pas assez de cervelle, il n’avait pas été là assez longtemps pour comprendre que c’était comme ça. Nous on le savait par expérience. On s’était faits bombardés un petit peu et alors on creusait ; et c’était la première chose, dès qu’on s’arrêtait, on creusait des tranchées. Et on se mettait sous terre et vous êtes plus en sécurité.

On m’a dit de rassembler un groupe d’inhumation et de creuser une tombe dans un enclos paroissial ; et on l’a enterré dans une caisse de munitions de pièce de 25 livres parce qu’il avait sauté. Quand j’ai vu ce que les bombardements massifs avaient fait et que j’ai vu où les allemands avaient construits les fortifications, des blocs en béton, d’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur, là j’ai compris ce que l’homme peut faire, ce que l’homme peut détruire.

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