Témoignages d'anciens combattants:
Gladys Marian Elsie Collins (née Jeffrey)

Forces aériennes

  • Gladys Collins au Quai 21 à Halifax, Nouvelle Écosse, le 28 septembre 2010.

    Historica Canada
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Transcription

À un moment donné tout le monde faisait quelque chose ou on attendait de chacun qu’il fasse quelque chose ; et les femmes pouvaient soit s’engager dans l’armée ou alors aller travailler en usine. Mon choix à moi c’était d’aller dans la RAF. La raison étant que j’avais un frère dans l’armée de l’air. Je préférais faire ça plutôt que d’aller dans une usine. On devrait accorder du crédit à ces femmes. Ça n’a pas encore été vraiment fait me semble-t-il. Ça a toujours été le service, les anciens combattants et ainsi de suite. Mais elles travaillaient jour et nuit. Elles ont travaillé à des choses comme la construction des Spitfires (avion de chasse anglais) et autres, quand on a manqué de personnel ; et elles ont fait beaucoup. On n’a jamais rien fait pour elles. Je ne me suis pas engagée au tout début ; c’était aux alentours de 1942, je crois. Vous voyez, la guerre a commencé en 1939. Et ma mère était très malade à ce moment-là ; et j’avais vraiment envie de rester à la maison, je suppose. Mais je voulais aussi vraiment aller dans l’armée de l’air ; et j’y suis entrée comme chauffeur. Je conduisais n’importe quoi, de la camionnette au camion trois tonnes. C’était amusant d’apprendre à conduire. On a beaucoup rigolé, à faire grincer les boites de vitesse, et ainsi de suite. Les instructeurs qu’on avait là-bas étaient, pour certains, c’était des chauffeurs de taxi londoniens. Ils étaient très sévères avec vous. Je me souviens de différents incidents où il s’est passé des choses amusantes. Comme la fois où on conduisait, ils nous ont fait monter au sommet d’une petite colline et on apprenait à rétrograder et on était deux dans une petite camionnette et l’autre fille conduisait ; et sans faire exprès elle a enclenché la marche arrière. On a redescendu la pente à reculons. (rire) Je me souviens encore de l’instructeur qui disait, là, maintenant vous savez ce que c’est que la marche arrière, n’est-ce pas ? (rire) Conduire des véhicules plus grands, tout était tellement vieux. Ce n’est pas comme de nos jours avec les boites automatiques et tout ça ; et le grincement de la boite de vitesse était impressionnant. Mais ils n’ont jamais eu l’air de vraiment nous en tenir pour responsables. Et parfois, je me souviens d’une fois où on allait toutes passer un test, en espérant avoir une promotion. Les promotions ça n’arrivait pas très vite dans l’armée en Angleterre. On roulait et le changement de vitesse était tellement dur que l’instructeur devait lui-même passer les vitesses. C’était vraiment vieux. Là où j’habitais, on n’a pas eu beaucoup de bombardements. C’était près de la côte et les avions avaient l’habitude de survoler le coin. Ils larguaient des bombes quelquefois. On disait qu’ils larguaient des bombes seulement s’il leur en restait en repartant, alors ils les larguaient là. Je me souviens de ma mère qui était terrifiée. J’habitais encore à la maison à l’époque. Alors c’était très dur pour eux. C’était tellement amusant, vraiment, parce qu’on essayait de rester au lit (pendant les raids aériens) et elle disait, les filles vous sortez de là (j’avais une sœur, elle était dans les ATS (femmes britanniques engagées dans l’armée de terre) ; et ma mère disait, vous deux vous allez mourir dans vos lits, et on disait quelque chose comme, bon, c’est probablement le meilleur endroit. (rire) Mais vous n’aviez jamais l’impression que quelque chose risquait de vous arriver. J’avais toujours le sentiment que, ça ne va pas m’arriver à moi. Mon frère, que j’ai déjà mentionné, était dans l’armée de l’air, il est mort au large des côtes de Douvres. Son histoire est incroyable. Il était mécanicien de bord à l’époque sur un bombardier Stirling. Le pilote a reçu la Croix de Victoria, or c’est la distinction la plus élevée que quelqu’un puisse recevoir. Mais le pilote, ils les a tous ramenés au dessus la terre ferme, l’avion était terriblement endommagé et il leur a dit de sauter ; et mon frère avait toujours dit à ma mère qu’il lui faudrait rester aussi longtemps que possible dans l’avion parce qu’il s’occupait du carburant, et ce genre de choses. Il est resté avec lui et le pilote a fait demi tour au dessus de la mer, pour qu’il ne s’écrase pas sur une maison ou quoi que ce soit. 9a a été un moment très triste, oui. Je crois que j’étais à Caen au moment où c’est arrivé ; et on était parties quelque part, je n’arrive pas à me souvenir si c’était, pourquoi c’était, mais il y avait un paquet de WAAFS (auxiliaires féminins de l’armée de l’air), vous savez, des femmes et nous étions à l’arrière d’une de ces grandes camionnettes, en train de rire et de chanter et c’était à ce moment-là que ça s’était passé. Et alors c’était très triste. C’était dur pour les mamans. Très dur.
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