Témoignages d'anciens combattants:
Jim “Jim/Pete” Peters

Marine

  • HMCS Montréal, M. Peters est le troisième en bas à gauche, en 1942.

    Jim Peters
  • Prisonniers italiens sur un navire canadien après le naufrage de leur sous-marin. Ils sont heureux car ils sont sur un navire canadien.
    Photo prise à Boné, en Afrique du Nord, en 1943.

    Jim Peters
  • Navire K234 HMCS Regina qui a fait couler le sous-marin italien en 1942.

    Jim Peters
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"Je regardais par en avant et j’ai vu un mur d’eau s’approchant vers nous. C’était une vague scélérate de 60 pieds et l’eau est montée jusqu’à ma poitrine."

Transcription

Je suis né le 21 février 1924 à Moose Jaw en Saskatchewan. Mon père était venu de Grèce et, évidemment, il a ouvert un restaurant en Saskatchewan. Ensuite, nous avons déménagés à Montréal. La journée après mon 18e anniversaire de naissance, je me suis rendu aux baraques à Montréal. Moins d’une semaine plus tard, j’étais à Cornwallis à Halifax. Cornwallis, c’est le nom des baraques là-bas.

J’ai rencontré un gars dans le foyer ; il pleurait. Moi, j’étais content d’être là, je ne pleurais pas. Je lui ai demandé, ‘’Qu’est-ce qu’il y a ?’’ Il m’a répondu, ‘’J’ai ce billet.’’. Et, j’ai dit, ‘’Qu’est-ce que tu veux dire, un billet ?’’ Il me dit, ‘’Je dois monter à bord du NCSM Regina demain.’’ J’ai répondu, ‘’Bien, veux-tu échanger ton billet pour le mien ?’’ Il était d’accord alors nous avons échangé nos billets.

Alors, j’ai pris le billet et je suis monté à bord du NCSM Regina. J’ai passé les quatre prochaines années à me promener d’un navire à l’autre. En tout, j’ai servi à bord de quatre navires. On avait toujours besoin de volontaires et je répondais toujours à l’appel. À part du temps passé en famille (plus tard dans ma vie), ce fut les meilleures quatre années de ma vie. Je suis devenu un homme. J’ai beaucoup aimé mon expérience. On a coulé un sous-marin lors d’un combat. On a pris 26 survivants à bord. C’étaient des prisonniers italiens. Lorsque le sous-marin est remonté à la surface, ils ont tous sauté à l’eau. Ils étaient tellement heureux d’être repêchés. J’ai des photos, vous les verrez tantôt. Nous les avons déposés en Afrique du Nord.

J’étais guetteur sur tribord sur le pont supérieur. J’étais attaché, tous les guetteurs étaient attachés, fixés sur place. Je regardais par en avant et j’ai vu un mur d’eau s’approchant vers nous.

C’était une vague scélérate de 60 pieds et l’eau est montée jusqu’à ma poitrine. Le navire a été violemment secoué en traversant cette vague. C’est comme gravir une colline. Nous étions sur le haut de la colline. Mais toutes les fenêtres sur le pont et dans la salle de pilotage, qu’on appelle, étaient brisées. Les flotteurs Carley et le seul bateau de sauvetage étaient tous disparus.

J’étais responsable des rails de lancement pour les grenades sous-marines. Ils nous avertissaient d’en haut pour régler la profondeur à 50 pieds. Alors, il fallait régler un bouton sur la grenade. Ensuite on nous donnait la consigne de ‘’rouler la une’’ sur les rails de droite ou de gauche. Alors il fallait tirer la poignée et dire ‘’Rouler la deux’’. Il fallait régler la profondeur et se croiser les doigts que tout se passerait bien. Et, c’est comme ça qu’on a coulé le sous-marin allemand – pas allemand, italien.

On s’est rendu à Mourmansk. On accompagnait un convoi de Scapa Flow en Écosse à Mourmansk. On a navigué le long des fjords de la Norvège. Un navire de guerre allemand est sorti d’un fjord, faisant plein feu - un barrage de quatre ou cinq coups sont passés directement au dessus de nous. Nous étions plus près de la côte. Les coups sont passés directement au dessus de nous et ont frappé un navire du convoi. Et, ce fut tout, ils ont battu la retraite parce qu’ils savaient bien qu’on appellerait des renforts, vous savez, l’appui de l’aviation pour venir les chasser.

La rumeur disait qu’on s’enlignait pour le Pacifique. Nous étions à bord d’un croiseur de bataille sur la mer Rouge. Normalement, on éteignait toutes les lumières la nuit pour ne pas attirer les sous-marins. Pendant quatre ans, nous n’avions jamais vu un navire illuminé. Mais, cette nuit, on a annoncé que les Japonais avaient capitulé et que la guerre était terminée. Tout le navire était illuminé. Ce fut toute une sensation. Mais, je me demandais s’il n’y avait pas un sous-marin perdu qui n’avait pas encore entendu la nouvelle.

On a obtenu notre congé de l’armée et on est rentré. Ma famille avait déménagé de Montréal à Pointe Claire. Je n’y connaissais personne. Mes deux sœurs, ma mère et mon père était assis sur la galerie. Il y avait aussi une autre fille. Mon père m’a dit, ‘’Voilà la fille que tu épouseras.’’ ‘’Bien sûr, Papa.’’ Et comme de fait, deux ans plus tard, on s’est marié. Et, ça duré ; nous avons célébré notre 62e anniversaire l’année dernière.

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