Témoignages d'anciens combattants:
Alexander Allan “Sandy” Scott

Forces aériennes

  • Un hydravion Catalina - photographié ici à Ceylan, en Inde - comme un de ceux sur lequel Alexander a travaillé à Durban, en Afrique du Sud. Crédit de photo: Anciens Combattants Canada

    Anciens Combattants Canada
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"Et nous estimions avoir eu beaucoup de chance quand nous rentrions à la base sans avoir été repérés par l’ennemi."

Transcription

Mon nom complet est Alexander Allen Scott. J’ai 91 ans. Pendant mon service militaire, je faisais partie d’un escadron de la Royal Air Force, l’escadron 259, en Afrique de l’Est. Nous pilotions des hydravions à coque Catalina. C’étaient des avions longue distance qui n’étaient pas conçus pour les combats aériens, mais ils étaient absolument indispensables pour les longs voyages. C’est donc pourquoi on les utilisait. Car sans être très rapides, ils étaient parfaits pour les missions de reconnaissance car ils pouvaient voler durant de longues périodes. Nous faisions surtout des recherches et des patrouilles anti-sous-marines pour dénicher les vaisseaux ennemis, et la portée de notre appareil était considérable. Normalement, nous pouvions voler pendant 12 à 14 heures, et parfois jusqu’à 17. Et nous estimions avoir eu beaucoup de chance quand nous rentrions à la base sans avoir été repérés par l’ennemi. Puis un jour que nous faisions une patrouille de routine, il y a eu un blip sur notre radar et nous avons décidé de suivre la direction qu’il indiquait pour voir ce qui se passait. Environ une heure et demie plus tard, nous sommes tombés sur un navire-mère, un navire de service ennemi utilisé pour avitailler les sous-marins de la zone. C’était une découverte très importante pour toute la région et pour toute cette période où nous sommes restés dans l’océan Indien. Je me souviens d’un endroit où nous avons croisé un groupe d’Africains indigènes avec leur famille, environ 20 à 30 personnes qui entouraient leur chef. Je me suis adressé à eux et certains parlaient l’anglais. Ils étaient en face de moi, sur l’autre rive du cours d’eau que je longeais. J’étais en permission à l’époque. J’ai déposé mon chapeau au sol, puis je me suis avancé pour m’arrêter à mi-chemin du pont tout branlant qui enjambait la rivière, et je leur ai demandé de viser mon chapeau avec leurs lances (rires)... Je les ai regardés se mettre en position pour s’élancer... Et c’était plutôt long comme distance à parcourir, je dirais 25 mètres environ. J’avais donc déposé mon chapeau au sol et je me suis dit qu’il serait fichu s’ils l’atteignaient (rires). L’un d’eux a donc projeté sa lance (bruit) et elle s’est fichée dans le sol à une quarantaine de centimètres du chapeau. C’était un coup de chance et je leur ai donné une pièce de 25 cents, et ils étaient très contents (rires). C’était plutôt un schilling en fait, car nous avions des schillings à cette époque...
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