Témoignages d'anciens combattants:
Lysle Herbert Sweeting

Marine

  • Navire de débarquement dans un lieu non-identifié en Afrique, 1942.

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  • M. Lysle Sweeting photographié devant au centre, 1943.

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  • M. Lysle Sweeting et un ami en 1940.

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  • M. Lysle Sweeting en 1941.

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  • M. Sweeting en 1941 et 2010.

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Transcription

J’étais barreur sur le LCM, c’est un engin de débarquement pour véhicules lourds. Vous preniez les chars et les camions. Et puis il y avait les LCA, c’était les bâtiments d’assaut de débarquement, juste des petits. Et en fait les premières troupes qui ont débarqué sur la plage avaient été sur ces engins et pour les plus grands navires, c’était les LCT, les barges de débarquement de chars d’assaut, pour mettre les gros chars dessus et tout ; ils pouvaient en prendre 10 ou 12 de ce genre là à bord d’une barge. Il y avait deux navires sur lesquels on était, sur des navires marchands ; ils mettaient les navires sur le côté et ensuite ils mettaient le contenu dedans. Il y aurait dû y avoir un officier sur mon bateau et un sur l’autre, mais l’autre navire était prêt avant moi, alors ils sont partis avec, le Lieutenant Barclay était l’officier qui commandait, ce qui a fait que je suis resté avec juste… Je me suis retrouvé tout seul aux commandes. Et à l’entrée, il y avait une sacrée fusillade et ce qui est arrivé c’est que la légion étrangère française, la ville d’Alger était pour ainsi dire entre leurs mains. Et on était à une trentaine de kilomètres environ à l’est d’Alger, à Arzew, qui était l’endroit où on a débarqué. Mais on nous tirait dessus, à ce moment-là. J’avais, il y a eu un coup où une balle est tombée. J’étais dans la cabine carrée, en tant que capitaine qui gouverne le navire et on avait des protections sur l’extérieur, des protections anti éclats d’obus, et on a eu une balle qui a atterri juste là, à ça de moi à peu près, c’est le moment où je me suis trouvé au plus près de ce qui aurait pu être la mort. Il faisait nuit noire évidemment et ils tiraient en direction du bruit de nos moteurs. Un de mes hommes voulait riposter avec son canon et je l’ai menacé tout ce qu’il y a de plus sérieux, s’il s’avisait de tirer, je ferais de même. Mais ils ne pouvaient pas nous atteindre ; bon, ils ont effectivement eu un coup de chance. Mais son nom c’était Mouthy. J’ai fait débarquer ce qui était sur cet engin, char et son équipage et ils ont quitté la plage et sont partis pour la guerre. Et on a fait des allées et venues pendant deux jours à apporter du ravitaillement… Il n’y avait pas de port où le navire pouvait accoster. Alors il nous fallait décharger les navires seulement avec l’engin de débarquement. Puis on a laissé l’engin de débarquement là-bas et on l’a prêté à la 8ème armée, ils étaient dans notre secteur pour parachuter plus de troupes le long de la côte d’Afrique du Nord et repoussaient petite à petit la 8ème armée allemande vers le Caire et l’est de l’Égypte dans son entier. On les a embarqués sur un navire de troupes… On est repartis en Angleterre et on a fait la navette dans différents ports en Grande Bretagne pendant deux ans, à former différentes troupes de l’armée pour le débarquement. Et une autre triste journée. Quand on était là-bas (en Sicile), on attendait le remplissage de nos barges avec les équipes pour repartir et les amener sur le rivage, on avait l’habitude de nager dans les eaux agréables et chaudes de la Méditerranée et pendant la journée, il y avait un navire hôpital qui était peint en blanc avec une grosse croix rouge dessus, on pouvait le vois à 10 milles alentour, avec des lunettes. Il était ancré à quatre ou cinq milles au large. On transportait par bateau les gens blessés au combat sur le rivage jusqu’au navire hôpital. Et le surlendemain matin, je crois que c’était le deuxième matin, on avait entendu une explosion pendant la nuit parce que les allemands bombardaient tout le long de la tête de pont où les navires ou les bateaux débarquaient. Mais le navire hôpital n’était plus là ; il avait été coulé pendant la nuit et lors des premiers débarquements là-bas, il y avait tout un tas de marines qui y étaient allés par avion avant nos propres débarquements. Au départ ils étaient sur la plage. Et l’un des avions avait été descendu en bordure de la plage, il n’était pas arrivé sur le rivage mais il était sur la côte, alors on se tenait là assis, on était, on a rendu visite à cet avion qui était dans l’eau près du rivage. Le jour suivant quand on est allés nager, on a posé nos mains sur la queue de l’appareil, vous savez, juste pour avoir quelque chose pour se tenir et il y avait un infirmier, son corps était allongé là et il… un des gars avec moi a posé sa main là dessus et l’infirmier était sur le navire hôpital qui avait coulé cette nuit-là. Et les corps s’étaient échoués sur le rivage. Mais ça a été vraiment terrible pour nous.
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