Témoignages d'anciens combattants:
Helen Rochon (née Walter)

Armée

  • Helen Rochon et le Premier Ministre Jean Chrétien au repas du Haut Commissaire à Londres, lors du la journée du 50ème anniversaire de la commémoration de la victoire, le 8 mai 1995.

    H. Rochon
  • Un mariage militaire à Londres, probablement en 1945, avec une garde d'honneur à l'extérieur de l'église.

    Le sous-sergent Gloria Moore a été mariée à Alexander Park le 10 mars, à Londres. La mariée portait l'uniforme, comme le portait sa demoiselle d'honneur, le Caporal Helen Walter. Après la réception dans la maison de M. et Mme Burch, un oncle et une tante du marié, le jeune couple est parti en lune de miel pendant sept jours. Frank est ensuite retouné en Allemagne et Gloria à ses activités quotidiennes.

    H. Rochon
  • Première grande expérience de raid aérien d'Helen Rochon à Londres, nuit du 15 juin 1944.

    H.Rochon
  • Légation canadienne des membres du CWAC, 1942

    H. Rochon
  • H. Rochon en permission, Glasgow, 20 septembre 1944

    H. Rochon
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"Il y avait quantité d’hommes qui étaient de la vielle école et qui croyaient que les femmes ne devaient pas servir dans les forces militaires. J’en étais stupéfaite."

Transcription

Il s’adonne que j’étais sur le même navire que mon futur mari. Je l’ai rencontré quelques jours plus tard à Londres. Nous nous sommes rencontrés à quelques reprises en Angleterre et, une fois de retour au Canada, on s’est marié. Bon, c’est un peu à côté du sujet.

Mais, lorsque j’ai rencontré son beau-frère pour la première fois, je l’ai reconnu. Je lui ai dit, « Eh ! Je te connais, toi. T’es Curly, de la section de la paye. » Et, il m’a répondu que oui, c’était bien lui. Et, nous avons parlé des filles dans le service. Il m’a dit qu’il avait trop de respect pour elles, qu’il ne les harcèlerait jamais. Bien, ça, c’était son histoire. Les hommes n’étaient pas tous pareils. En tous cas, les gens de la jeune génération s’entendaient sur ces choses.

J’étais posté dans une infirmerie à Londres et mon officier commandant était une femme de North Bay. Je la connaissais vaguement, elle était un peu plus vieille que moi. Mais, en tous cas, un jour, elle est venue à l’infirmerie et elle a annoncé que j’avais un visiteur. C’était son frère. Il s’appelait Tom et il avait connu mon frère. Tom était un homme marié et je crois qu’il avait cinq enfants. Il avait traversé avec la 1e division cinq ans auparavant. Il avait remarqué que les filles n’étaient pas arrivées assez vite dans les forces militaires.

Je crois que l’arrivée des femmes était une vraie percée ; ça démontrait qu’elles pouvaient travailler, qu’elles pouvaient s’appliquer et mettre ses capacités à l’épreuve pour accomplir un boulot. Avant ça, la théorie disait que la plupart des femmes, et je dis bien la plupart, étaient destinées à être des épouses à la maison et des mères de famille. Je crois que c’était vraiment une première percée. Les filles sont devenues plus indépendantes à cause de leur service militaire et de leurs voyages autour du monde. Comme je l’ai dit, j’ai voyagé non seulement aux États-Unis mais aussi en Angleterre, en Allemagne et même à Paris, lors de mes missions.

La guerre était terminée et il y a eu des célébrations incroyables. Nous avons vu passé M. Churchill (Winston Churchill) en voiture, avec ses doigts en signe de la victoire. Et, nous avons vu la Reine à Buckingham Palace. Je ne pense pas que son mari était présent mais, il y avait les deux princesses, une en uniforme. C’était la reine actuelle ; elle faisait partie du Service Territorial Auxilliaire. La foule était très animée. Le mari d’une copine était un homme imposant et il nous a frayé un chemin à travers la foule au Square Piccadilly. Ce fut vraiment formidable et la population britannique était très exubérante, très excitée. Elle venait de traverser une très dure épreuve.

Je me souviens d’un congé. En permission, les soldats pouvaient s’éloigner sur une distance maximale de 20 milles (32.2 km] de la base. Et, ils ne devaient pas non plus s’approcher de leur base de plus de 20 milles. Et, le fiancé de ma copine était parti dans le sud. Alors, elle et moi avons rencontré son fiancé à mi-chemin. Nous avons trouvé un couette et café. Cette nuit-là, nous avons entendu les avions et les bombes. « Boom ! » Une explosion n’attendait pas l’autre. Et, à un moment donné, il y a eu une explosion vraiment très proche. Ma copine m’a dit, « Couvre-toi la tête, Helen. » Et, c’est ce que j’ai fait. La bombe a frappé tout près. Le lendemain matin, nous avons constaté que notre cheminée avait été détruite et que toutes les portes, des portes de fer, avaient été détruites. Derrière nous, deux maisons avaient été rasées. Bien sûr, les Anglais nous ont dit qu’il n’y avait pas eu de mort. Mais, si notre édifice avait été rasé, il y aurait eu au moins 10 morts. Je suis convaincu qu’il y a eu des morts dans les maisons d’à côté. Mais, les Anglais étaient très braves, très orgueilleux.

Il y avait quantité d’hommes qui étaient de la vielle école et qui croyaient que les femmes ne devaient pas servir dans les forces militaires. J’en étais stupéfaite. Un cousin germain qui était dans l’Aviation, a fait escale à Londres, en route vers l’Inde. Un soir, nous avons assisté à un spectacle ensemble. Tout le long du spectacle, il n’arrêtait pas de me dire, « Helen, il faut que tu quittes le service, personne ne mariera une fille qui a été dans le service. » Finalement, je lui ai dit, « Arthur, quelle expérience en as-tu ? » Et, ce fut la fin de la conversation. Il est reparti pour l’Écosse et je lui ai dit, « N’appelle-moi pas parce que ces propos ne m’intéressent pas. » Je ne l’ai plus jamais revu. Il a été tué en Inde.

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