Témoignages d'anciens combattants:
Dorothy Constance “Chappy” Garen (née Chapman)

Forces aériennes

  • Photo de marriage de Dorothy Garen (née Chapman) et Don Garen, 1947. Ils se sont rencontrés en 1946 pendant la Campagne du Coquelicot de la Légion Royale canadienne.

    Dorothy Garen
  • Dorothy Garen (née Chapman) juste après son enrôlement dans la Force Aérienne Royale du Canada, Division des Femmes, Toronto, Ontario, 1942.

    Dorothy Garen
  • Dorothy Garen (née Chapman) lors d’un événement organisé par le Projet Mémoire, Alberta, juin 2010.

    Historica Canada
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"Alors je travaillais auprès du directeur des renseignements, les cartes du renseignement."

Transcription

Je m’appelle Dorothy Garen. Je suis née à Winnipeg dans le Manitoba en 1922. La première fois j’étais chez les Représentants pour l’instruction aérienne (AMT) et je m’occupais de tous les registres comptables sur les établissements pour chaque base au Canada, qu’elle soit RAF ou… C’était comme de la comptabilité et cette partie là. Et puis ensuite, ils nous ont fait passer en quelque sorte de commis général à commis de l’administration et alors après être devenue sergent, j’ai été envoyée depuis AMT. Je suis allée faire ce petit travail dans une caserne ; et je dirigeais la caserne en quelque sorte pour garder les femmes dans le droit chemin, voir si elles arrivaient bien à l’heure, et ainsi de suite. Donc je prêtais assistance à un officier et on s’occupait de cette grande maison à Toronto. Et je sais, c’était très bien, je peux sortir et aller danser et autre. (rire) J’adorais danser. Alors en tout cas, je n’étais pas là, je ne crois même pas avoir passé l’année entière là-bas et l’officier m’a fait venir ; et elle a dit, Chapman, je suis désolée de te dire ça, mais tu as reçu une nouvelle affectation. J’ai demandé où - retour à Ottawa (Quartier général de l’armée de l’air) ? Alors je suis retournée à Ottawa ; et cette fois j’ai été chez les Représentants pour l’État-major de la Force aérienne, AMAS. Il fallait qu’on se serve de tous ces termes-là. À ce moment-là, Billy Bishop était en train de partir et c’était un as, vous savez, de notre première guerre. En tout cas, les choses étaient vraiment drôles. Et qu’est-ce que j’allais faire à propos de celle-là ? Oh oui. Alors je travaillais auprès du directeur des renseignements, les cartes du renseignement. Beaucoup de cartes, ils en gardaient de nombreuses du Japon et ce genre de choses. Mais les miennes n’étaient pas aussi sérieuses que ça, ou quoi que ce soit. Je m’occupais de faire sortir une publication pour les pilotes ; et ça s’appelait navigation et quelque chose. En tout cas, chaque terrain d’aviation ou endroit pour atterrir, qu’il soit ici ou dans le nord des Etats-Unis, on avait des livres qui sortaient comme ça les pilotes qui volaient dans cet espace aérien pouvaient être diriger pour la descente, s’il fallait qu’ils atterrissent ou quelque chose. La seule chose dont je me souvienne à Ottawa c’est que vous ne pouviez pas vous faire de mal – par exemple si vous êtes blessée au bras ou quoi que ce soit en faisant du sport, et que ce n’était pas une activité autorisée par l’armée, peu importe ce que c’était, on vous tenait pour responsable de l’accident. Mais si c’était lors de quelque chose qui était organisé par l’armée d’une manière ou d’une autre et que quelque chose se passait, ils s’en occupaient. Alors ce qui s’est passé c’était, à Ottawa, on allait faire une sortie en vélo ; et c’était une sortie organisée. A condition d’avoir un vélo, et j’en avais fait la demande alors j’ai pu en avoir une pendant la guerre. Puis nous sommes allées à Hull ; et je pensais, oh non, c’était un dimanche, évidemment, alors on était juste allé faire un tour parce qu’on était juste de l’autre côté. J’ai été arrêtée parce que je portais un short de l’armée, qui était bleu et il était assez court ; et parce que j’étais en short, comme on appelle ça, vous savez, comme des pantalons mais on appelle ça short, et en faisant du vélo à Hull un dimanche. Et il y avait des filles qui passaient à côté de nous. Des filles jeunes avec les jupes courtes soulevées par le vent, vous pouviez voir leurs sous-vêtements. Ils ne les embêtaient pas elles parce qu’elles étaient habillées de manière appropriée avec une jupe, vous voyez. Et je n’oublierai jamais ça. J’ai dit, vous plaisantez ? (rire) En tout cas, donc une semaine plus tard, j’ai reçu une sommation, je devais aller à Hull pour me présenter pour la sommation. Alors j’ai pensé, que diable, je suis au quartier général de l’armée de l’air ; je vais aller voir le service juridique. J’y suis allée et j’ai dit, bon, qu’est-ce que je vais faire pour ça ? Ils ont dit, était-ce un sport organisé ? J’ai répondu oui, je peux vous donner le nom de l’officier si vous voulez, et tout ça. On va s’en occuper, oubliez tout ça. Alors ils s’en sont occupés. Alors c’est quelque chose qui m’est resté en mémoire. Nos prisonniers de guerre d’Allemagne et la plupart d’entre eux étaient des pilotes ou des membres d’équipages, parce qu’ils se faisaient descendre ou ils avaient un accident, ou ils étaient juste capturés. En fait, j’ai vu d’autres pilotes qui avaient servi en Méditerranée, quand je suis partie en train, et ils étaient tout simplement lessivés. Ils avaient les yeux vides. Ils étaient seulement, oh, cuits. Sans avoir de vrai problème mental, ils étaient complètement lessivés. Bon, le truc c’était, je suppose, vous les traitiez juste comme, vous savez, ils étaient aussi ordinaires que quand ils ont commencé comme ça ; et vous dites, avez-vous eu des contacts avec votre famille, ou voudriez-vous qu’on se charge de les appeler ou non ? J’en ai un qui est venu, et il a dit, je voudrais prendre contact, j’avais un frère dans le nord de l’Allemagne, il a dit, et j’était prisonnier dans le sud de l’Allemagne alors s’ils sort de là, s’il vous plait, prenez contact avec moi et on pourra se retrouver. Alors j’ai fait ça et ils ont pris contact avec leur famille. L’un était marié à, ces gens dans la chaussure, c’était un important fabriquant de chaussures canadien ; et celui qui s’était marié avec la fille, le président de la société, ce genre de chose. J’ai dit, oh oui, bon, je crois que je peux les retrouver pour vous. Alors je l’ai fait. Alors un jour j’ai reçu un coup de téléphone. Il a dit, Sergent Chapman ? Il a dit, je voudrais que vous veniez pour rencontrer ma famille. (rire) Alors je l’ai fait.
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