Témoignages d'anciens combattants:
Quentin Douglas Jacks

Marine

  • Dr. Quentin Jacks à Vancouver, Columbie-Britannique, le 28 juin 2010.

    Historica Canada
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"on a organisé une fête pour les officiers russes à la fin de notre séjour mais pendant qu’on était là-bas, on a fait un match de hockey avec les russes."

Transcription

Je voulais m’engager dans l’armée et en fait je voulais aller dans la marine parce que la plupart de mes amis, mes camarades de classe en médecine, s’étaient engagés dans la marine comme médecins. J’ai été affecté à Scapa Flow (Écosse) sur l’Algonquin. J’ai eu ce poste en remplacement d’un médecin qui était le médecin de bord sur (NCSM) l’Algonquin, et qui avait été accusé d’homosexualité. Donc le scénario c’était, à ce que je comprends, on l’avait juste enlevé de ce bateau pour le mettre sur un autre bateau. Mais je l’ai remplacé sur celui-là. Je suis arrivé à Scapa Flow un ou deux jours avant Noël en 1944. On a pris la mer avec le convoi pour Mourmansk (Russie) le premier de l’an ou la Saint Sylvestre. Le premier de l’an je crois que c’était. Sur notre route pour aller à Mourmansk, on a croisé un certain nombre d’avions de reconnaissance allemands qui venaient de Norvège, mais pas de sous-marins. Nous avons compris qu’ils étaient en train de mesurer notre flottille, comme ça neuf jours plus tard, quand ils nous verraient au même endroit, ils enverraient les sous-marins et les avions. Bon, on est arrivés en Russie, et deux petites choses intéressantes se sont passées en Russie, à Mourmansk. Et d’un le capitaine avait donné des ordres, pas d’échanges avec les russes. On s’est amarrés à côté d’un sous-marin et immédiatement, les matelots ont commencé à échanger rhum et vodka. Et la vodka était de couleur rose. Je ne sais pas pourquoi, mais elle était rosée. Une autre chose très intéressante, pendant qu’on était là-bas, on a organisé une fête pour les officiers russes à la fin de notre séjour mais pendant qu’on était là-bas, on a fait un match de hockey avec les russes. On avait une patinoire extérieure avec des bords autour d’elle d’une hauteur de trente centimètres ou un peu moins. Et on s’est servi de leurs crosses de hockey et de leurs patins. Mais leurs crosses ressemblaient à des crosses de hockey sur gazon, ceux qu’on utilise sur un terrain. On les avait trois à zéro à la fin de la première période et l’officier de liaison anglais a dit, vous ne pouvez pas les battre maintenant, alors ils nous ont battus quatre à trois en trois périodes. Je m’en souviens parce que j’ai joué. Donc sur le chemin du retour, on s’est retrouvés avec des vents de force 11. Et c’était juste en dessous d’un ouragan. Dans ces circonstances là, les sous-marins ne pouvaient pas fonctionner. Et les avions n’ont pas pu venir non plus. Alors le capitaine à bord, le commandant en chef, un amiral, toujours un amiral à bord d’un cuirassé ou d’un porte-avions, il a dit, chacun pour soi. Donc vous pouvez aller soit en Islande ou dans les îles Féroé. Or, la majorité d’entre eux est allée en Islande. Deux navires, nous et le (NSM) Zambesi, un destroyer river class anglais – nous sommes allés dans les îles Féroé. Et j’ai été blessé là-bas mais comme c’était moi le docteur, je n’ai pas… j’ai dû me soigner moi-même. Je marchais le long d’une jambette et j’ai été frappé par une de ces vagues en retournant à l’infirmerie et ça m’est passé juste au milieu comme ça, comme le pied d’une chaise, juste par là. Et j’ai quitté la marine avec deux hernies mais je n’ai jamais fait de déclaration pour ceci. Je ne l’avais jamais fait mettre par écrit, parce que comme j’étais le docteur, j’ai juste dit, bon, il faut que je prenne soin de moi-même et je n’ai jamais pensé à l’écrire dans la liste des malades. Voyez, je reçois une pension pour d’autres choses, je reçois une pension pour deux ou trois choses, pour une maladie des sinus parce que j’ai été hospitalisé. Je reçois une pension pour des hernies parce qu’après la guerre j’avais deux hernies. Et puis tout le monde a reçu une pension pour les oreilles, parce que j’étais juste au dessus… Je veux dire, ce premier navire avait, chaque destroyer avait 36 000 chevaux vapeur, vous savez. Et vous avez raison, et les canons « Pom-Pom » et les croisières d’endurance et tout le reste ; vous étiez toujours sujet à un traumatisme par le bruit.
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