Témoignages d'anciens combattants:
Frank Albert Cramer

Armée

  • Portrait de groupe de la compagnie Tunnelling No.1, RCE à Hilversum, Pays-Bas, en juin 1945. M. Frank Cramer (épelé Kramer pendant la guerre) est la 4ème à gauche au 4ème rang en partant du fond.

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  • Frank Cramer (épelé Kramer pendant la guerre) sur la route de Bomba, Italie, en février 1944. On peut voir la rivière Sangro derrière lui.

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  • Soldat du génie Frank Cramer (épelé Kramer pendant la guerre) dans le comté de Durham, en Angleterre, recherchant du métal en avril 1942.

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  • Section de la compagnie Tunnelling No.1 à St-John Chapel, comté de Durham, en Angleterre, en janvier 1943.

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  • Frank Cramer (épelé Kramer pendant la guerre) à Florence, Italie, après l'ouverture de l'autoroute 67 à Casaglia Pass en novembre 1944.

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"Ils ont jeté un coup d’œil et m’ont envoyé à Foggia en ambulance ; et ils ont établi que j’avais la malaria."

Transcription

Le trois septembre, j’ai pris la mer à Halifax pour aller en Angleterre, à Liverpool. Je suis resté dans le 1er escadron de campagne (Génie royal britannique) jusqu’à Noël au moment où ils sont descendus à Aldershot en Angleterre ; et à Aldershot (quartier général de l’armée canadienne), la compagnie de sapeurs mineurs (N°1, Génie royal canadien) avait eu un tuyau de la compagnie du Général (Andrew) McNaughton (Commandant du 1er corps canadien), qui s’était arrangé pour que tous les anciens foreurs qui arrivaient en Angleterre puissent être transférés d’une compagnie à une autre, à la compagnie des sapeurs mineurs. Et alors à Aldershot, on m’a informé que je pouvais être, si je le désirais, transféré dans la compagnie des sapeurs mineurs et j’ai donné mon accord. J’ai découvert que nous avions été mis avec un tout petit groupe d’hommes qui avaient été choisis pour faire un travail spécial. C’est de cette manière qu’ils l’ont présentée. Et alors on s’est réunis et on a reçu un nouvel équipement, et des nouveaux uniformes, on a eu tout ce qu’il y avait de plus récent ; et j’ai découvert que notre matériel avait été estampillé, « matériel neuf ». Et tout avait été estampillé avec un mot de code « cercueil ». Joli nom pour un groupe de gens, cercueil. En tout cas, on est allés dans le nord de l’Angleterre et en Écosse, où on a suivi un peu d’entrainement militaire pour changer ; et c’était un dur labeur, et je crois que je suis allé de… J’ai perdu quelques kilos. Entrainement très rigoureux pour le travail et la bataille, tout ce genre de trucs. On n’avait pas l’habitude de ça. Et à Glasgow, et on s’est dirigés vers un endroit quelque part à l’est. On ne savait pas du tout où on allait, et j’ai navigué sur un petit bateau qui s’appelait le (NSM) Dunnottar Castle. On s’est retrouvés en Sicile. J’étais un ouvrier qualifié. On appelait ça mineur et foreur. J’avais l’habitude d’être payé pour ça ; et mon travail en Italie et en Angleterre c’était percer des trous, sans distinction de taille ou de forme. J’avais une formation dans les ponts, une formation dans la démolition, j’étais entrainé pour le combat. On était des gens très bien entrainés. En remontant jusqu’à Termoli on a travaillé un peu sur des ponts et à ce moment-là, on a eu notre première pluie torrentielle. Je me souviens avoir eu, juste au sud de Termoli, un pont à réparer car il avait été emporté par les eaux. Après avoir fait ça, on est allés au nord de Termoli et il pleuvait à verse ; et ça nous paraissait glacé. Je me suis réveillé un matin là-bas, au nord de Termoli, et après une nuit de sommeil passée sous le camion, je me suis réveillé le matin suivant et j’avais l’impression que ma tête allait exploser et j’avais mal au cou ; et j’étais vraiment malade. Alors j’ai dit à notre officier, je crois qu’il s’appelait Cormier, que je n’allais rien pouvoir faire ce jour-là et alors j’ai sauté dans le camion et je suis allé dans un poste de secours. Ils ont jeté un coup d’œil et m’ont envoyé à Foggia en ambulance ; et ils ont établi que j’avais la malaria. Ils m’ont fait transporter à l’aéroport et ils allaient m’envoyer en avion à Catane en Sicile mais j’ai passé le reste de la nuit à l’aéroport et puis à faire le voyage jusqu’à un hôpital au pied de l’Etna. Et là-bas, j’ai passé les… jusqu’à Noël. Je me souviens d’une période et puis j’ai des images qui me viennent d’un jour dans cet hôpital à Catane, au pied de l’Etna. Ce jour-là, on nous a dit à tous d’essayer de, si on pouvait, d’aller dehors sur les balcons et le devant de l’hôpital, en bas dans le port, et c’était plein de grands balcons. Un hôpital magnifique. On nous a dit, allez dehors sur les balcons. Alors la plupart d’entre nous qui pouvaient marcher ou clopiner, ou sortir là, sont sorti sur le devant de ce balcon. Et ceux qui ne pouvaient pas marcher ont été aidés. Et là, marchant jusqu’à l’allée circulaire il y avait un corps de cornemuses, il appartenait à la 51ème (Highland) division (d’infanterie), qui avait été en Afrique du Nord depuis le début de la guerre. Ils retournaient à Blighty (Grande-Bretagne), ils rentraient en Angleterre. Ils se sont rassemblés à l’entrée de l’allée avec une marche lente, ils ont commencé à jouer « The road to the Isles » ; et ils ont petit à petit augmenté l’allure jusqu’à ce qu’ils en viennent à jouer à plein en prenant la direction des docks. Le son s’est simplement évanoui dans le lointain. Et vous savez, tout le monde avait la larme à l’œil dans la maison. C’était magnifique.
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