Témoignages d'anciens combattants:
John Robertson

Armée

  • Rapport de disparu en action envoyé à la mère de John Robertson le 19 avril 1945.

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  • M. Robertson et son épouse Dorothy le jour de leur mariage le 23 avril 1948.

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  • John Robertson lorsqu'il s'est enrôlé en 1943.

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  • John Robertson devant chez lui à Burlington, Ontario, en novembre 2008.

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"...Et j’ai hurlé : hand to hoe, quand je suis arrivé en bas de l’escalier, mains en l’air dans un allemand très approximatif. Et j’avais l’arme en place et tous les gens que j’ai vus dans le sous-sol, il y avait environ dix à douze hommes là en bas."

Transcription

Alors que nous (l’Argyll et le Sutherland Highlanders of CanadaPrincess Louise) approchions de la ville de Veen (Allemagne) sur ce barrage roulant, on devait sans cesse se terrer parce qu’il y avait ce canon à trajectoire courte, ce qui voulait dire que les obus de ce canon atterrissaient presque tout droit sur l’endroit où on se trouvait. Pendant qu’on avançait en partant de cet endroit, chaque fois qu’on se terrait on risquait de se perdre ou de se tromper parce que al nuit était tellement noire qu’on n’arrivait pas à se voir les uns les autres, et il fallait presque qu’on se touche pour se trouver. Alors qu’on allait de l’avant, je suppose que c’est ce qui nous a séparés et quand je suis arrivé à Veen en fait, j’ai découvert que je n’avais qu’une dizaine d’hommes. Je n’arrive pas à en être sûr, mais on était tout un groupe en tout cas.

On était au croisement à ce moment-là, et on a trouvé la maison qui était celle qu’on croyait être notre objectif d’attaque. Alors je me suis dirigé de ce côté-là et fait étrange il semblerait, il y avait de la lumière qui sortait de cette maison-là précisément ce qui est peut-être utile pour nous attirer là-bas ou peut-être, je ne sais pas pourquoi, mais en tout cas, c’était la maison que j’avais choisie comme objectif. Et alors quand on est arrivé juste à la maison, j’ai décidé d’entrer et de précéder le reste du groupe et je leur ai demandé de se faire discrets jusqu’à ce que je revienne et les aie eus, et leur donne d’autres consignes.

Je suis entré et j’ai avancé sur la pointe des pieds à l’étage principal jusqu’à la cave d’où montait la lumière et tout à coup, mon instinct m’a poussé à me précipiter dans l’escalier ; et je l’ai fait avec la mitraillette sur la position tir, et j’ai hurlé : hand to hoe, quand je suis arrivé en bas de l’escalier, mains en l’air dans un allemand très approximatif. Et j’avais l’arme en place et tous les gens que j’ai vus dans le sous-sol, il y avait environ dix à douze hommes là en bas. Ils étaient en train de faire ce que les soldats font quand ils ont un peu de temps devant eux, raccommoder les vêtements et frotter leur équipement, et ainsi de suite. Alors ils ont tous obéis sans exception. Ils ont tous mis les mains en l’air et se sont comportés de manière correcte. Je n’ai pas eu de difficultés avec eux. Peut-être ont-ils pensé, ouah, la guerre c’est fini pour nous ou quelque chose comme ça, je ne suis pas sûr. Mais quoiqu’il en soit, ils n’ont pas causé la moindre difficulté.

Après quelques négociations aller-retour avec les allemands dans un mélange d’anglais et d’allemand hésitant, on a réussi à s’entendre. Après s’être organisés avec les prisonniers dans le sous-sol, on avait un homme dehors et il nous a prévenus qu’un terrible échange de coups de feu avait pris place à la bordure de la ville à l’endroit d’où on venait, et on pouvait déterminer d’après le bruit des coups de feu que c’était un mélange d’anglais, on entendait des armes anglaises et allemandes tirer. Donc ça voulait dire que les hommes qui se trouvaient à l’extérieur de la ville qui ne nous avaient pas retrouvés étaient assiégés par les allemands, alors j’ai décidé de retourner là-bas avec un ou deux hommes pour voir si on ne pouvait pas faire quelque chose ou trouver ce qui se passait. Quand on s’est retrouvés à l’endroit d’où le bruit provenait, on a commis l’erreur de tirer sur la maison et de crier, hand to hoe, en essayant de faire comme s’ils avaient été encerclés en tirant des coups de feu à l’arrière des maisons en même temps que nos camarades tiraient du devant de la maison.

Alors après qu’on ait fait feu, tout à coup, la riposte est arrivée immédiatement de la maison, et avec ça, la première rafale m’a éclaté à la tête et c’était une balle traçante. Alors je pouvais dire où c’était. La suivante, il a visé légèrement plus haut et il m’a eu dans le dos, et ça m’a donné un grand coup. J’ai fait un vol plané. Un vol plané comme les cowboys dans les westerns ; et je ne sais pas ce qui est arrivé, mais en tout cas, j’ai rebondi et je me suis retrouvé par terre. J’ai cru que j’étais grièvement blessé parce que je n’arrivais pas à reprendre haleine, et il s’est avéré dans les quelques minutes qui ont suivi que j’avais juste le souffle coupé, et je n’arrivais pas à reprendre mon souffle. Et c’est ce qui m’a fait pensé, oh c’était vraiment sérieux, il m’a touché au poumon. Mais ce n’était pas le cas.

Mais en tout cas, j’ai fait savoir aux deux gars qui étaient avec moi que j’avais été touché et qu’il me semblait que j’avais besoin d’aide pour me relever, et retourner à la maison dans laquelle on était. Et avec ça, le gars sympa que j’avais amené avec moi, est venu près de moi et m’a tendu la main pour m’aider à me lever pour repartir dans la maison, ce qui n’a pas pris longtemps parce que ce n’était pas loin. Quand je suis arrivé dans la maison, les allemands que j’avais dans le sous-sol ont pu voir que j’étais dans un sale état et immédiatement ils sont tous venus apporter leur aide en m’enlevant mes vêtements du haut pour trouver où j’avais été touché. Ils m’ont donné les premiers soins pour voir s’il pouvaient arrêter le sang de couler, et ils m’ont mis des bandages et ainsi de suite, jusqu’à ce que les saignements s’arrêtent.

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