Témoignages d'anciens combattants:
Gordon John “Gordie” Green

Armée

  • M. Gordon Green à Vancouver, Colombie Britannique, le 18 octobre 2010.

    Historica Canada
  • Médailles de service de Gordon Green (de gauche à droite): Étoile 1939-45; Étoile d'Italie; Étoile France Allemagne; Médaille du Service des Volontaires Canadiens; Médaille de guerre (1939-45).

    Gordon Green
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"La pire qu’on ait eue c’était la bataille sur la ligne gothique. C’était vraiment très dur ; on a perdu pas mal d’hommes là-bas, pas mal de matériel."

Transcription

Je connaissais certains des gars avec qui j’allais à l’école, ils s’engageaient et j’ai dit à mon père, ils vont commencer la conscription. Je dis, ça ne va plus prendre longtemps. Alors je venais de Comox, là-haut dans l’île. Alors j’ai dit à mon père, je crois que je vais aller à Vancouver et que je vais me faire enrôler. Bon, il dit, c’est d’accord. Mon père a fait la Première Guerre mondiale.

Je suis allé à Camp Borden, j’ai suivi une formation courte en mécanique et alors ils se sont figurés, et bien, on va te mettre dans le corps blindé. Donc en fait, artilleur opérateur ou comme certains disaient chargeur, j’étais celui qui chargeait les canons. C’était un gros canon, la culasse revenait très en arrière à l’intérieur de la tourelle. Et puis j’avais aussi la mitrailleuse qui fonctionnait avec une bande chargeur, et puis j’avais le canon à fumée à ma gauche. Si vous aviez de gros ennuis, vous faisiez entrer les obus dedans et ils ressortaient, et des nuages de fumée, des nuages de fumée instantanément. Ça faisait partie de mon travail.

Ensuite j’ai rejoint le régiment, le British Columbia Dragoons (9ème régiment blindé canadien), et on est restés là-bas pendant quelques temps et on est descendus à Brighton et on a passé quelques jours là-bas quand on a été à Liverpool et sur un bateau direction l’Afrique du Nord. Puis on a débarqué en Italie, et la pire qu’on ait eue c’était la bataille sur la ligne gothique. C’était vraiment très dur ; on a perdu pas mal d’hommes là-bas, pas mal de matériel. On était trois, trois chars : le char de l’officier, le char du sergent, et le char du caporal. On est arrivés en haut de la colline et ensuite le plat pays à nouveau ; et il y a un gros char panzer qui se tient là, en essayant de faire une échappée et on a tous, évidemment, ouvert le feu sur lui et on l’a mis hors service. Mais cachés dans les buissons, tout près, il y avait des canons antichars ; et ils ont ouvert le feu sur nous. Ils ont eu le char de l’officier qui était à notre gauche et le char du caporal qui était sur notre droite, et le nôtre et celui du sergent au centre. Ils nous tiraient dessus. On a reçu un coup oblique ; et à ce moment-là, dès qu’on a vu qu’ils étaient foutus, on s’est mis en marche arrière, en retournant vers la colline de là où on venait juste d’arriver. Ils nous tiraient dessus à la mitraillette, faisaient feu jusque là. Après avoir atteint la colline, j’étais en train de faire un écran de fumée à l’avant, alors il était caché en quelque sorte par l’écran de fumée. Et ensuite on s’est retrouvés en bas hors de vue et on a récupéré ce qui restait de l’équipe, des deux autres chars.

Un de mes amis, l’artilleur dans le char de l’officier, il avait été tué sur le coup. Il avait reçu un coup direct, et ça l’avait tué sur le coup. L’officier avait un morceau de, il y a eu un éclat d’obus qui avait fait ricochet et qui lui avait arraché un morceau de chair sur le front, il avait perdu connaissance, mais le chauffeur et l’opérateur mitrailleur, avaient réussi à le faire sortir et le transporter en bas de la colline ; et ensuite on l’a récupéré, et on est retournés au quartier général, là où ils étaient stationnés. Et on a continué à partir de là.

Le jour suivant, certains des gars sont retournés là-haut pour jeter un coup d’œil aux chars et les deux qui étaient hors service ; et ils avaient pris feu et bien sûr ils avaient brûlé, ce qui arrive souvent avec ce genre d’attaques – les munitions, la cordite et l’essence dans les chars.

Date de l'entrevue: 18 octobre 2010

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