Témoignages d'anciens combattants:
Marie Verna La Rue

Forces aériennes

  • Marie La Rue en 2010.

    Historica Canada
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"Je pensais que je faisais quelque chose pour mon pays. J’étais très patriote, vraiment, je ressentais ça comme ça, même quand j’étais jeune, vraiment."

Transcription

On avait un magasin et une poste dans la campagne. Ils apportaient toujours ces affiches qui faisaient de la publicité pour s’engager. Et j’ai dit à ma mère, ça alors, est-ce que je peux m’engager dans l’armée de l’air ? Elle a répondu, bien sûr, si tu en as envie. Et c’est ce qui m’a fait y penser, c’était toutes ces affiches qui encourageaient les jeunes filles à s’engager. Et c’est là que j’ai décidé de m’engager. Les filles de l’armée de l’air, on devait avoir 21 ans pour partir outre-mer et je n’étais pas assez vieille. Je n’avais que 18 ans, alors je n’étais pas autorisée à partir outre-mer. J’ai fait tout mon service ici au Canada, alors. Ça me rendait furieuse par moments. Je disais, comment se fait-il que les filles de l’armée de terre peuvent y aller mais que les filles de l’armée de l’air ne peuvent pas ? Vous savez. Les filles de l’armée de l’air ne peuvent pas aller outre-mer avant d’avoir 21 ans. Mais pourquoi cette différence, je ne sais pas. Et on avait toujours l’impression que les filles de l’armée de terre étaient des dures à cuire en quelque sorte. Non, je suis sérieuse. Comme par exemple, il fallait avoir fait un tout petit peu plus d’études pour entrer dans l’armée de l’air. Pas énormément mais un petit peu. Avec un niveau certificat d’étude, vous pouviez aller dans l’armée de terre mais pas dans l’armée de l’air. Vous deviez avoir fait un tout petit peu plus d’études. Pas beaucoup mais un petit peu. J’avais le niveau Terminale (12ème) à ce moment-là, bon j’avais fait ma Première (11ème). Toutes les filles de l’armée de l’air faisaient leurs classes à Ottawa. Je crois que c’était une formation de trois mois et puis on nous a transférées à Calgary, (école d’entrainement de vol de l’armée) n°3 du côté de la caserne Currie. La caserne Currie c’était l’armée de terre mais l’armée de l’air, nous étions la porte à côté de la caserne Currie. Et je suis restée là-bas pendant, oh mince alors, combien de temps ? Un peu plus d’un an je crois. Et nous nous sommes mariés avec mon mari. Il est parti outre-mer et c’est à ce moment-là qu’ils ont décidé de m’envoyer à Saint-Jean, au Québec, et j’ai travaillé dans les magasins là-bas. Vous appelez ça magasins ; vous ne vendiez pas d’affaires mais vous fournissiez des affaires. Vous pouviez aussi bien fournir de l’essence à ceux qui faisaient l’entrainement sur leurs avions de nuit ; vous vous leviez la nuit et leur fournissiez de l’essence pour leurs avions, ce genre de choses. Ou alors vous faisiez la distribution de vêtements, ça dépendait de la section dans laquelle vous travailliez. Je pensais que je faisais quelque chose pour mon pays. J’étais très patriote, vraiment, je ressentais ça comme ça, même quand j’étais jeune, vraiment. Et mon amie allait à Edmonton voir sa famille, alors elle m’a offert d’aller avec elle, et je l’ai fait. Et il y a ce jeune aviateur qui monte (dans le train), j’ai pensé, mince alors, il est vraiment mignon. Alors on a entamé la conversation avec lui. À cette époque, vous partiez à Edmonton le vendredi soir, et rentriez par le train de minuit le dimanche. Vous arriviez à Calgary à 6 heures du matin. Il a dit, gardez-moi une place. Alors je l’ai fait. Et on a commencé à sortir ensemble après ça et c’est comme ça qu’on s’est rencontrés et on s’est mariés quelques mois plus tard. Je l’ai rencontré dans le train. Je lui ai gardé une place. Non, il m’a gardé une place ; c’était ça – c’était dans le train pour Edmonton. On s’est mariés à Calgary. On était tous les deux dans l’armée de l’air. Une semaine plus tard environ on l’a envoyé outre-mer, et puis ils m’ont donné une affectation au Québec, où je suis restée pendant un certain temps, à travailler dans les magasins. Il a été absent pendant un an. On a passé une huitaine de jours ensemble et je ne l’ai plus revu pendant toute une année. Je le connaissais à peine, parole. Mais ça allait, on s’est toujours bien entendus depuis en tout cas. C’était quelque chose quand même.
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